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Le gouvernement doit inciter les startups d’innovation climatique à rester en Israël

Des responsables du capital-risque ont affirmé que les entreprises de technologies climatiques auront plus d'opportunités locales que les autres secteurs high-tech

Une femme se tenant sur le lit sec de la rizière du Pô, lors de la pire sécheresse que l'Italie ait connue depuis 70 ans, à côté du pont Becca, à Linarolo, près de Pavie, en Italie, le 27 juin 2022. (Crédit : AP/Luca Bruno)
Une femme se tenant sur le lit sec de la rizière du Pô, lors de la pire sécheresse que l'Italie ait connue depuis 70 ans, à côté du pont Becca, à Linarolo, près de Pavie, en Italie, le 27 juin 2022. (Crédit : AP/Luca Bruno)

Le gouvernement doit fournir des incitations pour permettre aux entreprises d’innovation climatique, qui peuvent bénéficier aux marchés locaux, de rester en Israël, tout du moins, avant de chercher des marchés plus importants à l’étranger, a-t-on entendu mercredi lors de la première conférence sur l’innovation climatique du pays.

Au cours des derniers mois, plusieurs entreprises locales ont annoncé leur départ à l’étranger. Parmi elles, Future Meat, une entreprise de biotechnologie basée à Jérusalem qui crée des produits à base de poulet, d’agneau et de bœuf à partir de cellules animales, qui va ouvrir une usine de production aux États-Unis, et Remilk, un développeur de lait et de produits laitiers de culture, qui prévoit d’ouvrir la « plus grande » usine au monde pour la production de lait sans vache, au Danemark.

« Israël est un petit marché et les start-ups veulent conquérir le monde », a déclaré Cécile Blilious, responsable de l’impact et de la durabilité chez Pitango, l’un des plus grands fonds de capital-risque israéliens, lors d’une session sur les investissements israéliens dans les technologies climatiques.

« S’il n’y a pas de bonne raison de rester, elles iront aux États-Unis ou sur d’autres grands marchés. »

Mais « Israël pourrait offrir plus d’opportunités pour les technologies relatives au climat », a-t-elle poursuivi.

« Il y a un grand marché en Israël pour l’utilisation des solutions liées au climat – des compagnies de services publics, aux compagnies pétrolières et gazières, aux grandes entreprises. »

Cécile Blilious, du fonds de capital-risque Pitango. (Crédit : Autorisation)

« Ils seront en mesure de s’adapter à la demande, sur la base de leur expérience en Israël. Mais il faut que quelque chose les y incite. Le rôle du gouvernement est de fournir les incitations à l’écosystème pour permettre à ces start-ups d’intégrer leurs solutions en Israël, tout d’abord, afin qu’elles puissent, par la suite, s’adapter à l’échelle des autres pays. »

Notant que les entreprises d’innovation climatique pourraient également trouver des opportunités locales dans la fabrication, Liat Sverdlov, partenaire d’investissement chez OurCrowd, a déclaré que les start-ups qui ne généraient pas encore de revenus avaient actuellement du mal à obtenir des incitations financières de l’État.

De gauche à droite : Hanan Brand, vice-présidente, responsable de la division des start-ups à l’Autorité israélienne de l’innovation, Cécile Blilious, de Pitango, Natalie Refuah, de Viola Growth, Elle Taitou Spruch, de Hanaco, et Liat Sverdlov, de OurCrowd, s’exprimant lors de la première conférence israélienne sur les technologies climatiques, PLANETech World 2022, qui s’est tenue au Centre Yitzhak Rabin, à Tel Aviv, le 21 septembre 2022. (Crédit : Perry Mendelboym)

En juin, le gouvernement a approuvé un plan de trois milliards de shekels pour stimuler l’innovation climatique – un terme générique qui inclut les technologies pour les énergies propres, les transports, le traitement de l’eau, la fabrication d’aliments, la réduction des déchets et l’amélioration de la chaîne d’approvisionnement.

Un rapport interministériel a révélé que les investisseurs étaient moins enclins à placer leur argent dans des initiatives climatiques car elles présentent un risque relativement élevé pour des bénéfices à trop long terme.

Le développement de produits liés au climat est complexe, prend de nombreuses années et repose souvent sur du matériel, dont le développement est coûteux et présente un risque élevé, indique le rapport. Il nécessite des investissements à long terme relativement élevés, même avant la preuve du concept, par rapport, par exemple, aux produits basés sur la programmation, et ce sont les entreprises qui doivent absorber les pertes avant de parvenir au stade du scale-up et de la rentabilité de leurs produits.

« Vous devez montrer que vous pouvez résoudre un problème majeure pour que les investisseurs prennent un gros risque », a déclaré la modératrice du panel, Hanan Brand, vice-présidente et directrice de la division des start-ups de l’Autorité israélienne de l’innovation, lors de la conférence de jeudi. Les bailleurs de fonds investissent dans des entreprises qui, selon eux, peuvent réellement contribuer à sauver la planète, même si elles ont besoin de quatre à cinq années supplémentaires pour se développer.

Un homme transporte des sacs d’oignons pendant une inondation à Xinxiang, dans la province de Henan, dans le centre de la Chine, le 26 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Dake Kang, Dossier)

Sverdlov, de OurCrowd, a souligné qu’il existait de nombreux fonds spécifiques au climat avec des impératifs différents, parmi lesquels des fonds familiaux privés, pour lesquels attendre quelques années pour un quelconque rendement n’était pas un problème. « Des modèles comme OurCrowd pourraient être une bonne solution », a-t-elle déclaré. « Mais le gouvernement a également un rôle à jouer ici. »

Blilious, qui a déclaré que Pitango mettrait le climat au cœur de tous ses investissements, a conseillé aux entreprises de rechercher des investisseurs qui comprennent leur secteur et qui correspondent à leurs moyens. Une jeune entreprise devrait, par exemple, rechercher des fonds dans le cadre d’un projet d’incubateur pendant quelques années avant de s’adresser à un fonds de capital-risque.

Elle a conseillé à toutes les start-ups, qu’elles aient été créées à l’origine pour des raisons environnementales ou non, d’examiner si leurs produits ont également un avantage lié au climat, ce qui leur permettrait de rechercher des fonds en lien avec l’innovation climatique.

Elle a donné l’exemple de Zoom, dont l’objectif principal est de mettre les gens en relation, mais qui permet désormais aussi aux entreprises d’économiser des frais de transport aérien – sans parler des émissions de carbone – en facilitant les réunions en ligne.

De gauche à droite : Tamar Moise, responsable des programmes climatiques chez PLANETech, Doron Honigsberg, fondateur et PDG d’Eversense, Doron Markel, scientifique en chef au KKL-Fonds national juif, et Adam Bismuth, fondateur et PDG de SightBit, posant pour une photo au Centre Yitzhak Rabin après la remise des prix KKL/PLANETech, à Tel Aviv, le 21 septembre 2022. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

Organisé par l’ONG à but non lucratif PLANETech – consortium formé de l’Institut israélien pour l’innovation et du Business Group –, le salon s’est tenu en partenariat avec l’Autorité israélienne de l’innovation au Centre Yitzhak Rabin de Tel Aviv.

En guise d’exemple concret du soutien israélien aux jeunes entreprises, la conférence s’est terminée par la remise par Doron Markel, scientifique en chef du KKL et du Fonds national juif, de 75 000 shekels chacun, à deux start-ups, Eversense et SightBit pour leur permettre de mettre en œuvre leurs technologies sur le terrain du KKL.

Eversense (anciennement appelée Knotifire) utilise des capteurs spécialement conçus et alimentés de manière durable pour la détection précoce des feux de forêt, tandis que la technologie de SightBit peut être utilisée, entre autres, pour surveiller les inondations, en permanence.

Les prix ont été décernés en partenariat avec PLANETech.

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