Gaza: Israël rejette le projet de désarmement du Hamas, selon un responsable
L'État juif s'engage à ne pas se retirer de Gaza tant que la bande ne sera pas démilitarisée ; Jared Kushner et l’ancien chef de la sécurité de Gaza de l’Autorité palestinienne, Mohammed Dahlan, ont collaboré dans ces pourparlers
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Alors que les négociations sur une feuille de route pour le désarmement du Hamas ont progressé de façon significative dans la journée de jeudi, un responsable israélien a affirmé qu’Israël rejetait les dispositions du texte qui est actuellement en discussion au Caire et que le pays ne se retirera pas de Gaza tant que la bande n’aura pas été entièrement démilitarisée.
Les objections portent sur le refus présumé du Hamas de se désarmer en totalité.
« Israël exige le désarmement complet du Hamas, le retrait de toutes les armes et la démilitarisation totale de la bande de Gaza, comme condition préalable à tout processus », a expliqué ce responsable.
« Le document en 15 points dont nous sommes en train de parler ne répond pas de manière adéquate à ces exigences, et Israël a fait part de ses réserves à ce sujet à l’envoyé Tony Blair », a poursuivi l’officiel.
Tony Blair, ancien Premier ministre britannique, est un membre éminent du comité de Gaza au sein du « Conseil de paix » de Trump, soutenu par les États-Unis. Il est également un médiateur de premier plan dans le cadre des négociations sur l’avenir de la bande de Gaza.
« Il n’y aura pas de retrait israélien de la Ligne jaune dans la bande de Gaza tant que le Hamas n’aura pas été désarmé et tant que la bande de Gaza n’aura pas été entièrement démilitarisée », a continué le reponsable.
Il a ajouté que la question de Gaza n’a pas du tout été abordée lors de la rencontre qui a eu lieu mardi entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump.
Les avancées qui ont été réalisées au cours des pourparlers ont été permises par des contacts directs entre Jared Kushner et l’ancien chef de la sécurité de Gaza de l’Autorité palestinienne, Mohammed Dahlan, qui est actuellement en exil.
C’est Samir Masharawi, un proche de Dahlan, qui a fait cette révélation lors d’un entretien avec le média jordanien Al-Ghad.
« Dahlan… est intervenu dans ces négociations… par le biais de contacts directs avec la partie américaine, plus précisément avec Jared Kushner, avec [Nickolay] Mladinov [envoyé du Conseil de la paix à Gaza] et avec l’ensemble de l’équipe américaine », a expliqué Masharawi, qui est un membre éminent d’une faction dissidente dirigée par Dahlan et issue du Fatah, le parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.
C’est la première fois que Dahlan est ouvertement associé aux pourparlers sur le désarmement du Hamas, après une longue période durant laquelle il a œuvré en coulisses.
Kushner, principal conseiller et gendre du président américain Donald Trump, avait joué un rôle déterminant dans la conclusion du cessez-le-feu à Gaza en octobre dernier.
Un diplomate arabe proche des négociations a confié au Times of Israel que Kushner consultait Dahlan depuis qu’il a commencé à s’impliquer dans le le dossier de Gaza, l’année dernière.
Dahlan — qui réside à Abu Dhabi, où il occupe également les fonctions de conseiller proche du président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed — a également rencontré en début d’année le chef du Shin Bet, David Zini, a confirmé une source proche du dossier.
Le rejet du plan par Israël a eu lieu alors qu’il avait été annoncé, dans la journée, que les discussions entre le groupe terroriste palestinien du Hamas et les pays médiateurs avaient progressé.
« Nous poursuivons la mise en œuvre de la feuille de route, qui offre une voie équilibrée et pragmatique pour l’avenir, avec le démantèlement de l’ensemble de l’arsenal et un transfert progressif des responsabilités afin de remettre l’autorité pleine et entière au gouvernement technocratique », avait expliqué un responsable des services de diplomatie, soulignant qu’il n’y aurait « aucune exception, ni pour certaines armes ni pour certaines personnes. Une seule autorité, une seule loi, une seule arme ».
La feuille de route actuellement en discussion « prévoit un processus de démantèlement de l’ensemble des tunnels, des dépôts d’armes et des sites de fabrication d’armes », avait poursuivi l’officiel, qui avait noté : « Il s’agit d’un processus global ».
Mené à son terme, « il ne restera plus d’infrastructures terroristes à Gaza », avait assuré le responsable.
Le Hamas ne pourra pas contrôler les événements en coulisses, contrairement à ce qu’a fait le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah au Liban, avait fait valoir l’officiel.
« Le Hamas n’aura aucun rôle, ni au grand jour ni en coulisses, et toutes les armes, lourdes comme légères, seront placées sous le contrôle exclusif de la NCAG, en coordination avec l’ISF et avec son soutien, sous le commandement d’un général deux étoiles des forces spéciales américaines », avait-il précisé, en référence au gouvernement technocratique palestinien et à la toute nouvelle force internationale de maintien de la paix.
Le processus actuellement étudié repose sur un principe de réciprocité, avait-il expliqué. Chaque engagement tenu par le Hamas entraînera une mesure équivalente de la part d’Israël.
Le responsable s’était montré optimiste quant aux perspectives de ce plan.
« C’est un nouveau départ pour Gaza », avait-il déclaré. « Il a fallu beaucoup de temps pour en arriver là, mais le plan de paix global du président Trump pour Gaza nous a servi de fil conducteur. »
Il avait ajouté que cette feuille de route constituait « un accord inédit, qui traduit le plan de paix de Trump en une série de mesures que les Palestiniens et les Israéliens devront mettre en œuvre afin d’ouvrir un nouveau chapitre de paix, de prospérité et de sécurité pour Gaza ».
la Communauté du Times of Israël !







