L’ancien conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé samedi ce dernier d’être « du mauvais côté de la loi » après ses propos sur un soldat israélien jugé coupable d’homicide, et de placer la politique avant l’intérêt public.

Netanyahu a déclaré mercredi soir qu’il soutenait les demandes de grâce pour Elor Azaria, le jour-même où celui-ci a été jugé coupable d’homicide pour avoir abattu un terroriste palestinien neutralisé.

Uzi Arad, qui a été l’un des plus proches conseillers de Netanyahu et a dirigé le Conseil de sécurité nationale du pays, est depuis devenu un détracteur infatigable du dirigeant israélien. Il a déclaré samedi que « le Premier ministre est du mauvais côté de la loi » dans l’affaire Azaria.

Sa demande de grâce pour le soldat, a déclaré Arad, va « à l’encontre du principe de sagesse politique, et ce n’est pas le seul sujet sur lequel le Premier ministre a pris une position inappropriée. Il préfère une approche politique à celle d’un homme d’Etat. »

Netanyahu « n’est pas un homme humble. Il fait ce qui est bon pour lui et son statut politique, et préfèrera toujours son statut politique à l’intérêt public », a déclaré Arad à Jérusalem.

Uzi Arad et Benjamin Netanyahu, en 2009. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Uzi Arad et Benjamin Netanyahu, en 2009. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Arad a également déclaré que les soupçons de corruption contre Netanyahu plaçaient ses enquêteurs en chef, le procureur général Avichai Mandelblit et le chef de la police Roni Alsheich, tous deux nommés par le Premier ministre, dans une position compromise et très problématique.

L’enquête « les place tout au bord de leur capacité éthique, a-t-il déclaré. Mettez-vous un instant à la place de Mandelblit. Il ne peut pas être dans la même pièce que Netanyahu et prendre des décisions le concernant. »

Quand il lui a été demandé s’il pensait que le Premier ministre était effectivement corrompu, Arad a cité le célèbre discours de 2012 de Netanyahu, dans lequel le dirigeant israélien avait déclaré à l’AIPAC que l’Iran présentait tous les signes d’un pays recherchant des armes nucléaires.

« Netanyahu nous a appris que si cela marche comme un canard, ressemble à un canard, et cancane comme un canard, alors c’est un canard, a répliqué Arad. A présent, laissons la population décider. »