Criminel sexuel condamné, le nouveau négociateur du Likud suscite la colère
Rechercher

Criminel sexuel condamné, le nouveau négociateur du Likud suscite la colère

Tamar Zandberg, à la tête de Meretz, a demandé au procureur général de ne pas autoriser la présence de Nathan Eshel dans l'équipe de négociation de coalition

Natan Eshel. (Crédit : Kobi Gideon / Flash90)
Natan Eshel. (Crédit : Kobi Gideon / Flash90)

La dirigeante du parti de gauche Meretz ainsi qu’une association de femmes ont contesté dimanche la participation d’un membre du Likud aux négociations de coalition en raison de sa démission antérieure de son poste au cabinet du Premier ministre pour des soupçons d’inconduite sexuelle.

Natan Eshel doit faire partie de l’équipe du Likud qui rencontrera, aujourd’hui lundi, le président Reuven Rivlin pour recommander Benjamin Netanyahu au poste de Premier ministre.

Natan Eshel a servi au cabinet du Premier ministre de 2009 à 2012 avant d’en démissionner dans le cadre d’une négociation de peine autour de ces soupçons. Il aurait en effet placé une caméra cachée pour filmer sous la jupe d’une collègue. Il a également été accusé d’avoir accédé à ses e-mails personnels.

La dirigeante du parti Meretz Tamar Zandberg s’exprime lors d’une conférence du Mouvement pour un gouvernement de qualité, à Modiin, le 4 février 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Tamar Zandberg, à la tête de Meretz, a demandé au procureur général de ne pas autoriser la présence de Nathan Eshel dans l’équipe de négociation afin d’envoyer un message clair aux femmes : le harcèlement et la violence sexuels contre les femmes sont des « crimes graves ».

« Je vous demande d’appliquer la négociation de peine et d’ordonner au Premier ministre de ne pas nommer Eshel à des postes d’État. », a-t-elle ainsi écrit au procureur général Avichai Mandelblit. « Envoyez un message clair, que le harcèlement et la violence sexuels contre les femmes sont des crimes graves et intolérables, et qu’une personne qui a été écartée des missions de service public pour ces crimes ne peut pas être autorisée à retrouver un poste ayant une influence sur la vie publique, comme si rien ne s’était passé ».

L’organisation Réseau des femmes d’Israël a publié un communiqué dénonçant la nomination d’Eshel dans l’équipe du Likud, indiquant que cela revenait « à cracher au visage » des femmes.

« C’est inconcevable, comme si il n’y avait pas eu de #metoo, comme si la plus grande manifestation de femmes dans l’histoire d’Israël n’avait pas existé. Benjamin Netanyahu, vous êtes le Premier ministre de toute la population de l’État d’Israël, dont la moitié sont des femmes. Vous avez une responsabilité considérable. Confiez cette mission à Eshel revient à nous cracher au visage », pouvait-on lire dans le communiqué.

Des milliers de manifestantes sur la place Rabin de Tel Aviv dans le cadre d’une grève nationale de protestation contre les violences faites aux femmes, le 4 décembre 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les consultations visant à désigner le nouveau Premier ministre ont lieu à partir de lundi à la résidence du président à Jérusalem. Reuven Rivlin recevra ainsi, aujourd’hui, le Likud, Kakhol lavan, Shas, Yahadout HaTorah, Hadash-Taal et le Parti travailliste. Il consultera, le lendemain, les dirigeants de Yisrael Beytenu, l’Union des partis de droite, le Meretz, Koulanou et Raam-Balad.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...