Le début des couvre-feux reporté à mardi
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Le début des couvre-feux reporté à mardi

Les partis religieux, membres du gouvernement d'union de Benjamin Netanyahu ont exhorté ces derniers jours le Premier ministre à opter pour un nouveau confinement moins strict

Des Juifs ultra-orthodoxes étudient la torah en petits groupes à la yeshiva  Imrei Emes de Gur (Hasidic dynasty) dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 16 juin 2020. (Photo par Yossi Zeliger/Flash90)
Des Juifs ultra-orthodoxes étudient la torah en petits groupes à la yeshiva Imrei Emes de Gur (Hasidic dynasty) dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 16 juin 2020. (Photo par Yossi Zeliger/Flash90)

Après des taux de contamination records à travers le pays depuis août, Israël a décidé de réimposer un confinement, partiel. Prévu initialement à partir de lundi soir dans une quarantaine de villes dont des secteurs arabes du nord et l’ultra-orthodoxe Bnei Brak, il a été reporté à mardi soir, a annoncé le ministère de la Santé dans un communiqué lundi.

Dans cette ville-faubourg de Tel-Aviv, des hommes en redingote noire pressaient le pas au petit matin lundi, soulevant dans leur sillage un mince filet de poussière, traversé par les premiers rayons du soleil. Certains tournicotant leurs papillotes en marchant.

Masque bleu, masque blanc, masque improvisé : le masque sanitaire est sur toutes les bouches ou presque, un contraste saisissant avec les premiers jours de la pandémie.

Bnei Brak a été pointée du doigt en mars comme étant la ville des enfants terribles du nouveau coronavirus, poussant le gouvernement à envoyer l’armée pour aider la police à y faire respecter les mesures de confinement.

« Ce devrait être dans l’ensemble du pays, pas seulement nous », lance Avraham, rescapé de la Shoah aux yeux bleus perçants regardant au-dessus de ses lunettes rectangulaires. « Pourquoi nous ? ».

Cet ancien professeur de lycée octogénaire part réciter le Talmud dans une petite synagogue de quartier. A l’intérieur, les hommes sont séparés par des bâches de plastique transparent, une nouveauté due à la pandémie.

A la synagogue, il n’y a actuellement que des doyens. Les cadets, explique-t-il, sont dans des yeshivot – écoles talmudiques – hors de Bnei Brak pour séparer les jeunes des plus vieux, plus à risque.

Les partis religieux, membres du gouvernement d’union de Benjamin Netanyahu ont exhorté ces derniers jours le Premier ministre à opter pour un nouveau confinement moins strict.

« A cause de la résistance des religieux, Netanyahu a décidé d’un couvre-feu la nuit (de 19H00 à 05H00, NDLR) et non d’un confinement total » dans les villes ciblées, se félicite Yaacov, 72 ans, qui aime bien prier en extérieur.

« C’est clair! Nous sommes ciblés » par les nouvelles restrictions, peste Yonathan. Ce nouveau confinement prévoit la fermeture des écoles aussi, ce que Yonathan ignorait…

« Il y a plein d’informations qui ne nous parviennent pas. Nous portons le masque, nous faisons tout ce qu’il faut » contre le coronavirus, conclut-il.

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