Jérusalem : De violentes manifestations dispersées dans les quartiers haredim
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Jérusalem : De violentes manifestations dispersées dans les quartiers haredim

Les forces de l'ordre auraient utilisé des grenades incapacitantes contre les protestataires ; des agents ont été traités de "nazis" pour faire appliquer la distanciation sociale

Des agents de police ferment des synagogues et dispersent des rassemblements publics dans le quartier juif orthodoxe de Mea Sharim à Jérusalem, le 31 mars 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des agents de police ferment des synagogues et dispersent des rassemblements publics dans le quartier juif orthodoxe de Mea Sharim à Jérusalem, le 31 mars 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des échauffourées auraient eu lieu, lundi soir, dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Sharim, à Jérusalem, soumis à des mesures de bouclage. Plusieurs douzaines de résidents se seraient opposés à la police avec violence et les autorités auraient dispersé les émeutes à l’aide de grenades incapacitantes.

Des vidéos publiées sur internet montrent des gens huer et siffler la police, traitant les agents en patrouille de « nazis ».

Ce quartier est considéré comme l’un des foyers les plus importants de coronavirus dans le pays et il a été placé en quarantaine par la police, aux côtés d’autres quartiers ultra-orthodoxes de la capitale.

Les forces de l’ordre faisant appliquer les restrictions relatives au coronavirus et le bouclage dans les communautés ultra-orthodoxes ont été traitées de « nazis » à de multiples reprises par les résidents. La majorité des membres de la communauté respectent les limitations placées par le gouvernement sur les déplacements, les prières et les rassemblements, mais une minorité bruyante contrevient aux règles.

Une vidéo postée sur les réseaux sociaux montre la police en train de disperser des personnes rassemblées en toute illégalité.

Des informations parues sur les réseaux sociaux ont indiqué que la police avait utilisé des grenades incapacitantes contre les manifestants. La police n’a pas, pour sa part, fait de commentaire.

Plusieurs quartiers de la capitale, présentant de forts taux d’infection au coronavirus, ont été bouclés dans l’après-midi de dimanche et environ 100 barrages de contrôle ont été dressés dans la capitale.

Plus de 1 000 agents de police et soldats ont été mobilisés pour faire appliquer les directives.

Selon le ministère de la Santé, environ 75 % des cas confirmés de COVID-19, à Jérusalem, ont concerné des quartiers ultra-orthodoxes, dont la plupart ont dorénavant été fermés. Il y a eu plus de 1 800 cas de coronavirus au total dans la ville et au moins 21 résidents ont succombé à la maladie, selon des données transmises samedi par le ministère.

Dimanche, le ministère de la Santé a proposé des critères permettant de déclarer des secteurs « zones restreintes » en raison du nombre élevé de cas de coronavirus à ces endroits.

Parmi ces critères, avoir un total de plus de 20 personnes atteintes par la maladie au sein d’une communauté ou « tout autre nombre qui sera déterminé de façon dynamique et conformément au taux de morbidité » ; un taux d’infection pour 1 000 habitants supérieur à la moyenne nationale ou un taux d’augmentation des nouveaux cas, sur trois jours, plus élevé que la moyenne nationale.

Dimanche matin, plus de 50 graffitis peints à la bombe et prenant pour cible le ministre de la Santé, Yaakov Litzman, ont été découverts à Mea Shearim.

Litzman y était qualifié de « meurtrier » et « d’Amalek », ennemi juré du peuple juif dans la Bible. Des employés municipaux ont été envoyés pour nettoyer les dégradations et la police a ouvert une enquête, selon la Douzième chaîne.

Litzman, chef de la formation Yahadout HaTorah, a été férocement critiqué, au début du mois, lorsqu’il a attrapé le coronavirus, après avoir été accusé d’avoir violé les règles émises par son propre bureau. Il a rejeté ces accusations.

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