L’armée se prépare à des tensions à la frontière gazaouïe
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L’armée se prépare à des tensions à la frontière gazaouïe

Au lendemain du meurtre accidentel d'un membre du Hamas par Tsahal, le groupe terroriste promet des "conséquences" ; mais un ancien haut gradé pense que ce dernier a trop à perdre

Un manifestant palestinien jette un cocktail molotov vers un véhicule militaire israélien durant des manifestations le long de la frontière avec Israël, à l'est de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 5 juillet 2019 (Crédit :  SAID KHATIB / AFP)
Un manifestant palestinien jette un cocktail molotov vers un véhicule militaire israélien durant des manifestations le long de la frontière avec Israël, à l'est de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 5 juillet 2019 (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

L’armée israélienne se prépare à un vendredi après-midi potentiellement violent  à la frontière gazaouïe, après qu’un agent du Hamas a été abattu par des soldats, « un malentendu » pour l’armée.

Fait rare, Tsahal a reconnu jeudi que l’homme avait été pris par erreur pour un terroriste armé, alors qu’il tentait d’empêcher de jeunes Palestiniens de franchir la barrière de sécurité.

Ce communiqué semblait relever d’une tentative d’apaisement des tensions à la frontière gazaouïe par l’armée et d’une volonté d’éviter un autre cycle de violence.

La branche armée du Hamas a déclaré qu’elle ne laisserait pas cette mort « impunie » et qu’Israël « payerait les conséquences de cet acte criminel ».

Eitan Dangot, l’ancien coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Vendredi matin, un ancien officier de liaison israélien avec les Palestiniens a jugé que le Hamas ne se lancerait pas dans une escalade majeure avec Israël malgré l’incident de jeudi.

Eitan Dangot, ancien Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, a expliqué à la radio de l’armée qu’il était dans l’intérêt du groupe terroriste de maintenir la paix et de respecter le cessez-le-feu, car cela permettait d’entrevoir une amélioration de la situation économique dans la bande.

« Il y a du progrès ici et un potentiel économique, et le Hamas doit y réfléchir, veut-il gâcher tout ça ? », a estimé Eitan Dangot. « Il a beaucoup à perdre si les choses deviennent incontrôlables… Je ne pense pas qu’il y aura de grave escalade aujourd’hui. »

L’agent de terrain du Hamas tué accidentellement s’appelait Mahmoud Ahmad Sabri al-Adham, âgé de 28 ans.

Sa mort menace de relancer un cycle de violence entre Israël et les organisations terroristes de Gaza. Depuis un an et demi, les deux camps se sont affrontés à plusieurs reprises — les groupes terroristes tirant obus de mortier, roquettes et missiles sur des villes et localités israéliennes, et l’armée se livrant à des frappes aériennes en représailles — souvent en conséquence de petits incidents le lon de la frontière.

L’incident de jeudi est survenu dans une période de calme relatif près de la clôture frontalière généralement agitée, après un accord de cessez-le-feu entre l’État juif et le Hamas.

Ces derniers jours, les leaders de l’organisation soutenue par l’Iran ont menacé de reprendre les violences dans la zone — émeutes et attaques incendiaires — si Israël ne respectait pas les termes de l’accord.

Mardi, le Hamas a organisé un exercice d’entraînement hautement inhabituel qui simulait la capture de forces spéciales israéliennes opérant dans le territoire.

Judah Ari Gross et l’AFP ont contribué à cet article.

 

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