La chef de la communauté juive réclame à Corbyn ses « plus plates excuses »
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La chef de la communauté juive réclame à Corbyn ses « plus plates excuses »

Marie van der Zyl a demandé au chef du Labour de cesser de se soustraire aux récentes accusations et de mettre fin aux actions disciplinaires décidées contre ses critiques

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

La nouvelle présidente du Conseil des représentants des Juifs britanniques, Marie van der Zyl (Autorisation)
La nouvelle présidente du Conseil des représentants des Juifs britanniques, Marie van der Zyl (Autorisation)

La haute-responsable représentant la communauté juive britannique a appelé jeudi le chef du Labour, Jeremy Corbyn, à présenter ses « plus plates excuses » pour l’antisémitisme qui sévit au sein de son parti et à mettre un terme aux sanctions disciplinaires entreprises à l’encontre de ses critiques.

La présidente de l’organisation-cadre britannique du Board of Deputies, Marie van der Zyl, a également réclamé l’exclusion du haut-responsable du parti travailliste Peter Willsman, qui a affirmé que les accusations d’antisémitisme avaient été inventées par « des fanatiques juifs de Trump ».

« Jeremy Corbyn doit cesser de se cacher et présenter ses plus plates excuses aux Juifs britanniques de sa propre voix », a tweeté van der Zyl.

Van der Zyl a accusé Corbyn de faire profil bas après la série d’accusations qui a été lancée à son encontre.

La presse a révélé que Corbyn avait soutenu en 2011 la suppression du mot « Holocauste » de l’intitulé de la Journée de commémoration de l’Holocauste.

Corbyn avait également accueilli à la Chambre des communes un événement au cours duquel un survivant de la Shoah avait comparé les actions d’Israël aux nazis par rapport à la situation dans la bande de Gaza. Il avait suggéré en 2012 qu’une conspiration israélienne était à l’origine des attentats terroristes djihadistes en Egypte.

Le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn quitte la tribune après un discours à la Queens University de Belfast, en Irlande du nord, le 24 mai 2018 (Crédit : Jeff J Mitchell/Getty Images via JTA)

Une série de scandales et de controverses a entaché le parti, culminant avec une définition de l’antisémitisme récemment adoptée et qui a été dénoncée – notamment par des membres du parti – pour avoir omis les termes liés à Israël et qui sont devenus la norme partout ailleurs et pour ne pas avoir accepté d’endosser la définition proposée par l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance).

« Il doit adopter la définition de l’antisémitisme de l’IHRA et tous ses exemples », a écrit van der Zyl. « Il doit exclure Peter Willsman. Il doit mettre un terme aux ridicules procès intentés à Hodge/Austin et il doit personnellement suivre une formation sur l’égalité ».

Dame Margaret Hodge et Ian Austin, députés du Labour, font en effet actuellement l’objet d’une enquête car ils ont tous les deux critiqué l’attitude de Corbyn face aux accusations d’antisémitisme.

« Où est Jeremy Corbyn ? », s’est interrogée van der Zyl, qui a fustigé le chef du Labour pour n’avoir émis qu’un seul communiqué dans lequel il présentait ses excuses pour « l’inquiétude et l’anxiété » suscitées par l’événement à la Chambre des communes qui avait eu lieu lors de la journée internationale de commémoration de l’Holocauste, cette année-là.

L’évènenemt, ses appels à changer le nom de la journée de commémoration et la comparaison d’Israël avec le régime nazi sont des violations de la définition de l’antisémitisme élaborée par l’IHRA, a-t-elle expliqué.

« Alors que de nouvelles révélations très personnelles sur Jeremy Corbyn perpétuent cette onde de choc, il refuse de s’exprimer devant les médias et se cache derrière une ‘excuse’ à moitié sincère et, sans aucun doute, rédigée par ses spécialistes en communication politique », a-t-elle écrit. « Pourquoi n’entendons-nous pas l’homme supposé être lui-même le chef ? »

Jeudi dernier, l’organisation Campaign Against Antisemitism a publié une vidéo d’une interview accordée par Corbyn à la chaîne Press TV iranienne en 2012 dans laquelle il suggérait qu’Israël était à l’origine des attentats terroristes djihadistes en Egypte parce que l’Etat juif désirait déstabiliser le gouvernement du Caire afin de l’empêcher de construire des liens avec les Palestiniens.

Interrogé pour commenter un attentat terroriste djihadiste qui avait fait 16 morts, des gardes-frontières et des policiers égyptiens, Corbyn avait répondu : « Il faut regarder les choses avec recul ».

« Qui a intérêt à déstabiliser le nouveau gouvernement en Egypte ? Qui a intérêt à tuer des Egyptiens, à part Israël, inquiet des liens croissants entre la Palestine et le nouveau gouvernement égyptien ? », avait-il ajouté.

Quand la journaliste iranienne avait demandé pourquoi un musulman tuerait un autre musulman, Corbyn avait une fois encore dirigé ses accusations contre l’Etat juif.

« Il semble un peu improbable qu’une telle chose survienne pendant le Ramadan, c’est le moins qu’on puisse dire, et je soupçonne que la main d’Israël ne soit derrière ce processus de déstabilisation entier », avait-il répondu.

Corbyn a maintenu que le Labour ne tolérerait aucune rhétorique raciste de la part de ses membres. Des douzaines de personnes ont été exclues du parti en raison de propos antisémites. La formation a toutefois pardonné à de nombreux membres du Labour qui, selon les chefs communautaires, se sont prêtés à un discours de haine anti-juive.

JTA et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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