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Le Japon aurait exagéré l’histoire de Chiune Sugihara, le « Schindler japonais »

Le diplomate basé en Lituanie qui a délivré des milliers de visas à des Juifs est devenu un nom connu de tous depuis quelques années, et pourtant...

Un buste de Chiune Sugihara près du Sugihara Chiune Memorial Hall, à Yaotsu, au Japon, sa ville natale présumée. (Crédit : Jordyn Haïme)
Un buste de Chiune Sugihara près du Sugihara Chiune Memorial Hall, à Yaotsu, au Japon, sa ville natale présumée. (Crédit : Jordyn Haïme)

YAOTSU, Japon (JTA) – Trois ans avant le début des Jeux olympiques de 2021, Tokyo avait déjà commencé à élaborer l’image nationale qu’elle comptait présenter au monde.

Le Conseil de l’éducation du Grand Tokyo a publié en 2018 un document destiné aux écoles publiques de la ville, mettant en avant « les accomplissements exceptionnels de nos prédécesseurs » censés « accroître la prise de conscience de soi et la fierté [des élèves] en tant que Japonais ».

L’histoire du diplomate Chiune Sugihara, dont les milliers de visas ont permis de sauver la vie à de nombreux Juifs fuyant l’Europe en 1940, occupe la majeure partie du document de quatre pages. La brochure recrée une version théâtralisée de la vie et des actions de Sugihara, étayée par des citations de descendants anonymes des réfugiés juifs qu’il a sauvés.

« Sugihara devrait être célébré et honoré comme un héros exceptionnel ; il a sacrifié son travail et sa famille pour sauver des étrangers d’une ethnie et d’une culture différentes », peut-on lire dans l’une des citations.

Sugihara, diplomate japonais en Lituanie de 1939 à 1940, a aidé des milliers de réfugiés juifs à fuir l’Europe en temps de guerre en leur délivrant des visas de transit qui leur permettaient de traverser l’Union soviétique pour se rendre au Japon. Aujourd’hui, son nom et son histoire sont présents dans tout le pays, de sa ville natale supposée, Yaotsu, à un musée situé dans le port de Tsuruga, dans le nord du pays, où les réfugiés juifs ont débarqué.

Son portrait figure sur des monuments commémoratifs à Tokyo, dans des mangas et des films, ainsi que dans presque tous les manuels scolaires d’histoire moderne. En 2017, le magazine Tokyo Weekender a qualifié Sugihara de « meilleur Japonais de tous les temps ». Certains catholiques ont même exprimé leur souhait de voir Sugihara officiellement canonisé par l’Église catholique en tant que saint.

Ces dernières années, cependant, un nombre croissant d’universitaires, ainsi que son propre fils, ont publiquement remis en question le statut de super-héros de Sugihara ainsi que de nombreux détails de la version de son histoire circulant au Japon et dans le monde entier. Certains chercheurs affirment que le Japon a utilisé Sugihara à titre de symbole de l’humanisme face aux critiques concernant le bilan du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale.

D’autres notent que le Japon pousse le récit nationaliste un cran plus loin en mettant en avant un autre personnage de la Seconde Guerre mondiale qui, selon eux, pourrait atteindre un niveau similaire de célébrité nationale ou de statut de héros – que son histoire soit vérifiable ou non.

Un visa de Sugihara, au musée Sugihara Chiune Memorial Hal,l à Yaotsu. (Crédit : Jordyn Haïme)

L’histoire de Sugihara

Délivrer des visas ne faisait pas partie des attributions de Sugihara lorsqu’il a pris son nouveau poste en Lituanie, en 1939. En effet, il avait été envoyé a Kaunas, pour surveiller les activités militaires soviétiques dans la region.

Mais lorsque la rumeur qu’un diplomate japonais délivrait des visas de transit s’est répandue, Sugihara a vu un beau matin une foule de Juifs faire la queue devant sa maison, dans l’espoir d’en obtenir un. Ils fuyaient les Soviétiques ; personne n’avait encore prédit les ravages que les Allemands allaient leur infliger lorsqu’ils les envahiraient finalement un an plus tard.

Sugihara a délivré quelque 2 140 visas de transit, dont certains ont été utilisés par des ménages entiers. Mais dans son livre de 2016 intitulé Under the Shadow of the Rising Sun : Japan and the Jews during the Shoah era, Meron Medzini, professeur émérite au département d’études asiatiques de l’Université hébraïque de Jérusalem, écrit que « tous les visas n’ont pas été utilisés, ce qui rend difficile d’étayer l’affirmation selon laquelle Sugihara a contribué à aider [le nombre communément accepté de] 6 000 à 7 000 Juifs à quitter la Lituanie. »

En effet, le geste de Sugihara ne constitue que l’un des nombreux événements qui ont permis aux réfugiés de se sauver. Tokyo exigeait un permis de destination finale comme condition de leur transit par le Japon, et ce permis a été fourni par Jan Zwartendijk, le consul néerlandais à Kaunas à l’époque, qui a tamponné des milliers de passeports juifs à destination de l’île néerlandaise de Curaçao, pour laquelle aucun visa n’était requis. Les organisations juives se sont mobilisées pour financer le transit des réfugiés à travers l’Union soviétique, miraculeusement accordé par les autorités soviétiques.

Andrew Jocubowicz, dont les parents ont fui l’Europe en temps de guerre grâce à un visa Sugihara, a souligné l’importance du rôle de Zwartendijk lors d’une interview. Ces dernières années, le consulat néerlandais a également tenté de mieux faire connaître son propre héros de la Shoah, souvent « caché » dans l’ombre de Sugihara.

« La personne la plus importante dans toute cette histoire a été Zwartendijk », a déclaré Jocubowicz, professeur de sociologie à l’université de technologie de Sydney, qui étudie depuis quarante ans les conditions de survie de sa famille. « Sans ces visas, rien n’aurait été possible. Sugihara n’aurait jamais rien pu faire sans un permis de destination ».

Arrivés au Japon, les Juifs se sont dirigés vers l’Australie, le Canada, les Etats-Unis et d’autres pays. D’autres ont été déportés à Shanghaï, sous contrôle japonais, où les autorités les ont emprisonnés dans un ghetto jusqu’à la fin de la guerre.

Le monument Visas for Life, à Yaotsu, au Japon. (Crédit : Jordyn Haïme)

Le musée de la ville qui ne l’est pas

Les affirmations selon lesquelles Sugihara aurait aidé plusieurs milliers de Juifs, malgré le fait que ses demandes de visa aient été rejetées « trois fois » par ses supérieurs, et qu’il ait ensuite été licencié et puni pour ses actions, sont les détails importants qui contribuent à faire de Sugihara un héros. Mais ces faits ont également été réfutés par des chercheurs.

Selon Jocubowicz, son père aurait à peine croisé Sugihara, dont le visa n’aurait été qu’un épisode de son long périple pour trouver refuge dans un endroit sûr. La survie de ce groupe de Juifs a été « presque une question de chance à chaque étape », a-t-il déclaré, notamment en ce qui concerne l’autorisation soviétique de traverser leur territoire. Après quelques mois à Kobe, sa famille a passé le reste de la guerre dans le ghetto de Shanghaï avant de s’embarquer pour l’Australie, où Jocubowicz a grandi.

« À mon avis, il s’agirait plutôt d’un couloir extraordinaire qui s’est ouvert à travers ces empires essentiellement en conflit, et alors qu’ils fonçaient l’un sur l’autre, cette petite brèche s’est ouverte et les gens ont pu s’y précipiter », a-t-il déclaré.

La revendication de Yaotsu comme lieu de naissance de Sugihara a aussi été contestée, comme l’indique Nobuki Sugihara, le seul enfant survivant du consul. Nobuki a déclaré que les documents familiaux indiquent que son père aurait vu le jour à Mino, à une cinquantaine de kilomètres de Yaotsu.

« C’est choquant. Les gens viennent du monde entier pour visiter Yaotsu [mais] mon père n’est pas né là-bas, il n’y a jamais vécu », a déclaré Nobuki à la Jewish Telegraphic Agency. « Ils ont inventé une histoire selon laquelle il était né à Yaotsu pour attirer les touristes, car il n’y a rien dans ce village.

Le mémorial et le musée de Yaotsu, malgré son éloignement des grandes villes, accueillent 20 000 touristes par an, étrangers et nationaux, selon Ito Yuko, qui travaille à la division du développement régional et de la promotion de Yaotsu. Elle explique que la famille Sugihara vivait autrefois dans la petite ville et que les habitants âgés se souviennent encore d’elle.

« Pour notre musée, nous disons la vérité que nous connaissons. Pas d’exagération, pas de droite ou de gauche, nous racontons simplement l’histoire que nous croyons être vraie », a-t-elle déclaré.

Les responsables locaux du tourisme ont également fait la promotion d’une « route du souvenir de Sugihara« , qui fait partie d’un effort de plusieurs millions de dollars largement promu en Israël et décrit comme « un voyage de découverte nostalgique qui vous emmènera dans des lieux associés au grand homme et dans des régions où le paysage original et la culture traditionnelle du Japon [sic] restent forts ». Bien qu’elle soit parfois appelée « Route du souvenir des réfugiés », cette route exclut curieusement la ville de Kobe, où les réfugiés juifs ont vécu pendant des mois avant de quitter le Japon pour d’autres destinations.

Selon Nobuki, Sugihara n’avait aucun lien avec la plupart des régions figurant sur cet itinéraire. Il a expliqué qu’une grande partie de l’histoire racontée au sujet de Sugihara provient des mémoires de son épouse Yukiko, publiées en 1995.

« Elle n’était pas très au fait de ce qui s’était passé à Kaunas, en Europe. Elle a donc fait appel à un prête-plume. Elle voulait écrire un roman, pas faire une enquête. Elle a donc ajouté des éléments de fiction ici et là. Et cette version est devenue célèbre au Japon », explique-t-il.

Un mémorial en l’honneur de Chiune Sugihara a été érigé en 2018 à l’extérieur de l’ancien lycée de Sugihara à Nagoya, au Japon. Projet du conseil de l’éducation de Nagoya, l’espace commémoratif a accueilli des ambassadeurs de Lituanie et d’Israël. (Crédit : Jordyn Haïme)

L’ascension vers la célébrité

Il y a dix ou vingt ans, seule une fraction de la société japonaise connaissait l’histoire de Sugihara. Aujourd’hui, son nom est connu de tous.

Dans un article publié récemment dans la revue universitaire American Historical Review, Rotem Kowner, professeur à l’université de Haïfa et grand spécialiste du Japon, a examiné les mécanismes qui ont permis à Sugihara de devenir un « modèle de vertu de la Shoah ». Sugihara, écrit-il, « n’a pas été le seul consul à délivrer des visas aux Juifs pendant cette période, et tous les consuls qui ont délivré des visas ne sont pas devenus des héros ».

Selon Chiharu Inaba, un professeur qui fait des recherches sur les réfugiés juifs au Japon, le Japon a dû se reconstruire comme une nation pacifique après la guerre. Il avait besoin d’un nouveau héros.

L’héritage des actions du Japon pendant la guerre, notamment la pratique des « femmes de réconfort », reste un obstacle dans ses relations avec la Chine et la Corée du Sud.

L’accession de Sugihara au statut de héros remonte à sa nomination comme « Juste parmi les Nations » de Yad Vashem en 1968. Selon les recherches de Kowner, Sugihara n’a reçu cet honneur que 16 ans après sa nomination initiale, en raison des doutes exprimés par Yad Vashem quant au fait qu’il ait risqué sa vie ou sa position professionnelle pour aider les Juifs, conditions normalement requises pour obtenir le statut de « Juste ». Sugihara n’a, initialement, reçu qu’un certificat de reconnaissance pour ses actions.

Cependant, lorsque de nouvelles preuves et des témoignages de survivants ont été présentés à une commission, celle-ci a finalement déterminé que Sugihara avait pris un risque professionnel et le statut de Juste parmi les nations lui a finalement été accordé en 1984. Selon Kowner, les autorités ont également vu là une occasion d’améliorer l’image d’Israël au Japon, car l’opinion publique japonaise à l’égard d’Israël s’était fortement détériorée à l’époque dans le contexte du conflit avec le Liban.

Un ancien responsable du département « Justes parmi les nations » de Yad Vashem a récemment contesté les allégations selon lesquelles des considérations politiques auraient joué un rôle dans la nomination de Sugihara.

Au Japon, Sugihara n’est devenu célèbre qu’en 2000, lorsque le gouvernement japonais l’a officiellement reconnu pour la première fois lors de la célébration du centenaire de sa naissance. Mais, le Premier ministre Shinzo Abe, connu tout au long de son mandat 2012-2020 pour sa politique conservatrice, ses vues révisionnistes sur les activités du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale et son désir de renforcer l’armée japonaise, a embrassé Sugihara plus que n’importe quel autre dirigeant japonais.

Abe a vu en Sugihara une occasion non seulement de renforcer les relations diplomatiques avec Israël et la Lituanie, mais aussi de faire de Sugihara un représentant positif du peuple japonais dans la période la plus sombre de son histoire.

Ce processus avait déjà été amorcé avant l’entrée en fonction d’Abe. Dans les années 2000, des auteurs révisionnistes ont commencé à ajouter le nom de Sugihara dans des textes qui niaient le massacre de Nanjing – une attaque japonaise contre la ville chinoise en 1937 qui a fait environ 300 000 morts – « pour prouver que le Japon en temps de guerre ne ressemblait pas à l’Allemagne nazie », a écrit Kowner.

Sugihara a joué un rôle clé dans ce que certains ont appelé la « Compétition de la mémoire » en Asie pour faire reconnaître les documents et les mémoriaux par l’UNESCO, l’autorité des Nations unies chargée du patrimoine culturel. En 2017, le Japon a proposé la candidature du Chiune Sugihara Memorial Hall, le musée de Yaotsu, ville natale supposée de Sugihara, au statut de Mémoire du monde de l’UNESCO, mais cette candidature a échoué.

« Sugihara a permis à son pays, à titre posthume, de se libérer de sa politique de ‘victimisation’ longtemps auto-justifiée et de se réaffirmer comme possédant des valeurs humanitaires proactives », écrit M. Kowner. D’un point de vue critique, le Japon a pu se présenter comme un « bon » pays qui a aidé les Juifs plutôt que comme pays faisant partie des ennemis de l’Axe.

Photo non datée de Kiichiro Higuchi. (Crédit : Wikimedia Commons)

Le prochain Sugihara

La notoriété de Sugihara a également conduit à l’émergence d’un nouveau héros japonais de la Seconde Guerre mondiale : Kiichiro Higuchi.

Selon différents articles des médias et ses partisans au Japon, Higuchi, un général, aurait défié les ordres de ses supérieurs pour permettre à entre 2 000 et 20 000 réfugiés juifs bloqués de traverser la frontière russe pour se rendre au Mandchoukouo. Ce passage vers la sécurité est aujourd’hui connu sous le nom de « route de Higuchi ».

Bien que beaucoup moins connu que Sugihara, les efforts déployés pour attirer l’attention sur Higuchi ont connu un certain succès : à travers une série de mangas, des reportages médiatiques et d’autres efforts de commémoration, tels qu’une statue dans sa ville natale d’Awajishima. En outre, l’ambassade du Japon en Israël serait en pourparlers avec Yad Vashem depuis 2005 au sujet du statut de Juste parmi les nations de Higuchi, mais les efforts n’ont pas encore porté leurs fruits.

Lorsque les chercheurs se sont intéressés à l’histoire de Higuchi, ils se sont aperçus qu’elle ne tenait pas la route. Dylan Hallingstad O’Brien, doctorant à l’université de Californie à San Diego, a découvert que Higuchi n’avait sans doute permis qu’à « quelque 18 personnes » d’entrer au Mandchoukouo. « Il n’y a tout simplement aucune trace » indiquant un nombre plus élevé de personnes, a déclaré O’Brien.

« Il paraît peu probable que des milliers et des milliers de personnes soient passées sans laisser de traces », a-t-il déclaré. « Surtout si l’on prend en compte les dossiers d’autres groupes de réfugiés juifs, pour lesquels il existe des reçus, des lettres, des communications, et qu’il n’y a absolument rien sur le groupe qui est censé avoir suivi la ‘route Higuchi' ».

Le site web de l’Association Higuchi, une organisation créée pour promouvoir la commémoration de Higuchi au Japon et obtenir des dons de l’étranger, est saturé de nationalisme et de fausses déclarations. Hideaki Kase – un homme politique de droite qui a conseillé Shinzo Abe – était à la tête de l’association jusqu’à sa mort l’année dernière.

« Que se serait-il passé si la famille [d’Anne Frank] avait eu connaissance de la ‘route Higuchi’ » ? peut-on lire sur le site. « La famille n’aurait peut-être pas vécu dans un grenier, mais elle aurait plutôt cherché à passer en Mandchourie, comme l’ont fait tant d’autres Juifs, et elle aurait survécu. À l’époque, ni les États-Unis ni la Grande-Bretagne n’acceptaient les Juifs ; le Japon était le seul pays au monde à ouvrir ses portes aux Juifs ».

L’objectif, selon O’Brien, est de promouvoir l’idée que le Japon avait une politique d’harmonie raciale, et, en l’occurrence, qu’il a aidé les Juifs pendant la guerre.

Madoka Sugihara estimant que « la façon dont le gouvernement a changé d’attitude » à l’égard de son grand-père est « très cynique ». (Crédit : Madoka Sugihara)

Les conséquences

Le Japon est loin d’être le seul pays à avoir été critiqué pour avoir promu un narratif de la Shoah à des fins nationalistes que les historiens réfutent. On s’est beaucoup moqué de la Pologne pour avoir nié le rôle joué par de nombreux citoyens polonais dans l’assassinat des Juifs du pays tout au long de la guerre. En Chine, l’histoire de Shanghaï en tant qu’ancien foyer de milliers de réfugiés juifs a été utilisée comme un outil diplomatique, parfois pour détourner l’attention des accusations internationales de génocide à l’encontre des Ouïghours musulmans du Xinjiang.

De petits détails incohérents ou l’utilisation sélective et l’omission de certains faits peuvent être dangereux », a déclaré M. Jocubowicz. Les failles dans les récits de la Shoah donnent aux antisémites et aux négationnistes des raisons d’affirmer que les Juifs n’étaient pas en danger, a-t-il soutenu.

« Si quelque chose est inexact, il devrait être corrigé, les lecteurs ne savent pas si ce qu’on leur dit est exact », a expliqué M. Jocubowicz. « Sinon, tout peut donc être faux. Et si tout est faux, cela pourrait être le signe que toute l’histoire juive de la Shoah est bidon ».

Le rabbin Mendy Sudakevich, un émissaire du mouvement Habad-Lubavitch qui vit à Tokyo depuis les années 1990, voit les choses différemment. À son avis, l’histoire de Sugihara, vraie à 100 % ou non, a un effet positif sur les gens et les rapproche des Juifs.

« Les jeunes Japonais ont grandi sans savoir ce que le Japon a fait pendant la guerre. Ils ne connaissent rien de l’histoire. Et le Japon a essayé de construire une nouvelle histoire », a déclaré Sudakevich. « Je souhaite que la nouvelle génération japonaise sache que le fait de sauver les Juifs est une tâche importante. Je veux qu’ils le sachent. Et si c’est tout ce qu’ils savent de la Seconde Guerre mondiale, pour moi c’est une bonne chose ».

Quand la Russie a envahi l’Ukraine en 2022, de nombreux Japonais se sont rendus à Yaotsu, Kobe ou Tsuruga pour en apprendre davantage sur Sugihara. En sa mémoire, Inaba et ses élèves ont organisé une collecte de dons de 5 millions de yens (37 490 dollars) en faveur des réfugiés ukrainiens, baptisée « Gifts for Life » (Dons pour la vie). L’organisation Visas for Life, fondée par la famille Sugihara en 2000, a récolté 1,7 million de yens (12 746 dollars) pour les évacués ukrainiens vivant actuellement au Japon.

Madoka Sugihara, petite-fille de Chiune Sugihara et bientôt directrice de Sugihara Visas for Life, a souligné le changement radical de l’accueil réservé par le gouvernement à Sugihara au cours des dernières années.

« Le changement d’attitude du gouvernement est très cynique », a-t-elle déclaré, « mais c’est positif que le gouvernement ait une vision très juste de l’acte de Sugihara-san. Je suis convaincue que c’est une bonne chose », a-t-elle déclaré.

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