La Syrie dévoile son plan de destruction des armes chimiques d’Assad
Selon les experts de l'OIAC, ce sont pas moins de 100 sites en Syrie qui doivent être inspectés pour déterminer quelles armes toxiques subsistent encore et comment les éliminer
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La Syrie, avec l’appui de Washington, a annoncé un plan prévoyant l’élimination des armes chimiques héritées du régime de Bachar al-Assad, qui en avait fait usage contre sa propre population.
Pendant des décennies, Assad a orchestré un vaste programme d’armes chimiques, qui ont tué et blessé des milliers de personnes au cours de la longue guerre civile qui a ravagé la Syrie.
Malgré la signature par Damas de la Convention sur les armes chimiques en 2013 et la déclaration d’un stock de 1 300 tonnes, le recours à ces armes interdites s’est poursuivi, et la réelle ampleur du programme reste floue.
Une force opérationnelle internationale, soutenue notamment par les États-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, le Canada et la France, sera chargée de localiser tous les éléments restants du programme et de les détruire, sous la supervision de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), a déclaré l’ambassadeur de Syrie auprès des Nations unies, Ibrahim Olabi, lors d’une interview.
Selon les experts de l’OIAC, ce sont pas moins de 100 sites en Syrie qui doivent être inspectés afin de déterminer quelles munitions toxiques subsistent encore, et comment procéder à leur destruction.
Dans cette zone marquée par les conflits et les troubles politiques, empêcher la prolifération des armes de destruction massive nécessitera de mener une opération longue et coûteuse. L’intensification de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, ainsi que les préoccupations plus générales en matière de sécurité régionale, compromettent le calendrier de la mission mais la rendent d’autant plus nécessaire pour empêcher toute utilisation future, ont déclaré des responsables.
« Nous n’avons aucune idée de ce qui reste. Il s’agissait d’un programme secret », a expliqué Olabi. « C’est au gouvernement syrien qu’il revient, en substance, de mettre la main sur ces installations et de les déclarer. »
Une source diplomatique s’exprimant sous couvert d’anonymat pour aborder ce sujet sensible, a indiqué que ces 100 sites pouvait être aussi bien des bases militaires que des laboratoires ou des bureaux.
« Il faudra probablement plusieurs mois, voire plusieurs années, pour venir à bout de cette tâche. Et bien sûr, la situation actuelle au Moyen-Orient ne facilite pas le processus d’élimination des vestiges du programme d’armes chimiques d’Assad », a précisé cette source.
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