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Bennett à Poutine : Le monde doit rester ferme face aux progrès nucléaires de l’Iran

Lors d'un appel téléphonique, les deux hommes ont convenu d'une "coopération continue dans la région", et Poutine a invité Bennett à Saint-Pétersbourg

Le Premier ministre Naftali Bennett rencontre le président russe Vladimir Poutine à Sochi, en Russie, le 22 octobre 2021. (Crédit :  Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett rencontre le président russe Vladimir Poutine à Sochi, en Russie, le 22 octobre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Lors d’un appel téléphonique, le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré au président russe Vladimir Poutine que les pays qui négocient avec l’Iran à Vienne doivent s’opposer fermement aux progrès du programme nucléaire de Téhéran.

Selon un compte-rendu du bureau du Premier ministre, les deux hommes ont discuté de la sécurité régionale et convenu d’une « coopération continue dans la région » – une référence probable à l’activité de l’armée de l’air israélienne en Syrie, où Moscou a des troupes stationnées.

Poutine a invité Bennett et son épouse à se rendre à Saint-Pétersbourg, et le dirigeant israélien a répondu qu’il serait heureux de venir.

Israël « maintiendra une totale liberté d’action » contre l’Iran en dépit d’un éventuel accord international sur le programme nucléaire iranien, avait déjà plaidé lundi Bennett.

Le Palais Cobourg, lieu des pourparlers de relance du Plan d’action global conjoint (JCPOA), à Vienne, le 29 novembre 2021. (Crédit : VLADIMIR SIMICEK / AFP)

Le chef du gouvernement israélien s’exprimait devant la puissante commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, une première depuis son arrivée au pouvoir en juin qui coïncide avec la tenue de pourparlers à Vienne, en Autriche, sur le nucléaire iranien.

« Concernant les négociations à Vienne, nous sommes absolument inquiets et il est important pour moi de dire ici de manière claire qu’Israël ne fait pas partie des accords, qu’Israël n’est pas contraint par ce qui sera écrit dans les accords et qu’Israël maintiendra une totale liberté d’action partout et à tout moment, sans limitation », avait-il déclaré.

« Nous investissons dans le réarmement sécuritaire de Tsahal et de l’ensemble de l’establishment de la Défense. Je dirai que c’est un réarmement que nous n’avions pas vu depuis des années. Ce réarmement est important pour notre survie, j’en suis très heureux et je suis déterminé à le mener à bien rapidement », avait ajouté Bennett.

Les négociations pour sauver l’accord de 2015, censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, ont repris fin novembre à Vienne après cinq mois d’interruption entre Téhéran et les pays encore parties au pacte (France, Royaume-Uni, Allemagne, Russie, Chine). Les Etats-Unis y participent de manière indirecte.

Jean-Yves Le Drian lors d’une session de travail pendant la rencontre des ministres des Affaires étrangères du G7, à Dinard, le 6 avril 2019. (Crédit : AFP / POOL / STEPHANE MAHE)

Le chef de la diplomatie iranienne avait affirmé dimanche que la France avait changé d’attitude et cessé de jouer le rôle du « mauvais flic » dans les pourparlers en cours à Vienne pour tenter de sauver l’accord sur le nucléaire.

« Hier, la France jouait le rôle du mauvais flic, mais aujourd’hui elle se comporte raisonnablement », a déclaré Hossein Amir-Abdollahian dans un entretien à la télévision d’Etat, cité par l’agence officielle Irna.

Vendredi, le ministre français des Affaires Etrangères Jean-Yves Le Drian avait estimé que les négociations sur le nucléaire iranien avançaient sur un « chemin plutôt positif » mais avait réitéré l’urgence à les conclure rapidement.

« Je reste convaincu qu’on peut arriver à un bon accord », avait ajouté le ministre français. « Je reste encore un peu optimiste sur le sujet avec beaucoup de volonté d’aboutir. »

« Hier, la partie américaine avait des exigences inacceptables mais aujourd’hui, nous pensons qu’elle s’est adaptée aux réalités » de la situation, avait souligné M. Amir-Abdollahian, Washington participant de manière indirecte aux pourparlers.

« Nous sommes proches d’un bon accord, mais pour le conclure dans un court terme, c’est l’autre partie qui doit s’engager », avait-il encore dit.

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