« J’ai eu tort de serrer la main de Netanyahu », dit Gantz qui réclame une union
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« J’ai eu tort de serrer la main de Netanyahu », dit Gantz qui réclame une union

Le chef de Kakhol lavan a dit que "le Premier ministre m'a trompé, il vous a trompés" et il a appelé à l'union tous ceux qui s'opposent au chef du gouvernement, au-delà des griefs

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d'un discours prononcé le 11 janvier 2021. (Crédit : Elad Malka)
Le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d'un discours prononcé le 11 janvier 2021. (Crédit : Elad Malka)

Le leader du parti Kakhol lavan a déclaré, lundi soir, qu’il avait eu « tort » de serrer la main à Benjamin Netanyahu et d’intégrer sa coalition au début de l’année. Il a plaidé en faveur d’une alliance qui réunirait tous ceux qui s’opposent au Premier ministre dans le but d’écarter ce dernier du pouvoir.

« Nous avons été sur le point de garantir qu’il serait écarté du pouvoir à trois reprises », a commenté Gantz au cours d’une conférence de presse organisée à Tel Aviv.

Mais quand le coronavirus a fait son apparition et ravagé Israël au début de l’année, a ajouté le ministre de la Défense, « moi, militaire de l’Etat d’Israël, j’ai décidé de prendre position. J’ai serré la main de cet homme que j’avais promis de remplacer. J’ai serré la main d’un homme qui ne tient pas ses promesses. Je lui ai serré la main parce qu’Israël était en guerre et que je suis, avant tout, un soldat placé au service de ce pays ».

Gantz était entré en politique il y a deux ans, en promettant de remplacer Netanyahu. Il avait alors fusionné sa propre formation, Hossen LeYisrael, avec Yesh Atid, formant Kakhol lavan – et il avait échoué de peu à former une coalition sans le Likud de Netanyahu lors de trois scrutins successifs.

Si Gantz avait fait campagne sur la promesse qu’il n’intégrerait jamais un gouvernement avec Netanyahu tant que ce dernier serait accusé de corruption, il avait fait volte-face à la fin du mois de mars et formé un gouvernement d’unité avec Netanyahu au mois de mai. Furieux, Yesh Atid et une deuxième faction mineure (Telem, un mouvement dirigé par Moshe Yaalon) avaient quitté l’alliance Kakhol lavan et rejoint l’opposition. Depuis, le parti de Gantz a vu sa popularité s’effondrer, ce qui a entraîné de nombreux départs de législateurs de la formation depuis que l’organisation de nouvelles élections a été annoncée, le mois dernier.

« J’ai eu tort », a déclaré Gantz, lundi. « Vous, qui aviez cru en moi, avez été déçus ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre de la Défense Benny Gantz tiennent une conférence de presse à Tel Aviv le 27 juillet 2020. (Crédit : Tal Shahar / Pool / Flash90)

C’est la première fois, dans ce discours qui a été prononcé lundi, que Gantz déclare publiquement avoir fait une erreur en établissant un partenariat avec Netanyahu. Gantz avait été interrogé de manière répétée à ce sujet depuis l’effondrement de la coalition, le mois dernier.

« Alors que des dizaines de milliers d’entreprises se sont effondrées et que la population a subi les tensions et les restrictions induites par la pandémie », a ajouté le ministre de la Défense, Netanyahu, pour sa part, a « continué à inciter et à diviser pour la seule et unique raison qu’il veut d’abord servir ses intérêts personnels et trouver un moyen d’échapper au tribunal… Il m’a trompé, il vous a trompés, il a menti à de trop nombreuses reprises. Et il doit payer aujourd’hui ».

Se tournant vers les leaders des multiples partis de centre-gauche et de centre-droit qui sont apparus ces dernières semaines, Gantz a appelé de ses vœux une alliance réunissant ceux qui s’opposent au Premier ministre, laissant entendre qu’il ne s’attendait guère à prendre la tête d’une telle union.

Il a vivement recommandé à Yair Lapid (Yesh Atid), Ron Huldai (HaIsraelim), Moshe Yaalon (Telem), Avigdor Liberman (Yisrael Beytenu), Nitzan Horowitz (Meretz), Itzik Shmuli (parti Travailliste) et Yaron Zelekha (Nouveau parti économique) de se réunir afin de « chercher et de trouver le moyen » de mettre en place l’union.

« Nous sommes à un moment crucial. Nous ne pouvons pas laisser [Netanyahu] réduire nos partis en miettes », a-t-il dit.

« J’appelle tous ceux pour qui Israël est important, tous ceux qui ne suivront pas Bibi, à laisser leurs egos de côté », a-t-il continué, utilisant le surnom donné au Premier ministre. « Réunissons-nous demain dans une salle et trouvons des solutions. Nous nous unirons dans l’intérêt du pays, sans querelles d’ego, en nous tenant à l’écart nos griefs du passé. Je suis prêt à sacrifier énormément pour que Bibi s’en aille. Si nous savons nous débarrasser de nos egos, nous saurons nous débarrasser de Bibi ».

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, à la tête d’une réunion de faction à la Knesset, le 30 novembre 2020. (Crédit : Yesh Atid)

Réagissant à l’annonce, Yesh Atid a fait savoir que le parti était prêt à faire « tous les efforts visant à former des alliances qui entraîneront la formation d’un gouvernement sain et libéral, qui saura faire changer le pays ».

Une source du parti a toutefois déclaré au Times of Israel que « les gens sérieux savent comment mener sérieusement des négociations, et ce n’est pas à travers la presse ».

Le chef d’Yisrael Beytenu Avigdor Liberman a, pour sa part, rejeté l’appel lancé par Gantz, sans mâcher ses mots.

« Nous avions une chance de remplacer Netanyahu », a-t-il écrit sur Twitter. « Mais vous avez choisi d’être ‘Premier ministre réserviste’. La seule chose que vous pouvez faire aujourd’hui pour le pays, c’est annoncer que vous ne vous présenterez pas à la prochaine Knesset ».

Le chef du Meretz, Nitzan Horovitz, a lui aussi rejeté cet appel à l’union, disant dans un communiqué que « nous vous avons recommandé au poste de Premier ministre à trois occasions et vous avez jeté le bloc anti-Netanyahu à la poubelle et craché au visage de vos électeurs. Vous avez fait la seule chose que vous aviez promis de ne pas faire et vous avez donné à Netanyahu un gouvernement ».

Le député Ofer Shelah de Yesh Atid. (Flash90)

Avant le discours prononcé par Gantz, le législateur Ofer Shelah, qui a quitté Yesh Atid pour former le parti Tnufa, avait demandé à ce que son mouvement s’unisse avec le parti Travailliste et HaIsraelim, la formation de Ron Huldaï.

« Un petit peu plus de deux mois avant le jour des élections, la carte politique est encore floue mais le bloc de centre-gauche est brisé », avait déclaré Shelah. « J’en appelle à Ron Huldai, Avi Nissenkorn et aux leaders du parti Travailliste : Rencontrons-nous. Vous me connaissez tous. Il n’y a pas de condition préalable. Négocions et formons cet ensemble qu’attend notre camp tout entier ».

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