GB: Un 2e député risque l’exclusion pour avoir dénoncé l’antisémitisme du Labour
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GB: Un 2e député risque l’exclusion pour avoir dénoncé l’antisémitisme du Labour

Ian Austin, convoqué devant le comité de discipline, a déclaré avoir "honte" de la politique de Jeremy Corbyn à l'égard des Juifs

Le député travailliste britannique Ian Austin a accusé le chef du parti Jeremy Corbyn d'antisémitisme lors d'un débat à la Chambre des communes le 17 avril 2018. (Capture d'écran : YouTube)
Le député travailliste britannique Ian Austin a accusé le chef du parti Jeremy Corbyn d'antisémitisme lors d'un débat à la Chambre des communes le 17 avril 2018. (Capture d'écran : YouTube)

Un député travailliste britannique fait face à des mesures disciplinaires et à une possible suspension du parti après avoir accusé le président du parti, Jeremy Corbyn, lors d’une « discussion animée » concernant l’échec des travaillistes à s’attaquer à l’antisémitisme.

Ian Austin, l’enfant adoptif d’un réfugié juif de l’Allemagne nazie, a écrit qu’il se sentait « choqué et honteux » de l’échec de son parti à s’attaquer à l’antisémitisme parmi ses membres, dans un article d’opinion paru dans le journal The Guardian dimanche.

Il s’agit du deuxième député à faire l’objet d’une audience disciplinaire concernant la décision des travaillistes d’abandonner certaines parties d’une définition de l’antisémitisme acceptée à l’échelle internationale.

Il y a deux semaines, la députée Dame Margaret Hodge a été avertie que des mesures seraient prises contre elle en raison de ses remarques « inacceptables » après avoir interpellé le chef du parti Jeremy Corbyn en le qualifiant d’“antisémite et raciste”.

Selon la BBC, Austin pourrait être suspendu du parti.

Dans sa tribune, Austin a parlé de la famille de son père, qui, a-t-il dit, ont tous été assassinés par les nazis pendant la Shoah.

Il a nié catégoriquement avoir insulté Lavery, tout en condamnant fermement la façon dont son parti lutte contre l’antisémitisme.

Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste de l’opposition britannique, prend la parole à Londres le 30 juin 2018. (AFP Photo/Tolga Akmen)

« Suis-je contrarié par l’antisémitisme au sein du parti travailliste ? Oui, je le suis. Et je suis également bouleversé par le refus de la direction d’y faire face correctement », a-t-il écrit. « Mais ai-je lancé des insultes, comme on l’a prétendu ? Non, je ne l’ai pas fait. »

Dans ses critiques, Austin, qui représente Dudley North, a pointé du doigt Corbyn, affirmant que sous sa direction, certains membres du Parti travailliste « vont au-delà des opinions légitimes et passionnées sur le sort des Palestiniens et basculent dans l’antisémitisme ».

« Je suis scandalisé et honteux qu’un parti qui a une si fière tradition de lutte contre le racisme puisse offenser et inquiéter la communauté juive », a-t-il écrit.

Cette critique d’Austin intervient quelques jours après que les trois journaux juifs britanniques, généralement des concurrents acharnés, se sont unis pour publier des éditoriaux identiques en première page, mettant en garde contre la menace « existentielle » que représenterait pour les juifs britanniques un gouvernement dirigé par Corbyn.

Les éditoriaux décrivent une série de scandales et de controverses qui ont affecté le mouvement travailliste en matière d’antisémitisme, culminant dans une politique sur l’antisémitisme qui omet les critères relatifs à Israël qui sont devenus la norme ailleurs.

Le Labour a omis au moins quatre points figurant dans la version originale, parmi lesquels : accuser les Juifs d’“être plus loyaux envers Israël” qu’à leur propre pays ; prétendre que l’existence d’Israël est une « entreprise raciste » ; appliquer un « deux poids deux mesures » à Israël ; et comparer la « politique israélienne contemporaine » à celle des nazis.

Austin a souligné que la critique d’Israël n’était pas exclue dans la définition de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA), et que la question de l’antisémitisme du Parti travailliste allait beaucoup plus loin que cela.

« N’oublions pas que cette crise a été déclenchée par la découverte révoltante que Corbyn avait défendu une caricature raciste grotesque – qui n’avait rien à voir avec Israël », a-t-il écrit.

Les députés travaillistes ont adopté une motion d’urgence lundi dernier pour rouvrir la discussion et voteront en septembre sur l’acceptation ou non de la définition et de la formulation complète de l’IHRA.

JTA a contribué à cet article.

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