La France espère des sanctions européennes contre les résidents d’implantations « dans les prochains jours »
Les sanctions "ont été bloquées depuis un an par un veto hongrois, veto qui pourrait être levé", a estimé le ministre français des Affaires étrangères
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Jeudi, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré espérer que des sanctions européennes soient adoptées « dans les prochains jours » contre les résidents d’implantations « responsables de meurtres de Palestiniens ou d’incendies en Cisjordanie ».
« Notre objectif est que les choses changent et que le gouvernement israélien modifie sa politique : à Gaza, il doit permettre l’accès à l’aide humanitaire ; en Cisjordanie, il doit mettre fin à la colonisation illégale et à l’explosion des violences perpétrées par des colons extrémistes et violents », a déclaré le chef de la diplomatie française sur France Info.
« Je plaide depuis un an pour que des sanctions soient prises à l’encontre des entités ou des individus responsables de meurtres de Palestiniens ou d’incendies en Cisjordanie. Ces sanctions européennes ont été bloquées depuis un an par un veto hongrois, veto qui pourrait être levé, et je pense que nous parviendrons à prendre ces sanctions dans les prochains jours », a-t-il poursuivi.
Les tensions en Israël et en Cisjordanie sont montées en flèche depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes ont fait irruption en Israël par la frontière de Gaza dans le cadre du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, tuant plus de 1 200 personnes et prenant 251 otages.
Depuis le 7-Octobre, les troupes ont arrêté quelque 6 000 Palestiniens recherchés à travers la Cisjordanie, dont plus de 2 350 affiliés au Hamas.
Selon le ministère de la Santé de l’Aurorité palestinienne (AP), plus de 1 000 Palestiniens de Cisjordanie ont été tués au cours de cette période. L’armée israélienne affirme que la grande majorité d’entre eux étaient des terroristes armés tués lors d’échanges de tirs, des émeutiers qui se sont heurtés aux troupes ou des terroristes qui menaient des attaques.
Au cours de la même période, 65 Israéliens, dont des membres des forces de sécurité, ont été tués dans des attaques terroristes palestiniennes en Israël et en Cisjordanie. Huit autres membres des forces de sécurité ont été tués lors d’affrontements avec des terroristes en Cisjordanie.
Interrogé sur la possibilité de suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, le ministre s’est montré plus prudent.
Rappelant « l’attachement indéfectible » de la France à la sécurité d’Israël, il a affirmé que « si le gouvernement israélien ne change pas sa politique, notamment à Gaza et en Cisjordanie, on ne pourra pas faire comme si de rien n’était ».
« Mais c’est une décision qui sera prise au niveau européen », a-t-il dit. Une suspension partiale qui requiert au moins 15 pays, proposée par certains pays, n’avait pas pu être votée.
Mardi, le président Emmanuel Macron a jugé qu’une telle suspension était une « interrogation légitime » si Israël « continue cette politique qui contrevient à son histoire », lors de la visite à Paris du Premier ministre libanais, Nawaf Salam, dont le pays est bombardé par Israël depuis le début du mois de mars, en représailles à des attaques du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah pro-République islamique.
« Ce n’est pas le moment, alors qu’Israël a accepté un cessez-le-feu pour le Liban et s’est engagé dans des discussions, de précipiter une confrontation », a déclaré le président français, préférant temporiser avant de clarifier la position de la France. « Mais les choses ne peuvent pas continuer comme il y a quelques années, c’est évident », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à l’Élysée avec Salam.
Samedi, deux militaires français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) sont morts dans une embuscade attribuée au Hezbollah.
S’en prendre à des Casques bleus identifiables est « constitutif d’un crime de guerre », a souligné Barrot.
La FINUL avait également rappelé samedi que « les attaques délibérées contre les Casques bleus constituent de graves violations du droit international humanitaire, ainsi que de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, et peuvent s’apparenter à des crimes de guerre ».
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