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« Juifs d’Orient » : Jack Lang juge « dérisoire » la pétition d’intellectuels arabes

Le texte avait été signé entre autres par l'écrivain libanais Elias Khoury, le réalisateur palestinien Elia Suleiman ou le diplomate algérien Lakhdar Brahimi

Jack Lang en 2008. (Crédit : MEDEF - Jack Lang / CC BY-SA 2.0)
Jack Lang en 2008. (Crédit : MEDEF - Jack Lang / CC BY-SA 2.0)

Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris, a jugé dimanche « dérisoire et attristante » la pétition soutenue par des intellectuels arabes à propos de l’exposition « Juifs d’Orient« , qui présente des prêts d’institutions israéliennes.

Cette pétition lancée début décembre par le mouvement pro-palestinien controversé BDS qui appelle au boycott systématique d’Israël, rejetant toute coopération culturelle et signée par quelque 250 intellectuels et personnalités, est « complètement disproportionnée et à côté de la plaque », a déclaré Jack Lang, ancien ministre français socialiste de la Culture, sur les ondes de radio J.

Le texte, signé entre autres par l’écrivain libanais Elias Khoury, le réalisateur palestinien Elia Suleiman ou le diplomate algérien Lakhdar Brahimi, estime que l’IMA « trahirait sa mission intellectuelle en adoptant cette approche normalisatrice – une des pires formes d’utilisation coercitive et immorale de l’art comme outil politique pour légitimer le colonialisme et l’oppression ».

« C’est une réaction qui cherche à détourner de son sens profond cette exposition, qui n’a rien à voir avec tel ou tel débat politique », a déclaré Jack Lang.

Le président français Emmanuel Macron et le président de l’Institut du monde arabe (IMA), l’ancien ministre français de la Culture Jack Lang, visitent l’exposition « Les Juifs d’Orient, une histoire plurimillénaire » à l’IMA, à Paris, le 22 novembre 2021. (Crédit : Yoan VALAT / POOL / AFP)

« Juifs d’Orient », ouverte jusqu’au 13 mars, est le troisième volet d’expositions consacrées à l’empreinte des trois grandes religions monothéistes sur le monde arabe à l’IMA. Elle « fait un tabac » et, « de ce débat, on n’en parle jamais », a affirmé M. Lang.

Sur 300 oeuvres collectées dans le monde entier, il n’y en a que « trois ou quatre venant de Jérusalem ».

« C’est un peu dérisoire et attristant. D’autant plus que j’ai moi-même contribué à mettre en lumière la culture palestinienne comme personne, comme aucune institution », a poursuivi le président de l’IMA.

« Cela m’a attristé de constater que des personnes, certaines de qualité, des écrivains, des philosophes, se laissent embarquer, un peu comme des moutons, dans un texte dont ils n’ont même pas vérifié la véracité », a-t-il conclu.

 

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