Corbyn regrette d’avoir défendu une fresque antisémite sur un mur de Londres
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Corbyn regrette d’avoir défendu une fresque antisémite sur un mur de Londres

L'image dépeint des hommes d'affaires, dont certains sont Juifs, comptant de l'argent autour d'un plateau de jeu posé sur des dos d'hommes à la peau brune

Jeremy Corbyn, leader du Parti travailliste, se promène le long du pont de Westminster dans le centre de Londres, le 23 mars 2017 (AFP Photo / Daniel Leal-Olivas)
Jeremy Corbyn, leader du Parti travailliste, se promène le long du pont de Westminster dans le centre de Londres, le 23 mars 2017 (AFP Photo / Daniel Leal-Olivas)

Jeremy Corbyn, leader du parti Travailliste au Royaume-Uni, a indiqué qu’il avait eu tort de soutenir en 2012 un artiste qui avait peint une fresque à Londres que Corbyn qualifie dorénavant d’antisémite.

Corbyn, dont les critiques disent qu’il n’est pas parvenu à se confronter à la prolifération de l’antisémitisme dans le parti et parmi les rangs de ses partisans depuis qu’il en a été désigné à sa tête en 2015, a indiqué dans une déclaration vendredi que « je regrette sincèrement de ne pas avoir regardé avec plus d’attention » l’image en question lorsqu’il avait défendu la liberté artistique de l’homme en 2012.

Cette fresque, intitulée Liberté pour l’humanité, dépeint un groupe d’hommes d’affaires et de banquiers, dont certains Juifs, comptant de l’argent autour d’un plateau ressemblant à celui d’un Monopoly posé sur le dos d’hommes à la peau brune.

Tandis que Corbyn a été accusé à de nombreuses occasions d’avoir échoué à agir contre l’antisémitisme et en particulier en lien avec la haine d’Israël, le cas de la fresque est inhabituel en cela qu’il ne concerne pas l’Etat juif. Corbyn avait tout d’abord fermé les yeux sur ce qu’il affirme maintenant être une propagande raciste.

L’artiste auteur de cette fresque et qui vit à Los Angeles, Kalen Ockerman, avait reconnu en 2012 que certains des banquiers étaient Juifs. Il avait plus tard déclaré sur Facebook que son oeuvre n’était pas antisémite.

« Vous êtes en bonne compagnie », avait répondu Corbyn sur cette plate-forme en 2012. « Rockerfeller [sic] avait détruit l’oeuvre de Diego Viera parce qu’elle comprenait une image de Lénine ».

Vendredi, la législatrice du Labour Luciana Berger, qui est juive, a indiqué qu’elle avait contesté le commentaire laissé par Corbyn à Ockerman sur Facebook auprès du bureau du chef travailliste. Ce qui a précipité l’expression des regrets de Corbyn, qui a reconnu que les contenus de la fresque sont « profondément perturbants et antisémites. Je soutiens de tout coeur leur suppression ».

Dans sa déclaration, Corbyn a expliqué avoir fait référence en 2012 à « la destruction de l’oeuvre ‘L’homme aux carrefours’ de Diego Rivera sur le centre Rockefeller ». Cette fresque « n’est en rien comparable » avec l’autre réalisée par Ockerman, a ajouté Corbyn.

Après les questions de Berger et avant la déclaration de Corbyn, son bureau a émis un communiqué défendant son post publié sur la page Facebook de l’artiste comme ayant été motivé par des inquiétudes liées à la liberté expression, a fait savoir Bloomberg. Ce communiqué a également reconnu que la fresque montrait une « imagerie antisémite ».

Berger a qualifié la réponse du bureau de Corbyn de « pleinement inadéquate ».

Au début du mois, il s’est avéré que Corbyn avait été membre d’un groupe privé sur Facebook pendant deux ans, jusqu’en 2015, qui comprenait de nombreuses déclarations antisémites. Il avait indiqué qu’il n’avait pas lu les commentaires incriminés.

Corbyn avait qualifié les groupes terroristes du Hezbollah et du Hamas d’amis en 2009 et il avait expliqué que c’était un honneur d’héberger des représentants issus de ces groupes terroristes au Parlement. Il avait affirmé en 2016 regretter d’avoir tenu ces propos. Il a par ailleurs promis d’exclure tout membre du Labour ayant fait des déclarations racistes ou antisémites. Des dizaines de personnes ont été sorties des rangs du parti mais de nombreuses autres ont eu la permission de rester ou ont été réadmises.

Les Juifs britanniques et une commission d’enquête interparlementaire ont rejeté un audit interne réalisé au sein du Labour qui avait largement blanchi le parti des accusations d’antisémitisme, le qualifiant de non-satisfaisant.

De nombreux critiques des Travaillistes font remonter le problème de l’antisémitisme aux milliers de membres ayant rejoint le groupe Momentum d’extrême-gauche.

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