En étudiant la tragédie Remedia, les scientifiques israéliens montrent le rôle vital de la vitamine B1
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En étudiant la tragédie Remedia, les scientifiques israéliens montrent le rôle vital de la vitamine B1

L’étude de l’université de Tel Aviv portant sur des enfants sains et des enfants qui ont consommé du lait maternisé Remedia quand ils étaient bébés montre que la thiamine est cruciale pour le système nerveux

Nouveaux-nés à l'hôpital Bikur Holim de Jérusalem. Illustration. (Crédit : Flash90)
Nouveaux-nés à l'hôpital Bikur Holim de Jérusalem. Illustration. (Crédit : Flash90)

Les scientifiques israéliens évaluant les effets d’une tragédie mortelle de 2003, quand des bébés avaient reçu un lait maternisé défectueux, ont découvert à quel point l’apport constant de thiamine, la vitamine B1, est nécessaire au développement de l’enfant, a annoncé l’université de Tel Aviv.

Trois enfants sont morts, et une vingtaine d’entre eux ont gardé des handicaps sévères après avoir consommé du lait maternisé sans lait animal d’un lot de la marque israélienne Remedia vendu entre juillet et novembre 2003. La formule ne comptait pas du tout de vitamine B1, essentielle pour le système nerveux.

En février 2013, le responsable de la technologie agro-alimentaire de Remedia a été condamné à 30 mois de prison pour homicide par négligence.

L’étude des enfants qui ont reçu le mauvais lait maternisé a permis de découvrir qu’une déficience en thiamine affecte sévèrement la fonction motrice et les capacités d’équilibre dans l’enfance.

La recherche, qui a duré neuf ans et a été menée par la professeure Aviva Fattal-Valevski, qui dirige le service de neurologie pédiatrique du centre médical Sourasky de Tel Aviv, a étudié le développement de 39 enfants qui ont consommé le lait maternisé, à partir de l’âge de cinq ou six ans.

Des bébés à l'hôpital Bikur Holim de Jérusalem. Illustration. (Crédit : Flash90)
Des bébés à l’hôpital Bikur Holim de Jérusalem. Illustration. (Crédit : Flash90)

L’étude, publiée dans le journal Maternal and Child Nutrition, a comparé leurs performances à celles de 30 enfants sains du même âge.

Les deux groupes ont montré des différences importantes dans le développement de la motricité et de la motricité fine, particulièrement dans le cas du contrôle de l’équilibre.

Les effets potentiellement dévastateurs de la carence en vitamine B1 ont été mis en évidence en Israël après le désastre de l’affaire Remedia il y a une dizaine d’années.

Des bébés avaient été hospitalisés en raison de symptômes neurologiques et cardiaques associés à cette déficience, mais c’est une discussion entre les grand-mères des enfants dans la salle d’attente qui a permis de découvrir que les enfants avaient tous reçu le même lait maternisé, selon la professeure.

Avec cette découverte, il a été immédiatement donné des suppléments de vitamine B1 aux enfants, et certains se sont rapidement remis.

« La capacité du corps à stocker de la vitamine B1 est limitée », a déclaré Fattal-Valevski.

« Contrairement à la vitamine B12, la vitamine B1 n’est stockée que pour trois semaines dans l’organisme. Elle doit être fréquemment consommée. Il est fondamental de savoir à quel point cette vitamine est importante pour le développement de l’enfant », a-t-elle ajouté.

« Même des bébés sains peuvent risquer une carence en B1. Si votre enfant souffre d’infections virales, l’une après l’autre, vous devez intervenir avec des suppléments de vitamine. Mais c’est un cercle vicieux, parce que l’un des premiers symptômes du manque de B1 dans le système est une absence d’appétit », a déclaré la professeure Fattal-Valevski.

« Notre étude souligne l’importance d’une nutrition correcte dès la petite enfance et d’un contrôle régulier des substituts au lait maternel », a-t-elle ajouté.

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