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Gorka, conseiller de Trump, quitte un débat après une question sur l’antisémitisme

Lors d'un événement à Georgetown, le conseiller à la sécurité, accusé d'être membre de l'organisation Vitenzi Rend, a accusé les victimes des fake news qui se basent sur des articles “pièges à clics”

Sebastian Gorka, alors conseiller du président américain Donald Trump. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Sebastian Gorka, alors conseiller du président américain Donald Trump. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le conseiller à la sécurité du président Donald Trump, accusé d’avoir des liens avec un groupe hongrois nationaliste et antisémite, a quitté un débat à Washington lundi, après avoir été interrogé par des étudiants sur ses liens présumés avec cette organisation.

Sebastian Gorka, qui avant de rejoindre l’administration Trump travaillait comme analyste du terrorisme et rédacteur pour Breitbart News, a déclaré lors de cette session de questions-réponses au cours d’une conférence consacrée à la cybersécurité à l’université de Georgetown que les informations le liant au groupe pro-nazi Vitezi Rend étaient des « fake news« , a rapporté The Hill.

Après avoir nié les allégations d’antisémitisme à son encontre dans son discours d’ouverture, Gorka a été questionné de nombreuses fois par un groupe de manifestants concernant ses connexions présumées avec Vitézi Rend, ce qui l’a amené à dire : « Je suis désolé pour vous ».

« Vous êtes les victimes de ‘fake news' », aurait-il ajouté selon The Hill.

Gorka a alors défié ses critiques d’apporter des preuves de leurs accusations d’antisémitisme.

« A vous tous qui exhibez une pancarte nous mettant en cause, moi ou mes parents, je vous défie de partir… Trouvez une seule phrase que j’ai écrite qui serait antisémite ou anti-israélienne », aurait-il poursuivi, des propos repris par The Forward.

Gorka, né au Royaume-Uni et fils d’immigrants hongrois, aurait été membre de Vitézi Rend, organisation qui porte le nom d’un ancien ordre du mérite ayant existé en tant qu’entité d’état pendant 20 ans, jusqu’en 1944, sous la gouvernance de Miklos Horthy, leader allié des nazis en Hongrie.

Vitézi Rend a été démantelé, mis hors-la-loi et a cessé d’exister dans les années 1940 à la suite de la défaite de l’Allemagne nazie au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

Le département d’Etat américain répertorie Vitézi Rend comme un groupe allié des nazis, ce qui pourrait rendre ses membres inéligibles aux demandes de visas. Gorka a immigré il y a neuf ans aux Etats-Unis.

Gorka, apparu à la télévision portant un insigne de Vitézi Rend, avait indiqué avoir hérité de sa position dans le groupe de son père, ajoutant qu’il ne l’avait jamais officiellement rejoint. Toutefois, lundi, The Forward a annoncé qu’il avait utilisé une distinction honorifique réservée aux membres du groupe depuis 1998, plusieurs années avant le décès de son père.

Sebastian Gorka, important conseiller du président américain Donald Trump, porte l'uniforme et la médaille de Vitézi Rend, un ordre du mérite hongrois lié à l'Allemagne nazie, à une date non précisée. (Crédit : Facebook)
Sebastian Gorka, important conseiller du président américain Donald Trump, porte l’uniforme et la médaille de Vitézi Rend, un ordre du mérite hongrois lié à l’Allemagne nazie, à une date non précisée. (Crédit : Facebook)

Gorka a indiqué au public réuni lors du débat que les accusations proférées à son encontre faisaient partie d’une campagne médiatique pour accroître les tensions autour de l’administration Trump.

« Les intrigues de palais font vendre les journaux et elles sont un piège à clics », aurait-il expliqué selon The Hill.

Après s’être levé pour quitter la salle, Gorka a indiqué qu’il désirait que les autres participants puissent avoir l’opportunité de répondre eux aussi aux questions.

Au début du mois, Forward a publié un enregistrement de 2007 au cours duquel Gorka indique n’avoir pas été opposé à l’établissement de la Garde Hongroise, une milice nationaliste ultérieurement accusée de racisme et d’antisémitisme. En 2009, un tribunal hongrois avait fait interdire la Garde.

Au mois de mars, Nadler et trois autres sénateurs démocrates ont exprimé leur préoccupation face à l’appartenance présumée de Gorka au mouvement Historical Vitezi Rend, et ont avaient fait parvenir un courrier au procureur général adjoint en place Dana Boente, et au secrétaire d’état à la Sécurité intérieure John Kelly, leur recommandant vivement d’enquêter sur les circonstances de l’octroi de la citoyenneté américaine à Gorka et sur le fait de savoir s’il avait dissimulé son appartenance au groupe lors du processus de naturalisation.

Gorka a nié être un fasciste ou un antisémite. Dans un communiqué publié le mois dernier par Tablet, Gorka a été cité disant : « Je n’ai jamais été membre de Vitez Rend. Je n’ai jamais prêté de serment d’allégeance à Vitez Rend. »

Au début du mois, un groupe de législateurs démocrates a appelé Trump à renvoyer Gorka en raison de ses liens présumés avec les groupes d’extrême-droite, affirmant qu’ils le rendent « inapte pour tout poste à responsabilité à la Maison Blanche ».

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