L’accord sur l’eau entre Israéliens, Palestiniens et Jordaniens en bonne voie
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L’accord sur l’eau entre Israéliens, Palestiniens et Jordaniens en bonne voie

L'idée de pomper l'eau de la Mer rouge pour sauver le mer Morte, qui borde les territoires des trois peuples, pourrait voir le jour bientôt, sous impulsion jordanienne

Le littoral en recul laisse une fine croûte de sel quand le niveau de la mer Morte chute de plus d'un mètre, comme dans cette zone photographiée le 11 janvier 2017. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israël)
Le littoral en recul laisse une fine croûte de sel quand le niveau de la mer Morte chute de plus d'un mètre, comme dans cette zone photographiée le 11 janvier 2017. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israël)

« Avant 1967, l’eau était à dix minutes de marche de chez moi, maintenant, il faut une heure, » explique au journal Capital Moussa Salim al-Athem un maraîcher qui travaille au sud de la mer Morte, et qui l’a vue se retirer un peu plus d’année en année. Aujourd’hui, le niveau de la mer chute de plus d’un mètre par an.

Lorsque les leaders israéliens, palestiniens et jordaniens se sont réunis en juillet 2017, en compagnie de Jason Greenblatt à l’hôtel King David pour annoncer la signature d’un accord trilatéral capital sur l’eau, ils ont indiqué que l’accord « mer rouge-mer Morte » présenterait un double avantage pour le Moyen-Orient.

Cet accord comprend une nouvelle usine de désalinisation qui répondrait, selon les estimations, aux besoins en eau de la région. Tandis que les sous-produits salés de l’épurateur seraient pompés au nord pour venir au secours de la mer Morte, dont le niveau baisse de manière dramatique et qui est sur le point de devenir une mare marécageuse et salée d’ici 2050.

Mais de très nombreux experts doutent ouvertement de la faisabilité d’une telle entreprise, portée davantage par des personnalités politiques qui tentent de sauver ce patrimoine écologique, touristiques et économique qu’est la mer Morte, et qui semble condamné à devenir une sorte d’immense marécage.

« En cause, explique Capital, les exploitations intensives de potasse, qui accélèrent son évaporation, mais surtout la diminution du débit du fleuve Jourdain, de plus en plus exploité par les deux pays qu’il borde, Jordanie et Israël »

Ci-dessus : Jaky Ben Zaken, habitant de la mer Morte, présente son travail dans notre vidéo 360°. Cliquez ou bougez votre téléphone, pour explorer les environs.

Du fait du retrait de l’eau, de nombreuses dolines sont apparues. Il s’agit de crevasses qui se forment lorsque la roche calcaire sous la surface se dissout par les eaux souterraines. Elles sont apparues autour de la mer Morte à la fin des années 1980.

En 1990, il y avait un peu plus de 100 dolines, selon le Geological Survey of Israël. Depuis 2005, la situation est critique. En effet, le nombre et la taille des dolines ont considérablement augmenté. Et l’on en compte plus de 6 000 dolines. De nouvelles se forment chaque jour.

Si pour beaucoup ce projet pharaonique était une belle, mais irréalisable utopie, d’autres pensent que l’heure de sa réalisation approche.

« On n’a jamais été aussi près du but, il manque la dernière impulsion des autorités jordaniennes et israéliennes », souligne M. Maurel qui travaille sur ce projet pour l’Agence française de développement.

En juillet 2017, les discussions entre Israël et la Jordanie ont été stoppées net après qu’un agent des forces de sécurité de l’ambassade israélienne à Amman a tué deux assaillants jordaniens, créant une crise diplomatique entre les deux pays. « Elles seraient en train de redémarrer, après qu’Israël a présenté ses excuses mi-janvier, » selon Capital, qui ajoute qu’à Amman, on s’affiche déterminé à avancer, avec ou sans Israël ».

« C’est une question de sécurité nationale », explique le secrétaire général de l’Autorité jordanienne de l’eau, Iyad Dahiyat.

Reste à savoir si on s’active autant du côté israélien. Et s’il on n’est prêt à débloquer l’enveloppe nécessaire, dont le montant annoncé lors des précédentes négociations atteignait les 140 millions de dollars.

Mélanie Lidman a contribué à la rédaction de cet article.

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