Le Département d’Etat US : les « colonies » et le « manque d’espoir » qu’elles suscitent entraîneraient la violence palestinienne
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Le Département d’Etat US : les « colonies » et le « manque d’espoir » qu’elles suscitent entraîneraient la violence palestinienne

Le rapport annuel des États-Unis sur le terrorisme conclut que diverses politiques israéliennes stimulent l'extrémisme palestinien, tandis que l'AP a pris des "mesures importantes" pour atténuer la terreur...

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Des manifestants palestiniens jettent des pierres et brûlent des pneus lors d'affrontements avec les forces de sécurité israéliennes près du checkpoint de Hizma, en Cisjordanie, le 30 septembre 2015. Illustration. (Crédit : Flash90)
Des manifestants palestiniens jettent des pierres et brûlent des pneus lors d'affrontements avec les forces de sécurité israéliennes près du checkpoint de Hizma, en Cisjordanie, le 30 septembre 2015. Illustration. (Crédit : Flash90)

Cet article a été publié en anglais le 21 juillet à 23H57.

WASHINGTON – Un nouveau rapport du Département d’Etat des États-Unis indique qu’une myriade de décisions israéliennes – telles que la construction continue de « colonies » et les opérations militaires agressives en Cisjordanie – entraînaient le terrorisme palestinien, alors que l’Autorité palestinienne fait des efforts considérables pour mettre un terme à cette violence.

Le rapport, une évaluation annuelle du terrorisme mondial publié ce mois-ci, a détaillé un certain nombre d’attaques palestiniennes contre les Israéliens en 2016, y compris à travers des roquettes lancées depuis Gaza, des hommes armés ouvrant le feu sur des civils à Tel-Aviv et de nombreuses autres attaques.

« Israël a de nouveau fait face à des menaces terroristes de terroristes palestiniens de Gaza et de Cisjordanie », a déclaré le rapport, intitulé « Country Reports on Terrorism 2016 ». « Depuis 2015, une série d’attentats de Palestiniens en Israël, Gaza et Cisjordanie ont eu lieu. Les tensions se sont accrues entre Israël et les Palestiniens ».

Mais il a également déclaré qu’Israël était en partie en train de stimuler ces attaques, par des actions qui créent un « manque d’espoir » pour les Palestiniens et les motivent à mener des actes de terreur.

« Les moteurs continus de la violence sont alimentés par un manque d’espoir quant à la création d’un Etat palestinien, la construction de colonies israéliennes en Cisjordanie, la violence des colons contre les Palestiniens en Cisjordanie, la perception que les Palestiniens se font de la position du gouvernement israélien quant au statu quo qui prédominait jusqu’à présent sur le Haram Al Sharif/mont du Temple et les tactiques de l’armée israélienne que les Palestiniens jugent trop agressives », a déclaré le rapport.

Un diagnostic plutôt inhabituel au sein de l’administration du président américain Donald Trump ?

Trump a toutefois argumenté contre les « colonies », les jugeant problématiques pour parvenir à un accord israélo-palestinien. Déclarant en février dernier au quotidien de Sheldon Adelson, Israël Hayom, que les « colonies » « ne contribuaient pas au processus … chaque fois que vous prenez des terres pour les colonies, il reste moins de terre ».

Et lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche le lendemain, il a déclaré aussi qu’il voulait qu’Israël «soit un peu plus dans la retenue pour les colonies».

Le rapport du Département d’Etat a également accordé au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, un grand crédit pour avoir atténuer les tensions en Cisjordanie, en coopérant avec les forces de sécurité israéliennes et en réduisant l’incitation à la violence. Il n’a pas reproché aux dirigeants palestiniens d’avoir commis des attaques terroristes.

L’AP, affirme le rapport, « a pris des mesures importantes pendant le mandat du président Abbas (2005 à ce jour) afin de s’assurer que les institutions officielles en Cisjordanie sous son contrôle ne créent ni ne diffusent de contenu qui incite à la violence ».

« Alors que certains dirigeants de l’AP ont fait des commentaires provocateurs et incendiaires, l’Autorité Palestinienne elle-même a progressé dans l’atténuation de la rhétorique officielle qui pourrait être considérée comme une incitation à la violence », a poursuivi le rapport. « Les appels explicites à la violence contre les Israéliens, les exhortations directes contre les Juifs et les refus négatifs par l’AP de considérer la possibilité d’une paix avec Israël sont rares. Le leadership ne le tolère généralement pas ».

Cette description de la situation contredit la position des Républicains du Capitole, qui ont exhorté l’administration à adopter une position plus sévère contre l’incitation à la violence palestinienne, en particulier contre sa pratique consistant à fournir des prestations d’aide sociale aux familles de terroristes qui tuent des Israéliens.

Travailler dans cette optique au Sénat, grâce à l’arsenal législatif « Taylor Force Act« , réduirait l’aide américaine qui permettraient que des salaires soient versés aux terroristes et à leurs familles. Mercredi, la Maison Blanche a pris sa première position publique sur ce projet de loi, en disant qu’elle soutenait son objectif, mais elle a cessé depuis de l’approuver.

« L’administration est d’accord avec les objectifs ambitieux de la « Taylor Force Act », qui est actuellement entre les mains du Congrès, et nous continuerons à surveiller de près les spécificités de cette législation », aurait cependant déclaré un haut responsable de l’administration au Times of Israël.

Trump lui-même a dénoncé au leader palestinien cette pratique lors de ses réunions à Washington et à Bethléem. Lors de leur dernier entretien, il aurait ainsi crié à Abbas : « Vous m’avez trompé ! Vous avez parlé de votre engagement envers la paix, mais les Israéliens m’ont montré votre participation à l’incitation à la haine ! ».

(Trump se référait à des remarques qu’Abbas aurait faites à ses côtés à Washington deux semaines plus tôt : « Nous transmettons à notre jeunesse une culture de la paix », aurait-t-il déclaré.)

La veille de cet échange, à Jérusalem, le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait montré à Trump un montage vidéo d’Abbas, dans lequel ce dernier faisait des commentaires qui ont encouragé ensuite la violence contre Israël, selon le Washington Post.

Dans le rapport du Département d’Etat, cependant, Abbas est reconnu pour être le dirigeant qui s’est assuré que les leaders religieux en Cisjordanie n’invitent ni ne soutiennent le terrorisme.

« L’Autorité palestinienne contrôle le contenu des discours du vendredi donnés dans environ 1 800 mosquées de la Cisjordanie, ceci afin de ne pas endosser la responsabilité de l’incitation à la violence », a-t-il déclaré. « Chaque semaine, le ministre de l’Autorité palestinienne d’Awqaf et des Affaires religieuses distribue des thèmes approuvés et interdit l’incitation à la violence ».

Une organisation juive a critiqué l’évaluation de la situation par le ministère. Le B’nai Brith International a en effet déclaré qu’il était « profondément préoccupé par la couleur pro-palestinienne » du rapport en question.

« Israël n’incite pas à la violence commise par les Palestiniens. C’est le leadership palestinien – le Fatah et le Hamas – qui incite quotidiennement à la violence contre les Israéliens, a déclaré l’organisation jeudi dans un communiqué. « Les dirigeants palestiniens dédommagent même les terroristes et leurs familles en espèces, récompensant les attaques menées contre les Israéliens ».

L’organisation a ainsi exhorté le Département d’Etat à corriger un rapport décrit comme « partial ».

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