Corbyn a voulu que la journée de la Shoah soit renommée « Journée du génocide »
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Corbyn a voulu que la journée de la Shoah soit renommée « Journée du génocide »

L'ONG Holocaust Educational Trust a accusé le chef du Labour de "déni et de distorsion" après des révélations sur l'existence d'une motion parlementaire de 2011

Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste de l'opposition britannique, prend la parole à Londres le 30 juin 2018. (AFP Photo/Tolga Akmen)
Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste de l'opposition britannique, prend la parole à Londres le 30 juin 2018. (AFP Photo/Tolga Akmen)

Jeremy Corbyn, chef du parti britannique du Labour qui a été impliqué dans une série de scandales en lien avec l’antisémitisme, a soutenu dans le passé une motion parlementaire dont l’objectif visait à renommer la journée de commémoration de la Shoah dans le pays.

En 2011, Corbyn avait figuré parmi un groupe constitué majoritairement de politiciens du Labour qui avaient proposé de changer le nom de cette commémoration en « Journée de commémoration du génocide – Plus jamais pour tous », pour refléter l’idée que « le nazisme a ciblé pas seulement les Juifs », a fait savoir Politics Home mercredi.

Ecrivant que « toute vie a une valeur », les 23 législateurs – qui ne comportaient qu’un seul membre issu du parti conservateur, Peter Bottomley — avaient déposé leur motion le 27 janvier 2011 à l’occasion de la journée de commémoration de la Shoah qui est célébrée le même jour que la Journée de commémoration internationale du même nom.

La journée de commémoration britannique comprend officiellement l’engagement à commémorer toutes les victimes des persécutions nazies ainsi que des génocides ultérieurs – au Cambodge, au Rwanda, en Bosnie et au Darfour.

La motion soutenue par Corbyn appelait le gouvernement à procéder au changement de nom pour reconnaître que « les handicapés ont été les premières victimes des meurtres de masse nazis, que les militants de la classe ouvrière et les syndicalistes, dont un grand nombre étaient juifs, ont été les premiers à être envoyés dans des camps de concentration et que le nazisme n’a pas seulement ciblé les Juifs mais aussi les Roms, les témoins de Jéhovah, les lesbiennes, les homosexuels et les bisexuels et d’autres considérés comme indésirables ».

La motion « soutient donc l’appel à la mobilisation internationale de toutes les communautés et de tous les pays qui ont souffert et résisté à l’extermination de masse, et ce, en rebaptisant la journée de commémoration de la Shoah pour lui donner le nom de Journée de commémoration du génocide – Plus jamais pour tous ».

Karen Pollock, directrice de l’organisation britannique Holocaust Education Trust (Autorisation)

Karen Pollock, directrice de l’organisation britannique Holocaust Educational Trust, a réagi en estimant que Corbyn était coupable de « déni et de distorsion ».

« La journée de commémoration de la Shoah inclut déjà toutes les victimes des nazis et des génocides qui ont suivis », a-t-elle écrit sur Twitter.

« Mais la Shoah a été un crime spécifique, avec l’antisémitisme à son coeur. Toute tentative d’éliminer cette spécificité est une forme de déni et de distorsion ».

Dans un communiqué, Pollock a ajouté que « cette motion parlementaire et la campagne qu’elle est venue appuyer semblent être politiquement motivée, et elle semble tenter également de saper une journée nationale de commémoration qui implique les communautés et les éducateurs de tous les milieux ».

Elle a appelé Corbyn et les autres signataires « à expliquer pourquoi ils ont pensé qu’il était souhaitable de soutenir une telle motion ».

Un porte-parole du parti travailliste aurait répondu en évoquant « une initiative trans-partisane, conjointement parrainée par un député conservateur, pour souligner le caractère d’ores et déjà plus large de cette journée de commémoration de la Shoah. Ce n’est pas notre politique de chercher un changement de nom pour cette commémoration importante ».

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