Israël en guerre - Jour 148

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Débat sur le renvoi de Cassif, qui dénonce la tentative « kahaniste » de le museler

Selon l'avocate, le soutien du député d'extrême gauche aux accusations de génocide à La Haye est loin du "seuil criminel" ; l'élu de Hadash dit : "Je n'ai jamais soutenu le Hamas"

Le député Ofer Cassif assiste à une audience de la commission de la Chambre sur sa possible mise en accusation, le 29 janvier 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Ofer Cassif assiste à une audience de la commission de la Chambre sur sa possible mise en accusation, le 29 janvier 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon la conseillère juridique de la Knesset, les actes d’un élu de la Knesset menacé d’expulsion pour avoir soutenu les accusations sud-africaines de génocide israélien dans la bande de Gaza ne franchissent pas le seuil criminel nécessaire à sa destitution.

Sagit Afik a présenté sa position aux législateurs lors du débat en commission de la Chambre de la Knesset sur la mise en accusation du législateur d’extrême gauche Ofer Cassif de Hadash-Taal.

Cassif, le seul Juif inscrit au parti Hadash-Taal, une faction à majorité arabe, a signé au début du mois une pétition de soutien à la cause de l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice et a publiquement accusé les dirigeants israéliens de promouvoir la commission de crimes contre l’humanité à l’encontre des Palestiniens.

En réponse à cet acte « de trahison », le député Yisrael Beytenu Oded Forer avait décidé de se saisir d’un mécanisme qui n’avait jamais été utilisé dans le passé et qui figure dans la « loi sur les suspensions » de 2016, prévoyant que les députés sont en droit exclure l’un des leurs au Parlement s’il s’avère que ce dernier a commis l’une des infractions répertoriées dans une liste faisant état de plusieurs manquement répréhensibles – avec notamment le soutien apporté « à la lutte armée » contre Israël, ou l’incitation au racisme.

La mesure a jusqu’à présent reçu le soutien de 85 législateurs et devra être votée par 90 d’entre eux pour être adoptée, mais elle pourra ensuite être contestée devant les tribunaux.

L’expulsion de Cassif est « sans précédent », a souligné Afik, notant que la seule autre fois où elle a été utilisée – contre Basel Ghattas (Balad), qui avait été accusé d’avoir fait parvenir clandestinement des téléphones cellulaires à des prisonniers palestiniens en 2017 – c’était après l’inculpation de ce dernier par la police.

« Vous devez faire la différence entre le dégoût, la révulsion et votre rejet des actions et des déclarations du député, et le respect des conditions établies par la législation de la Loi fondamentale », a-t-elle affirmé aux députés, soutenant qu’une « masse critique » de preuves était nécessaire pour établir la culpabilité de Cassif.

À l’ouverture de la session, la première des deux convoquées pour déterminer s’il faut faire avancer le processus de destitution, le président du panel Ofir Katz (Likud) a déclaré : « Espérons que l’audience marquera la fin du « soutien au terrorisme… au nom de la liberté d’expression ».

« C’est un grand privilège que d’évincer la personne la plus méprisable que la Knesset israélienne ait jamais connue », a affirmé Katz.

L’audience a été saluée à la fois par le ministre de l’Énergie Eli Cohen et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir. Ce dernier a tweeté que « nous espérons tous que la Haute Cour respectera la décision de la Knesset » si celle-ci décidait d’expulser Cassif.

Le député Oded Forer parle lors d’une réunion de la commission de la Chambre à la Knesset, le Parlement israélien à Jérusalem, le 29 janvier 2024. (Crédit : Sindel/Flash90)

En portant plainte contre Cassif lundi, Forer a allégué que son soutien à la motion sud-africaine constituait un soutien explicite aux attaques du Hamas contre Israël, car si la motion avait été acceptée par la CIJ, elle aurait obligé Israël à cesser les combats à Gaza, ce qui aurait « gravement nui à la sécurité d’Israël ».

« Il s’agit d’une action réelle. Ce n’est pas une publication sur Facebook », a déclaré Forer à ses collègues législateurs, déclarant que Cassif avait « maintes fois franchi la ligne rouge » dans son soutien aux causes palestiniennes.

Encourager le Hamas équivaut à un soutien direct et « il n’y a aucun doute » que ses actions ont encouragé le groupe terroriste, a affirmé Forer.

L’avocat de Cassif, Michael Sfard, a répondu que la signature par son client d’une pétition en faveur de l’affaire sud-africaine relevait du registre de la rhétorique et « non de l’action », notant que son client n’avait joué aucun rôle dans la procédure engagée par le tribunal contre Israël.

« Ce n’est qu’une déclaration. Est-ce suffisant pour annuler les décisions des électeurs ? », a-t-il demandé, qualifiant en outre cette tentative de présenter l’opposition à la guerre comme un soutien au Hamas de « manipulation », d’autant plus que Cassif avait par le passé condamné les attaques terroristes du Hamas contre Israël le 7 octobre.

« Oui, il a dit des choses difficiles, des choses bouleversantes qui vous ont dérangé », mais « la question est de savoir s’il soutient la lutte armée du Hamas. C’est la seule question qui compte, rien d’autre », a affirmé Sfard.

Cassif a rejeté les allégations portées contre lui, déclarant à ses collègues qu’il se battait pour ses valeurs, qui comprennent la promotion de la liberté et de la sécurité pour tous.

« Je n’ai jamais soutenu le Hamas et certainement pas sa lutte armée contre Israël », a-t-il affirmé, suscitant la colère des députés de la coalition, qu’il a accusés à leur tour de chercher à faire taire les critiques et à imposer un « régime kahaniste de droite ».

Le député Hanoch Milwidsky réagit lors d’une réunion de la commission de Chambre à la Knesset, le Parlement israélien à Jérusalem, le 29 janvier 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Je pense que seul un cessez-le-feu permettra de ramener les otages à la maison et d’éviter des morts supplémentaires tant chez les Israéliens que chez les Palestiniens. C’est pourquoi j’ai participé à des manifestations en faveur d’un cessez-le-feu », a-t-il ajouté.

« Il n’y a que dans un monde orwellien où la guerre est la paix que l’on peut prétendre qu’une signature en faveur de la fin de la guerre est un soutien au terrorisme », a-t-il ajouté. « Il n’y a pas un seul atome de vérité » dans ces accusations, a-t-il ajouté.

Les arguments de Sfard et Cassif ont été interrompus à plusieurs reprises par des législateurs de la coalition qui ont arrêté le débat pour insulter le législateur de l’opposition et ses partisans.

« Vous êtes des ennemis d’Israël, vous soutenez nos ennemis et nous ne permettrons jamais que cela devienne la norme », a crié Hanoch Milwidsky (Likud), conduisant Ofir Katz à l’expulser temporairement de la réunion.

La députée Limor Son Har Melech (Otzma Yehudit) s’est attaquée au président de Hadash-Taal, Ahmad Tibi.

« Les partisans du terrorisme n’ont rien à faire ici », a hurlé Har Melech.

« Alors partez », a répondu Tibi. Har Melech a soutenu un terroriste juif condamné pour avoir assassiné trois membres d’une famille palestinienne lors d’un incendie criminel en 2015. Elle avait nié sa culpabilité et qualifié son emprisonnement de « crime ».

« Ceci est un tribunal politique » qui « met en danger la Knesset et son statut », a déclaré Tibi au Times of Israel à l’issue de la réunion.  » En temps de guerre, si la majorité exigeait que le soleil se lève à l’ouest, il en serait ainsi ».

Sortant de l’audience, Gilad Kariv (Avoda), qui n’est pas membre de la commission, a déclaré qu’il n’avait besoin d’aucun des détails de l’affaire pour être contre cette destitution, même si ce que Cassif a fait était « bizarre et déplacé. »

Kariv a soutenu que si Cassif avait effectivement exprimé son soutien au terrorisme, il avait violé la loi et devrait être inculpé pour cela. « Mais, il n’a fait l’objet d’aucune enquête criminelle, alors comment peut-on le mettre sur le banc de l’accusé ? » a-t-il demandé.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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