B’Tselem : Israël sabote le combat contre l’antisémitisme pour garder la Cisjordanie
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B’Tselem : Israël sabote le combat contre l’antisémitisme pour garder la Cisjordanie

Hagai El-Ad dit à l’ONU que “les Palestiniens qui s’opposent à l’occupation sont des terroristes, les Israéliens qui le font sont des traîtres, et ceux qui le font, au sein de la communauté internationale, sont bien sûr antisémites”

Hagai El-Ad, le directeur de B'TSelem, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, à New York, le 14 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Hagai El-Ad, le directeur de B'TSelem, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, à New York, le 14 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le directeur de B’Tselem, association israélienne de défense des droits de l’Homme, a déclaré vendredi à New York, pendant une conférence des Nations unies, qu’Israël sabotait les efforts de lutte contre l’antisémitisme afin de garder le contrôle de la Cisjordanie.

Au second jour d’un forum organisé au siège des Nations unies à New York pour marquer « 50 ans d’occupation », le directeur exécutif de l’ONG de gauche, Hagai El-Ad, a déclaré qu’Israël tente de minimiser les critiques internationales de sa politique en Cisjordanie en affirmant qu’elles sont antisémites.

« Les Palestiniens qui s’opposent à l’occupation sont des terroristes, les Israéliens qui s’opposent à l’occupation sont des traîtres, et ceux qui, au sein de la communauté internationale, s’opposent à l’occupation sont bien sûr antisémites », a dit El-Ad.

« Le gouvernement israélien est prêt à saboter la vraie lutte contre l’antisémitisme pour préserver l’occupation avec des répercussions minimales de la communauté internationale », a-t-il accusé.

Vendredi également, l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, avait accusé l’institution mondiale de « connivence avec les partisans du terrorisme qui cherchent à nuire à Israël » en accueillant le forum de deux jours en association avec des organisations qui, selon Israël, ont des relations avec des organisations terroristes palestiniennes connues.

« Il est incompréhensible que les financements de l’ONU soutiennent des organisations qui aident les terroristes et incitent [à la violence] contre Israël », a déclaré Danon dans un communiqué.

Danny Danon, ambassadeur d'Israël, devant une photographie de la garde-frontière Hadas Malka, assassinée dans un attentat palestinien le 16 juin 2017, au siège des Nations unies à New York, le 29 juin 2017. (Crédit : autorisation)
Danny Danon, ambassadeur d’Israël, devant une photographie de la garde-frontière Hadas Malka, assassinée dans un attentat palestinien le 16 juin 2017, au siège des Nations unies à New York, le 29 juin 2017. (Crédit : autorisation)

Jeudi, Danon avait déjà fustigé l’Autorité palestinienne quand son négociateur en chef, Saeb Erekat, avait dit aux participants de la conférence que le Hamas et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) « ne sont pas des organisations terroristes », et que la clé de la victoire contre le groupe Etat islamique était la fin de l’ « occupation ».

« Ils n’ont aucune honte. Ce sont des mensonges et des incitations [à la violence] de ceux qui paient des terroristes pour tuer des Israéliens innocents. Ces tentatives obsessionnelles de salir notre réputation ne changeront pas le fait que les dirigeants palestiniens refusent de mettre fin à leur soutien au terrorisme », a dit Danon.

Le Hamas et le FPLP ont tous deux mené de nombreux attentats contre les forces de sécurité et les civils israéliens. Récemment, les deux groupes ont revendiqué l’attentat du 16 juin devant la Vieille Ville de Jérusalem, dans laquelle la garde-frontière israélienne Hadas Malka a trouvé la mort. Jeudi, Danon s’exprimait devant une photographie de Malka.

Aida Touma-Sliman, députée de la Liste arabe unie, à la Knesset, le 3 juin 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Aida Touma-Sliman, députée de la Liste arabe unie, à la Knesset, le 3 juin 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Vendredi, pendant la conférence, la députée de la Liste arabe unie Aida Touma-Sliman a prévenu qu’Israël était « un pays qui développe d’évidents signes d’apartheid. »

« Il ne peut pas y avoir de démocratie avec l’occupation, il ne peut pas y avoir de justice sociale avec l’oppression de tout un peuple », a-t-elle dit, appelant les états membres des Nations unies à « exercer une pression importante sur Israël » pour garantir le futur d’une solution à deux états.

Vendredi également, Jody Williams a appelé les conférenciers à faire de la « vie un enfer » pour Israël, jusqu’à ce qu’il se retire du territoire palestinien. La lauréate du Prix Nobel de la Paix a affirmé qu’ « Israël a le droit à un narratif » qui « peut être ou ne pas être valide », mais a été consternée par les critiques sur l’évènement.

Williams n’a pas parlé du règne du Hamas sur la bande de Gaza, ni de paiements versés par l’Autorité palestinienne aux terroristes condamnés et à leurs familles, ni aucun autre des orateurs. Israël proteste vivement contre ces paiements.

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