Le Hamas organise un exercice militaire simulant une incursion de Tsahal à Gaza
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Le Hamas organise un exercice militaire simulant une incursion de Tsahal à Gaza

Cet exercice rarissime semble lié à une opération de l'armée israélienne de novembre ayant mal tourné et survient au lendemain de la découverte d'un 18e tunnel d'attaque

Défilé militaire des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, à Gaza Ville, le 25 juillet 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)
Défilé militaire des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, à Gaza Ville, le 25 juillet 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Dans un contexte de tensions accrues entre Israël et le Hamas, le groupe terroriste de Gaza a réalisé un exercice inhabituel dans la nuit de mardi à mercredi, qui visait à simuler la capture des forces spéciales de l’armée israélienne opérant dans le territoire.

Les Gazaouis avaient signalé une hausse des mouvements de personnel armé dans les rues, et notamment à la frontière avec Israël, avant que le ministère de l’Intérieur contrôlé par le Hamas annonce qu’il s’agissait d’un exercice militaire.

Cet exercice a donné lieu à un niveau d’alerte maximal au sein des agences de sécurité dans l’enclave, une mobilisation générale des réservistes des services de sécurité, le déploiement de barrages routiers, et la fermeture, par le Hamas, de tous les points de passages terrestres et maritimes. Les pêcheurs ont reçu l’interdiction d’aller en mer.

La police, les unités de renseignement et la branche armée du groupe terroriste – la brigade Ezzedine al-Qassam – ont été mobilisés.

Iyad al-Bozm, porte-parole du ministère de l’Intérieur à Gaza, a déclaré sur Twitter : « le ministère de l’Intérieur de la Sécurité nationale mène actuellement un exercice d’urgence pour simuler la gestion d’une menace sécuritaire soudaine. Il se déroule dans le cadre de l’examen du niveau de préparation des forces de sécurité et des services ».

Les membres des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du mouvement Hamas, lors des funérailles du membre du Hamas Ahmed al-Zahar, mort dans l’effondrement d’un tunnel dans le village d’Al-Moghrabi, près du camp de réfugiés de Nuseirat dans le centre de la bande de Gaza, le 3 février 2016. (Crédit : Mahmud Hms/AFP)

Des responsables du Hamas ont déclaré aux médias arabophones que l’exercice simulait une incursion par les forces israéliennes. Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur, cet exercice fait suite à « des tentatives par nos ennemis de saboter la sécurité et l’ordre publics ».

L’exercice semble lié à une opération des forces spéciales de l’armée israélienne dans la bande de Gaza ayant mal tourné, après qu’un agent infiltré a été découvert, causant la mort d’un officier israélien.

Une enquête de l’armée israélienne, dont les résultats ont été publiés dimanche, met en évidence certaines erreurs tactiques et la mauvaise planification ayant conduit à l’échec de l’opération, aux côtés d’actions courageuses par les membres de l’unité qui ont pris part au raid et qui ont empêché une issue encore plus tragique. L’enquête indique que le
« lieutenant-colonel M » a été touché par une balle tirée par un autre officier en direction de terroristes du Hamas.

Cet échec avait grandement agité le département du renseignement militaire, et notamment conduit à la démission du commandant de la Division des opérations spéciales de la Direction du renseignement – qui ne peut être identifié que par son grade et la première lettre hébraïque de son nom – le général de brigade « Guimel ».

Selon des responsables du Hamas, des soldats de la Sayeret Matkal menaient une opération complexe pour mettre sur écoute le matériel de communication du groupe terroriste à Gaza. Ils auraient traversé la bande en camionnettes civiles et seraient allés jusqu’à environ trois kilomètres de la frontière.

Israël n’a confirmé aucune de ces affirmations.

Des Palestiniens autour des décombres d’une voiture qui aurait été détruite par une frappe israélienne à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 novembre 2018. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Lundi, à l’occasion du cinquième anniversaire de la guerre Israël-Gaza appelée Opération Bordure protectrice en Israël, la branche armée du Hamas a diffusé un communiqué saluant « les préparations incessantes et les batailles de l’esprit avec Israël » depuis les dernières hostilités.

Le Hamas a ajouté qu’Israël « a vu la puissance de la résistance dans la bataille de Khan Younès » – en référence à l’opération du 11 novembre, au cours de laquelle 6 hommes armés du Hamas ont été tués – « dont les résultats continuent d’ébranler les fondations de l’établissement de la défense israélienne et de l’armée. »

Le communiqué ajoutait que « la résistance a des capacités puissantes supplémentaires qui n’ont pas encore été dévoilées ».

L’exercice militaire du côté palestinien de la frontière survient alors que l’armée israélienne continue d’enquêter sur un tunnel d’attaque transfrontalier souterrain découvert lundi.

L’armée a déclaré mardi que ce tunnel semblait être une ramification d’un ancien tunnel.

Le tunnel a été découvert pendant la construction d’une barrière souterraine autour de l’enclave côtière.

Mardi également, le ministre de la Sécurité intérieure a déclaré qu’Israël « n’a pas été loin d’une possibilité d’une opération militaire à Gaza ces dernières semaines, mais cela dépend lourdement de ce que le Hamas fera dans les semaines à venir », selon la Treizième chaîne.

Le mois dernier, Israël et le Hamas ont conclu un accord de cessez-le-feu. Un responsable israélien a confirmé que le pays avait accepté certaines concessions économiques en faveur de Gaza, en échange de la fin des attaques incendiaires et des violences frontalières. Israël avait également accepté d’étendre la zone de pêche à 15 milles nautiques et de restaurer l’approvisionnement en carburant au territoire palestinien.

Cet accord a mis fin à une flambée des violences qui s’est manifestée par des tirs de roquettes et des frappes de représailles de l’aviation israélienne.

Depuis l’entrée en vigueur de l’accord, le nombre d’attaques incendiaires a considérablement baissé, sans disparaître complètement.

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