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La police enquête sur un tweet critiquant Regev ; certains dénoncent une politique orwellienne

L'enquête pour "menaces" présumées contre la ministre des Transports est considérée par certains comme une répression de la liberté d'expression à des fins politiques

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

L'image générée par l'IA postée sur X par le conseiller média Itzik Elrov d'une femme ressemblant à la ministre des Transports Miri Regev couverte de pop-corn prétendument trempé dans du sang dans une publication critiquant la gestion par le gouvernement de la guerre contre le Hamas. (Crédit : Capture d'écran/X ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)
L'image générée par l'IA postée sur X par le conseiller média Itzik Elrov d'une femme ressemblant à la ministre des Transports Miri Regev couverte de pop-corn prétendument trempé dans du sang dans une publication critiquant la gestion par le gouvernement de la guerre contre le Hamas. (Crédit : Capture d'écran/X ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

La police israélienne et le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, ont fait l’objet de vives critiques après l’ouverture d’une enquête criminelle à l’encontre d’un conseiller en médias et en stratégie politique pour une publication en ligne dans laquelle il critiquait la gestion de la guerre contre le Hamas par le gouvernement.

Gilad Kariv (Avoda) a implicitement accusé Ben Gvir d’avoir émis une « consigne politique » en demandant une enquête sur Itzik Elrov. Il a également accusé Ben Gvir de tentative de répression de toute opposition. Le groupe de surveillance Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël a décrit l’incident comme étant digne de la vision dystopique de George Orwell dans « 1984 ».

La publication incriminée d’Elrov, publiée sur X il y a deux semaines, comprenait une image générée par une intelligence artificielle (IA) d’une femme supposée ressembler à la ministre des Transports Miri Regev, couverte de pop-corn rouge, avec la mention « Du pop-corn couvert du sang de ceux qui sont tombés au champ d’honneur. »

L’image faisait référence à un incident au cours duquel Miri Regev aurait fait mine de sortir un paquet de pop-corn lors d’une discussion animée sur les plans de l’après-guerre dans la bande de Gaza, lors d’une réunion du cabinet de sécurité. Regev a été vivement critiquée pour avoir paru traiter à la légère une guerre particulièrement dévastatrice. Certains y ont vu une illustration criante de l’incompétence du gouvernement dans la gestion de la guerre.

Elrov a par la suite supprimé sa publication.

Mardi, Elrov a été interrogé sous caution au poste de police de Petah Tikva, pour soupçon de menaces à l’encontre d’une ministre, a-t-il déclaré.

Cette mesure a été prise après le rejet par le Bureau du procureur de l’État d’une demande de la police de Petah Tikva d’ouvrir une enquête sur Elrov pour incitation à la haine.

Contrairement aux enquêtes sur l’incitation à la haine, la police n’a besoin d’aucune autorisation pour ouvrir une enquête sur des menaces présumées.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir dirigeant une réunion de la faction Otzma Yehudit, à la Knesset, à Jérusalem, le 5 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Bien que la publication d’Elrov ne contienne aucune menace, la police a souligné  la présence de commentaires hostiles à l’encontre de Regev écrits par un autre utilisateur sur X dans une réponse à la publication d’Elrov avant qu’elle ne soit supprimée.

La police a également rejeté les allégations d’ingérence politique.

« La police israélienne a ouvert une enquête après avoir reçu une plainte pour suspicion de menaces liées à la publication d’une photo d’une ministre en exercice couverte de taches de sang, accompagnée de commentaires tels que ‘Nous en finirons avec vous, nous vous poursuivrons jusqu’à votre dernier jour’, a déclaré la police en réponse à des questions concernant l’enquête.

En réponse aux critiques sur son allusion au pop-corn, Regev avait qualifié les articles sur ses commentaires de « calomnies diaboliques » et s’était engagée à « agir par des moyens légaux et à épuiser tous ses droits contre les chaînes de télévision, les journalistes, les empoisonneurs et les semeurs de haine qui la diffament ».

L’avocat Eliad Shraga, chef du Mouvement pour un gouvernement de qualité, a rejeté l’affirmation selon laquelle il n’y avait pas d’ingérence ministérielle dans le travail de la police et a déclaré que l’enquête constituait une tentative d’étouffer la liberté d’expression.

« La liberté d’expression est une valeur suprême dans un pays démocratique. Le fait que la police de Ben Gvir arrête et interroge les gens pour leurs pensées et leurs propos prouve que George Orwell avait raison, 1984 est déjà là », a affirmé Shraga.

« C’est à cela que ressemble le début de la fin de la démocratie », a-t-il ajouté, demandant à la police de révéler « qui a fait pression sur elle pour qu’elle mène cette enquête politique ».

Kariv a déclaré qu’il ne pouvait y avoir aucune explication raisonnable pour que la publication d’Elrov, « aussi tranchante qu’elle puisse être », justifie une enquête.

« Cette enquête est embarrassante et dérangeante [et a pour but] de nous réduire au silence. Quelqu’un au sein de la police a estimé qu’il était préférable d’intimider un citoyen en menant une enquête bidon plutôt que de tracer une ligne rouge auprès de la ministre, ses assistants ou ses partisans », a souligné Kariv.

La ministre des Transports, Miri Regev, s’adresse aux médias après une audience du tribunal de première instance de Tel Aviv, le 31 janvier 2024 (Flash90)

Elrov, ancien conseiller du chef du Shas, Aryeh Deri, et de l’ancien chef du parti travailliste, Avi Gabbay, a refusé de critiquer la police, mais a vivement critiqué le gouvernement pour l’enquête.

« Tout citoyen soucieux de démocratie, qu’il soit de gauche ou de droite, devrait s’inquiéter de la tournure des événements », a-t-il écrit sur X, appelant le gouvernement à démissionner.  « Un gouvernement désaxé (…) qui se comporte comme une bande de bouffons ivres avec des paquets de pop-corn et des bouteilles de vodka, alors que plus de 130 otages israéliens se trouvent encore dans les tunnels du Hamas ».

Depuis le début de la guerre en réponse aux atrocités du 7 octobre, la police a fait l’objet de nombreuses critiques pour avoir ouvert des enquêtes contestables menées sur fond de répression présumée de la liberté d’expression.

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