Le chef de la droite nationaliste religieuse israélienne Naftali Bennett a estimé que les propos tenus mercredi par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump marquaient la fin de l’idée d’un Etat palestinien.

« Une nouvelle ère, de nouvelles idées, pas besoin d’un troisième Etat palestinien au-delà de la Jordanie et de Gaza », a affirmé sur son compte Twitter Naftali Bennett, ministre de l’Education et chef du parti Habayit Hayehudi.

Lors d’une conférence de presse conjointe à Washington, M. Trump, aux côtés de Benjamin Netanyahu, a déclaré que « la solution à deux Etats » pour régler le conflit israélo-palestinien n’était pas la seule voie possible pour la paix.

La Maison Blanche avait indiqué mardi que Washington n’insisterait plus sur ce principe de référence de la communauté internationale et que ce dernier ne dicterait plus les termes d’un éventuel accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

En réponse, M. Netanyahu a jugé que le nouveau président américain offrait « une occasion sans précédent » pour faire avancer la paix.

Benjamin Netanyahu et Donald Trump, le 15 février 2017 à la Maison Blanche (Crédit : Capture d’écran YouTube/White House)

Benjamin Netanyahu et Donald Trump, le 15 février 2017 à la Maison Blanche (Crédit : Capture d’écran YouTube/White House)

« Un grand jour pour les Israéliens et les Arabes israéliens », a ajouté Naftali Bennett qui prône une annexion partielle dans un premier temps de la Cisjordanie.

Dans un deuxième tweet en hébreu, le ministre s’est félicité du « leadership et de la détermination dont le Premier ministre a fait preuve (à la Maison Blanche) pour assurer la sécurité d’Israël ».

« Après 24 ans, le drapeau palestinien est descendu des mâts et le drapeau israélien a pris sa place », a affirmé Naftali Bennett en faisant allusion aux accords d’Olso conclus entre Israël et les Palestiniens en 1993.

Le ministre Ofir Akunis (Likud) a également affirmé que cette conférence marquait la fin de la solution à 2 États.

« C’est le jour le plus important pour ceux qui aiment le pays d’Israël », a-t-il tweeté.

Il a ajouté que Trump avait compris que la solution à 2 États n’amènerait pas la paix au Moyen Orient.

Ofir Akunis (Crédit : CC-BY-SA Shay Hayak/Wikipedia)

Ofir Akunis (Crédit : CC-BY-SA Shay Hayak/Wikipedia)

La vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely s’est associée aux louanges de la droite au sujet de la conférence de presse tenue par Netanyahu et Trump. Elle a affirmé qu’elle a été « annonciatrice d’une nouvelle ère et de l’ouverture à l’idée d’une solution à l’échelle régionale ».

« Je salue le fait que pour la première fois en 25 ans, les américains souhaitent repenser et réévaluer les intérêts israéliens, comme le peuple d’Israël le décide », a-t-elle déclaré, selon son porte-parole.

Le ministre du Logement, Yoav Galant, du parti centriste Kulanu, a également salué le « discours historique », mais émet des réserves sur ses propos au sujet de l’Iran et de l’incitation palestinienne.

L’ancienne ministre des Affaires étrangères et négociatrice de paix Tzipi Livni a salué Trump pour les propos qu’il a tenus.

« C’est un président qui parle de paix, et j’aime qu’il parle en termes de négociations. Il dit ‘c’est important pour moi’, il ne dit pas ‘faites ce que vous voulez’. »

Margalit : « Israël a perdu ce soir »

« C’est l’extrême-droite qui a gagné ce soir. L’État d’Israël a perdu. Netanyahu nous conduit vers un état binational, tout en fuyant la solution à 2 états, qui est dans l’intérêt d’Israël », a écrit Erel Margalit, député de l’Union sioniste, sur Twitter.

Zehava Gal-on, chef du Meretz, a félicité le journaliste Moav Vardi, de la Dixième chaîne, qui a interrogé Trump sur l’antisémitisme. Pour la chef du Meretz, Netanyahu a validé l’antisémitisme de Trump.

« Vardi a été le seul journaliste qui a pris la peine de parler d’antisémitisme durant la conférence de presse. De son côté, Netanyahu a donné un certificat de casheroute à l’antisémitisme du gouvernement », a-t-elle dit.

Vardi était l’un des deux journalistes israéliens à avoir pu poser des questions.

Ahmad Tibi, député de la Liste arabe unie, a tweeté avec sarcasme qu’il « se prépare à se présenter comme chef du seul État ».

Pour l’instant, aucune réaction de la politique Palestinienne n’a été communiqué, qui est actuellement en conférence à Ramallah pour élire le numéro 2 du Fatah.

Une source palestinienne a néanmoins déclaré à la radio israélienne que le discours de Trump était « le pire qui soit ».

« Qu’est ce que ça veut dire un État, deux États ? Et pourquoi pas 5 États ? Ce sont des propos vides de sens », aurait dit la source.