Le gouvernement du Yémen ne sait pas ce que deviennent ses 50 derniers Juifs
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Le gouvernement du Yémen ne sait pas ce que deviennent ses 50 derniers Juifs

Un ministre a dit que les rebelles houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa, veulent débarrasser le Yémen de tous les Juifs

Des enfants yéménites devant une école détruite par une frappe aérienne dans la ville de Taëz, dans le sud du Yémen, le 16 mars 2017. (Crédit : Ahmad Al-Basha/AFP)
Des enfants yéménites devant une école détruite par une frappe aérienne dans la ville de Taëz, dans le sud du Yémen, le 16 mars 2017. (Crédit : Ahmad Al-Basha/AFP)

Le ministre yéménite de l’Information a reconnu que son gouvernement ne savait pas ce que devenaient les derniers Juifs du pays, dont la plupart habitent à Sanaa, la capitale contrôlée par les rebelles houthis, a annoncé la radio publique israélienne.

S’adressant à un journaliste de la radio en marge d’une conférence sur la guerre civile au Yémen organisée à Paris, Moammer al-Iryani a également déclaré samedi que les Houthis voyaient la minuscule population juive encore présente dans le pays comme un ennemi, et qu’ils avaient commencé une campagne de nettoyage ethnique pour débarrasser le Yémen de sa communauté juive.

Une cinquantaine de Juifs serait toujours présente au Yémen, dont 40 vivraient à Sanaa, près de l’ambassade américaine. Malgré la guerre civile qui fait rage, ils ont refusé de quitter le pays.

Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont pris le contrôle d’une grande partie du pays depuis 2015, accompagnés des forces restées loyales à l’ancien président Ali Abdullah Saleh. Ils incitent depuis longtemps à la haine contre Israël et contre les Juifs. Le slogan du groupe est « Mort à l’Amérique. Mort à Israël. Malédiction aux Juifs. Victoire à l’islam. Allahu Akbar. »

Al-Iryani a déclaré que la perte de la grande majorité de la communauté juive du pays était un coup porté au patrimoine et à la culture du Yémen, et que le gouvernement yéménite espérait rétablir une relation avec la communauté juive yéménite qui a quitté le pays, a rapporté la radio publique israélienne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec un rouleau de Torah de plus de 500 ans avec certains des juifs yéménites qui sont arrivés en Israël dans le cadre d'une opération de sauvetage secrète, le 21 mars 2016. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec un rouleau de Torah de plus de 500 ans avec certains des juifs yéménites qui sont arrivés en Israël dans le cadre d’une opération de sauvetage secrète, le 21 mars 2016. (Crédit : Haim Zach/GPO)

En mars 2017, 17 Juifs yéménites étaient arrivés en Israël grâce à une opération secrète de l’Agence juive pour Israël et du département d’Etat américain, dans le cadre de la « mission historique » de l’Agence pour « sauver » les Juifs du pays.

Ces Juifs étaient les derniers membres d’un groupe d’environ 200 Juifs yéménites que l’Agence juive a fait venir en Israël ces dernières années, a indiqué l’organisation. Des opérations similaires ont permis, ces dernières années, de faire venir les derniers membres de la communauté en Israël, alors que le Yémen s’enfonçait dans la guerre civile.

L’Arabie saoudite et plusieurs de ses alliés arabes sunnites ont lancé une opération en mars 2015 pour soutenir le président Abedrabbo Mansour Hadi, quand les rebelles houthis soutenus par l’Iran et leurs alliés ont pris le contrôle d’une grande partie du pays, et notamment de sa capitale Sanaa.

Selon les Nations unies, plus de 7 700 personnes ont été tuées ces deux dernières années au Yémen, qui risque aussi cette année de souffrir de la famine.

Quelque 49 000 Juifs yéménites étaient arrivés dans le tout nouvel Etat d’Israël dans les années 1949 et 1950 grâce à l’opération Tapis volant.

Un Juif yéménite embarque avec un rouleau de la Torah durant l'opération Tapis volant. (Crédit : JDC)
Un Juif yéménite embarque avec un rouleau de la Torah durant l’opération Tapis volant. (Crédit : JDC)

L’AFP a contribué à cet article.

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