Face à la critique croissante des États-Unis, les familles de terroristes palestiniens demandent des paiements plus élevés
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Face à la critique croissante des États-Unis, les familles de terroristes palestiniens demandent des paiements plus élevés

Les parents de « martyrs » veulent que le montant de l’indemnité qu'ils reçoivent de l’OLP soit lié au coût de la vie

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas aux côtés de prisonniers relâchés accueille les foules à Ramallah en octobre 2013 (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas aux côtés de prisonniers relâchés accueille les foules à Ramallah en octobre 2013 (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Les familles des terroristes palestiniens recevant des paiements mensuels de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) demandent une augmentation, alors que les États-Unis et d’autres pays donateurs exercent une pression croissante sur l’Autorité palestinienne pour mettre fin à cette pratique.

Les paiements mensuels, qui ont totalisé 173 millions de dollars en 2016, sont accordés aux parents de « martyrs » – les familles de terroristes qui ont tué des Israéliens, ainsi qu’à ceux qui ont été blessés ou tués dans une confrontation avec des Israéliens.

Le sénateur républicain de la Caroline du Sud Lindsey Graham a réintroduit une loi en mars, qui réduirait le financement des États-Unis à l’Autorité palestinienne si elle continue de fournir un soutien financier aux familles de ceux qui commettent des actes de terrorisme contre les Israéliens et d’autres.

Depuis 2011, ces indemnités mensuelles constituent une somme fixe.

Selon Muhammad Sbeihat, le Secrétaire général de l’Association nationale des familles des martyrs de Palestine, un groupe non gouvernemental, les membres de son organisation demandent que les paiements soient liés au coût de la vie dans les Territoires palestiniens, ce qui les augmenteraient « légèrement ».

« Dans la période à venir, les indemnités des familles des martyrs seront liées à l’indice du coût de la vie, ce qui entraînera une augmentation de ces indemnités, si ce n’est que légèrement », a déclaré Sbeihat mardi dernier lors d’un événement pour les familles « martyrs » à Tulkarem, selon une traduction dans un rapport de la presse palestinienne (PMW) publié dimanche.

Le rapport PMW a décrit le groupe de Sbeihat comme « l’organisation de l’OLP » qui s’occupe des paiements de l’AP aux « familles des martyrs » et a déclaré que l’AP « allait maintenant augmenter les paiements aux familles des martyrs ».

Cependant, Sbeihat, lors d’un entretien téléphonique avec le Times of Israël lundi, a confirmé que les membres de son groupe demandent une somme mensuelle accrue, mais a nié que son organisation était un groupe officiel de l’OLP et a déclaré qu’aucune nouvelle politique n’avait encore été adoptée par l’AP.

« Nous ne sommes pas un groupe officiel. Nous sommes un groupe public. Nous ne décidons rien », a-t-il déclaré. « Il n’y a pas de décision officielle », a-t-il ajouté.

À l’heure actuelle, il y a environ 35 100 familles en Cisjordanie et à Gaza qui reçoivent des paiements de l’OLP : les 173 millions de dollars versés en 2016.

En outre, l’OLP verse des paiements mensuels aux prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes et à leurs familles. En 2016, l’OLP prévoyait un budget de 137,45 millions de dollars pour les paiements aux détenus.

Taylor Force, 29 ans, étudiant en thèse à l’université Vanderbilt, a été tué le 8 mars 2016 dans une attaque terroriste à Jaffa. (Crédit : Facebook)
Taylor Force, 29 ans, étudiant en thèse à l’université Vanderbilt, a été tué le 8 mars 2016 dans une attaque terroriste à Jaffa. (Crédit : Facebook)

Le projet de loi réintroduit en mars par Graham, le Taylor Force Act, a été soumis pour la première fois l’année dernière par Graham avec l’ancien sénateur républicain de l’Indiana, Dan Coats, et le sénateur républicain du Missouri, Roy Blunt. Il avait été renvoyé à la Commission des relations extérieures du Sénat à l’époque, mais n’a jamais été voté.

La loi a été nommée après l’ancien officier de l’armée américaine, Taylor Force, qui a été poignardé en mars 2016 par un terroriste palestinien alors qu’il était en visite à Tel-Aviv.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas devrait s’entretenir avec le président américain Donald Trump plus tard ce mois-ci. Les deux devraient discuter de la relance du processus de paix israélo-palestinien, qui a été gelé depuis 2014.

Dans un article d’opinion publié dans le Washington Post le 6 avril, Ghaith al-Omari, ancien conseiller d’Abbas et de l’équipe de négociation palestinienne, et David Makovsky, ancien conseiller principal de l’envoyé spécial des États-Unis pour les négociations israélo-palestiniennes, ont soutenu que l’OLP doit changer sa politique de paiement, y compris pour montrer à l’administration américaine actuelle sa réelle volonté de faire la paix.

Les paiements devraient cesser, par exemple, pour tout « Palestinien qui de façon délibérée tire, poignarde ou écrase un Israélien avec une intention meurtrière », ont-ils écrit.

Les « Palestiniens affirment que la plupart de ces prisonniers et ‘martyrs’ sont des prisonniers politiques et des personnes innocentes », ont-ils ensemble souligné. Ils ont donc insisté sur le fait que l’OLP, contrôlée en grande partie par Abbas, doit cesser immédiatement les paiements dans des cas « clairs » de meurtre ou de tentative de meurtre d’Israéliens.

« Une vérification supplémentaire serait nécessaire pour déterminer quels cas seraient autorisés à recevoir une assistance spéciale si d’aucun – ils étaient reconnus comme étant des détenus non-violents », ont-ils soutenu.

« Les membres de la famille peuvent toujours recevoir une aide régulière, tout comme les autres Palestiniens qui en ont besoin, mais ils ne devraient pas recevoir un traitement préférentiel de manière à récompenser les actes de terrorisme ».

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