La fragmentation du paysage politique israélien est propice aux fusions
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Analyse

La fragmentation du paysage politique israélien est propice aux fusions

Des fusions de listes de même nature entre les opposants de Netanyahu, de plus en plus divisés, éviteraient au moins à certains d'entre eux de disparaître le jour des élections

Raoul Wootliff

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Des responsables comptent les bulletins de vote restants à la Knesset à Jérusalem, deux jours après les élections générales, tôt le 4 mars 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Des responsables comptent les bulletins de vote restants à la Knesset à Jérusalem, deux jours après les élections générales, tôt le 4 mars 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

L’arène politique israélienne connaît une augmentation de création de partis qui ont l’intention de se présenter aux élections de mars, ce qui risque de diviser le vote à gauche et à droite et de prolonger les deux années de paralysie politique dues aux quatre scrutins électoraux.

Le nombre total de listes confirmées cherchant sérieusement des sièges à la Knesset est maintenant proche de 20.

La pandémie politique semble avoir commencé à droite, le député Gideon Saar s’étant séparé du Likud pour former son propre parti « Tikva Hadasha » peu après l’annonce des élections, mais elle s’est rapidement propagée, avec un total de 10 partis qui semblent maintenant se battre pour les électeurs du centre-gauche.

Dans une tentative visant à mettre fin au chaos politique, les politiciens et les experts cherchent un antidote possible – une série de fusions à travers le spectre politique qui pourrait aider au moins certains de ces partis à éviter la mort, si le scrutin venait à les laisser en dessous du seuil électoral.

Lundi, le nouveau parti Sionisme Religieux de Bezalel Smotrich est devenu le dernier venu sur le terrain, Smotrich ayant confirmé qu’il ne se présenterait plus avec le parti de droite Yamina.

« Naftali Bennett et moi sommes en train de nous séparer », a déclaré M. Smotrich à la Douzième chaîne de télévision.

Un jour plus tôt, l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon avait lancé la campagne de son parti Telem, après avoir confirmé sa scission de Yesh Atid. Lors des élections précédentes, les deux partis s’étaient présentés sur une liste commune avec le parti Hossen LeYisrael de Benny Gantz, une alliance connue sous le nom de Kakhol lavan.

Ce parti a éclaté lorsque Gantz a décidé d’entrer en coalition avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu en mai 2020, en invoquant la nécessité d’éviter une quatrième élection consécutive en formant un gouvernement d’union qui pourrait s’attaquer aux crises sanitaires et économiques causées par la pandémie de coronavirus. Kakhol lavan fait partie du gouvernement, tandis que Yesh Atid et Telem ont choisi de siéger ensemble dans l’opposition.

Le président du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, (au centre) avec ses collègues (depuis la droite) Yair Lapid, Moshe Yaalon et Gabi Ashkenazi au siège du parti la nuit des élections à Tel Aviv, tôt le 8 septembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Actuellement, les trois candidats se présenteront sur des listes séparées en mars, tous à la recherche d’un groupe similaire d’électeurs centristes qui ne veulent pas – à des degrés divers – voir Netanyahu rester Premier ministre.

Et ils seront rejoints par une foule d’autres partis, principalement nouveaux, représentant un éventail d’opinions et de questions différentes au centre-gauche du spectre politique.

Avec le parti de gauche Meretz, qui existe depuis longtemps, le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, cherche à marquer des points avec son nouveau parti, HaIsraelim, qu’il a lancé le mois dernier aux côtés d’Avi Nissenkorn, l’ancien ministre de la Justice qui a quitté le parti Kakhol lavan de Gantz.

En outre, l’ancien comptable général du ministère des Finances, Yaron Zelekha, l’ancien député Yesh Atid Ofer Shelah, l’ancien chef de l’agence de renseignement du Mossad, Danny Yatom, et un certain nombre de manifestants anti-Netanyahu ont tous créé leur propre parti.

Naftali Bennett (à gauche) et Gideon Saar (à droite) assistent aux célébrations de Yom Yeroushalayim au mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 17 mai 2015. (Flash90)

Les partis ont jusqu’au 4 février pour finaliser leurs listes de candidats et toute fusion ou création de nouvelles factions avant cette date pourrait contribuer à consolider les blocs politiques des deux côtés, quelle que soit l’idéologie.

Gantz, par exemple, envisagerait une fusion avec Bennett à droite ou Huldai à gauche.

Lundi, Gantz a appelé à une alliance de plusieurs partis qui s’opposent au maintien au pouvoir de Netanyahu, disant qu’il serait prêt à renoncer à la direction d’un tel bloc afin de parvenir à un consensus.

Il a exhorté les dirigeants de plusieurs partis de centre-gauche à se rencontrer afin de « chercher et trouver la solution ».

« Il y a urgence. Nous ne pouvons pas laisser [Netanyahu] nous réduire en miettes », a-t-il déclaré.

Huldai a lui-même déclaré que d’autres partis qui « partagent les mêmes valeurs » sont les bienvenus. Lundi, Ofer Shelah, qui s’est récemment séparé de Yesh Atid pour former son parti Tnufa, a publiquement appelé Huldai et le parti travailliste (ou ce qu’il en reste) à envisager une fusion.

« Un peu plus de deux mois avant le jour des élections, la carte politique est floue, mais le bloc de centre-gauche est éclaté », a déclaré M. Shelah dans un communiqué. « Je fais appel à Ron Huldai, Avi Nissenkorn et aux dirigeants du parti Travailliste : Asseyons-nous ensemble. Vous me connaissez tous. Il n’y a pas de conditions préalables. Négocions et formons cette entité à laquelle aspire tout un camp. »

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