Le Hamas offre un million de $ pour le nom des soldats du raid de novembre
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Le Hamas offre un million de $ pour le nom des soldats du raid de novembre

Le groupe terroriste a diffusé des images de surveillance issues, selon lui, de l'opération manquée il y a deux mois. Elles ont été censurées partiellement en Israël

Le groupe palestinien du Hamas, à la tête de la bande de Gaza, a diffusé samedi une vidéo de surveillance montrant, selon lui, des extraits de l’opération menée par les forces spéciales israéliennes au sein de l’enclave côtière, il y a deux mois, et qui avait mal tourné. Les soldats sous couverture avaient été découverts et les échanges de tirs qui avaient suivi avaient entraîné la mort d’un commandant de l’armée israélienne et de sept terroristes palestiniens – notamment celle d’un responsable de l’aile militaire du Hamas.

Le groupe terroriste a également offert un million de dollars de récompense pour toute information permettant de trouver les identités des membres des forces spéciales israéliennes impliqués.

L’opération du 11 novembre – dont les détails ont été placés en grande partie sous embargo par l’armée israélienne – s’était gâtée lorsque les soldats sous couverture avaient été remarqués à proximité de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Cet incident avait entraîné des représailles du Hamas et avaient mené à l’escalade de violences la plus meurtrière entre les deux parties depuis la guerre de 2014. Le censeur militaire israélien a placé sous embargo certaines déclarations faites samedi par le Hamas.

Samedi, le Hamas – qui a juré de détruire Israël – a indiqué avoir terminé son enquête sur le raid israélien, ne transmettant finalement que peu de détails. Selon l’organisation terroriste, les forces spéciales israéliennes se préparaient à l’opération depuis au moins dix mois et elles étaient entrées au sein de l’enclave côtière à plusieurs occasions dans les semaines qui avaient précédé. Il a expliqué que l’équipe, formée de 15 personnes – dont certaines ont pris part à l’opération – possédaient des documents falsifiés et s’étaient présentés comme étant des employés d’une agence d’aide.

Le Hamas a prétendu que l’objectif du raid était d’installer des dispositifs – déjà clandestinement entrés via le poste-frontière de Kerem Shalom – permettant à l’Etat juif d’espionner ses communications. Le groupe terroriste a clamé être parvenu à sauvegarder des informations précieuses de ces équipements.

La séquence en vidéo, diffusée sur la chaîne de télévision du Hamas et via l’agence de presse Shehab, affiliée au groupe terroriste, est composée d’images de surveillance et d’une reconstitution animée de l’opération. Sur une série d’images, on voit deux véhicules commerciaux qui, selon le Hamas, auraient été utilisés par l’équipe israélienne circulent aux abords de Khan Younès. La vidéo affirme également montrer deux membres des forces spéciales israéliennes, un homme et une femme, dans ce qui semble être une épicerie.

Un véhicule commercial à Gaza qui, selon le Hamas, aurait été utilisé lors d’une opération spéciale qui a mal tourné, le 11 novembre 2018 (Capture d’écran)

A un certain point, les voitures ont fait éveillé les soupçons d’un commandant du Hamas qui a alors commencé à les suivre. Les équipes ont été ensuite arrêtées et interrogées.

S’exprimant samedi lors d’une conférence de presse, Abu Obaida, porte-parole de l’aile militaire du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, a expliqué que le groupe offrirait sa grâce aux éventuels « collaborateurs » ayant aidé les équipes israéliennes et qui permettraient d’identifier ces dernières. Il a noté que le Hamas offrirait un million de dollars contre des informations sur les militaires.

Le groupe terroriste a également diffusé des photos des armes et autres équipements – notamment des tronçonneuses – qui auraient été saisies aux équipes israéliennes.

L’armée israélienne mène sa propre enquête sur l’incident.

Dans une interview accordée à la chaîne Hadashot et qui a été diffusée samedi soir, le chef d’Etat-major sortant Gadi Eizenkot a déclaré qu’au cours de l’opération, durant laquelle les militaires ont été les premiers à ouvrir le feu, « entre 16 et 20 membres du Hamas ont été tués et 40 autres ont été blessés ».

Eizenkot n’a pas qualifié de « réussite » ce raid mais il a noté que les forces spéciales « ont pu terminer de nombreuses opérations menées ces dernières années au bénéfice de la sécurité israélienne ».

S’exprimant devant les caméras de la Dixième chaîne, samedi, Eizenkot a dit qu’il « y a eu des erreurs » au cours de l’opération mais aussi « des actions héroïques ».

Ces derniers mois, le Hamas a arrêté des dizaines de Palestiniens soupçonnés d’avoir prêté main-forte aux soldats israéliens. Début janvier, le groupe a noté avoir arrêté « 45 agents après l’incident sécuritaire survenu à l’est de Khan Younès au mois de novembre dernier, qui font actuellement l’objet d’une enquête ».

Une version floutée approuvée par le censeur militaire des photos publiées par le groupe terroriste du Hamas, le 22 novembre, qui affirme montrer les soldats israéliens ayant participé à une opération à Gaza au mois de novembre

Le Hamas avait dans le passé publié les photos de huit personnes et de deux véhicules qui, selon lui, étaient liés à l’opération israélienne, amenant le censeur militaire israélien à appeler le public et les médias à ne pas diffuser ces images.

« Le Hamas s’efforce de comprendre et d’analyser l’incident survenu le 11 novembre à Gaza et toute information – même si elle semble futile par ceux qui la diffusent – peut mettre des vies en péril et représenter un risque pour la sécurité de l’Etat, » avaient déclaré les militaires à ce moment-là.

Le Hamas n’avait pas identifié les individus présentés sur les photos.

Suite à l’opération, les terroristes palestiniens à Gaza avaient lancé plus de 460 roquettes et obus de mortier vers Israël ainsi qu’un missile anti-tank qui avait touché un bus qui, selon le Hamas, était utilisé par l’armée israélienne.

En tout, environ 27 Israéliens avaient été blessés dont trois gravement.

Un Palestinien originaire de la Cisjordanie avait été tué lorsqu’une roquette de Gaza avait frappé une habitation d’Ashkelon, dans le sud d’Israël, où il s’était rendu pour le travail.

L’Etat juif avait riposté par d’importantes frappes aériennes dans la bande de Gaza qui avaient fait sept morts en l’espace de vingt-quatre heures.

Des Palestiniens autour des décombres d’une voiture qui aurait été détruite par une frappe israélienne à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 novembre 2018 (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Un cessez-le-feu négocié par l’Egypte, le 13 novembre, avait mis un terme au conflit qui avait fait redouter l’éclosion d’une quatrième guerre entre l’Etat juif et les terroristes palestiniens de Gaza depuis 2008.

Au mois de décembre, un tribunal militaire de Gaza avait condamné six personnes et notamment une femme à la peine capitale pour « collaboration » avec Israël. Mais le ministère de l’Intérieur avait fait savoir qu’ils n’étaient pas liés directement à l’incursion du mois de novembre.

Selon le Centre palestinien pour les droits de l’Homme, 28 exécutions ont eu lieu à Gaza depuis que le Hamas a pris le contrôle de l’enclave côtière en 2007 des mains de son rival, le Fatah.

Le Hamas et ses alliés ont combattu trois guerres avec Israël depuis 2008 et la bande fait l’objet d’un blocus israélien depuis une décennie.

L’Etat hébreu estime que cette mesure est nécessaire pour isoler le Hamas et empêcher le groupe terroriste de s’armer. Pour les critiques, ce blocus équivaut à une sanction collective adoptée à l’encontre des deux millions d’habitants de Gaza. Groupe terroriste islamiste, le Hamas cherche à détruire Israël.

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