Alors que les retombées du vote de vendredi au Conseil de sécurité des Nations unies qui condamnait l’activité d’implantations israélienne s’intensifient, un Premier ministre Benjamin Netanyahu furieux aurait tenté de « recruter » la future administration Trump et le Congrès américain pour tenter de bloquer une potentielle tentative de l’administration Obama sortante de faire approuver par le Conseil de sécurité les principes de mise en place d’un état palestinien.

« Ils nous crachent dessus », a déclaré Netanyahu à des collègues derrière des portes closes, a annoncé dimanche soir la Deuxième chaîne. « Nous répondrons avec force. »

Netanyahu a eu une réunion de 40 minutes avec l’ambassadeur américain Dan Shapiro dimanche soir, après avoir convoqué le diplomate pour expliquer pourquoi les Etats-Unis se sont abstenus de voter la résolution 2334, lui permettant de passer avec 14 voix favorable et aucune contre, au lieu d’apposer leur veto.

Il avait déjà convoqué dans la journée les ambassadeurs des 12 pays ayant des représentants en Israël qui ont voté pour la résolution pour une réprimande au ministère des Affaires étrangères.

Soulignant la détermination d’Israël à poursuivre la construction à l’est des lignes de 1967, la municipalité de Jérusalem approuvera cette semaine de nouveaux logements à Ramat Shlomo et Ramot, des quartiers conquis en 1967 puis annexé par Israël, a annoncé la Deuxième chaîne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, se rencontrent à la Trump Tower de New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, se rencontrent à la Trump Tower de New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Netanyahu en appelle à présent à la future administration Trump, qui prendra le pouvoir le 20 janvier, et à ses amis au Congrès, dans le but de « dissuader » ce qu’il perçoit comme une action diplomatique supplémentaire menée par l’administration Obama contre Israël, a annoncé la chaîne. Son objectif est que l’équipe de Trump fasse comprendre que son administration « blessera économiquement » les pays qui ont voté contre Israël aux Nations unies et le feront dans le futur.

La crainte de Netanyahu est que le secrétaire d’Etat américain John Kerry ne fixe les principes ou les paramètres d’un état palestinien dans un discours décrivant sa vision du Moyen Orient qu’il prononcera dans les prochains jours. Le Premier ministre craint que, dans ses derniers jours, l’administration Obama ne cherche à obtenir une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui consacrerait ces paramètres, a annoncé le reportage de la Deuxième chaîne.

La France organise le 15 janvier une conférence sur le conflit israélo-palestinien, et Netanyahu s’attend à ce que Kerry y assiste, que le Quartet pour le Moyen Orient, composé des Etats-Unis, des Nations unies, de la Russie et de l’Union européenne, coordonne ses positions pendant le sommet, et qu’ils se tournent ensuite vers le Conseil de sécurité dans les tous derniers jours de la présidence d’Obama, a de plus suggéré un reportage de la Dixième chaîne.

De telles spéculations n’ont pas été confirmées par le bureau du Premier ministre, mais Netanyahu a déclaré publiquement à plusieurs reprises être scandalisé par l’administration Obama depuis le vote de la résolution 2334, et a affirmé que le président américain avait initié et aidé à rédiger la résolution « dans le dos d’Israël ».

Il a déclaré que la résolution était biaisée, honteuse et ridicule, en partie parce qu’elle établit que la Vieille Ville de Jérusalem, dont le mont du Temple et le mur Occidental, sont des « territoires palestiniens occupés ».

En allumant les bougies de Hanoukka au mur Occidental dimanche soir, Netanyahu a souligné qu’Israël ne « peut pas accepter » la résolution des Nations unies, et demandé « comment ont-ils pu voter que [le mur Occidental] est un territoire occupé ? Nous étions ici bien avant. »

Samedi soir, Netanyahu a comparé le président Barack Obama à l’ancien président américain Jimmy Carter, dont il a déclaré qu’il était « profondément hostile » à Israël. Il a décrit le vote du Conseil de sécurité comme « le chant du cygne de l’ancien monde qui est anti-Israël ».

A présent, a-t-il déclaré, « nous entrons dans une nouvelle ère. Et comme l’a dit le président élu Trump, cela va arriver bien plus vite que les gens le pensent. » Dans cette nouvelle ère, il en coûtera bien plus à ceux qui cherchent à nuire à Israël, a-t-il mis en garde.