Un diplomate néerlandais blâmé pour avoir sauvé des Juifs de la Shoah – livre
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Un diplomate néerlandais blâmé pour avoir sauvé des Juifs de la Shoah – livre

Jan Zwartendijk, consul honoraire des Pays-Bas en Lituanie, sauva plus de 2 000 Juifs, avec l'envoyé japonais Chiune Sugihara

Les recommandations de Chiune Sugihara et Jan Zwartendijk, respectivement consuls japonais et néerlandais, à Kovno, en Lituanie, apparaissent sur les Leidimas, les documents de voyages qui ont permis à Isaac Lewin et à sa famille de fuir la Lituanie en 1940. (Crédit : Alyza D. Lewin)
Les recommandations de Chiune Sugihara et Jan Zwartendijk, respectivement consuls japonais et néerlandais, à Kovno, en Lituanie, apparaissent sur les Leidimas, les documents de voyages qui ont permis à Isaac Lewin et à sa famille de fuir la Lituanie en 1940. (Crédit : Alyza D. Lewin)

Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a blâmé un diplomate qui avait outrepassé son autorité dans le but de sauver des milliers de Juifs de la Shoah et l’avait privé des honneurs royaux, selon une nouvelle étude.

Les recherches sur la façon dont a été traité Jan Zwartendijk, qui était consul honoraire des Pays-Bas dans ce qui est aujourd’hui la Lituanie, font partie d’un livre en néerlandais publié ce mois-ci sur ses actions intitulé The Righteous du biographe Jan Brokken.

Zwartendijk était consul à Kaunas au même moment où Chiune Sugihara était là pour représenter le Japon impérial.

Largement couvert par Sugihara, Zwartendijk fut l’initiateur et le principal facilitateur du sauvetage de plus de 2 000 Juifs par les deux diplomates.

Sugihara a donné aux réfugiés, qui fuyaient l’occupation allemande, des visas de transit qui leur ont permis d’entrer en Union soviétique. Mais ils auraient été inutilisables si Zwartendijk ne leur avait pas donné de visas de destination pour Curaçao, qui était alors une colonie des Pays-Bas dans les îles des Caraïbes. Certains de ceux sauvés par Zwartendijk l’ont surnommé « l’ange de Curaçao ».

Jan Zwartendijk (Wikimedia)

Les deux hommes ont agi sans l’approbation de leurs supérieurs.

Contrairement à Sugihara, Zwartendijk a risqué sa propre vie, ainsi que celle de sa femme et de leurs trois jeunes enfants, qui vivaient tous sous occupation nazie.

Pourtant, Zwartendijk, décédé en 1976, s’est vu « réhabiliter » après qu’un haut responsable du ministère des Affaires étrangères, Joseph Luns, qui est devenu plus tard le chef de l’OTAN, a révélé ce livre sur la base des entretiens menés par Zwartendijk et autres documents avec les personnes qui en avaient connaissance.

Les enfants de Zwartendijk ont dit que leur père avait été profondément offensé par la façon dont il avait été traité.

Sjoerd Sjoerdsma, un législateur néerlandais, a déclaré dans un communiqué que le ministère des Affaires étrangères se devait de présenter ses excuses pour le traitement réservé à Zwartendijk, qu’Israël a reconnu en 1997 comme un « Juste parmi les nations » – un non-juif qui a risqué sa vie pour sauver les Juifs de la Shoah.

« Jan Zwartendijk aurait mérité une statue, pas un blâme », a déclaré Sjoerdsma la semaine dernière, selon l’agence de presse ANP. « Il est grand temps de disculper ses descendants et de leur présenter des excuses. J’espère que le ministre des Affaires étrangères Stef Blok le fera. »

Le ministère a refusé de dire s’il envisageait de présenter des excuses. Un porte-parole a déclaré à l’agence de presse que les actions de Zwartendijk « sont sans tache » et a ajouté que l’Etat néerlandais avait cofinancé un monument célébrant ses actions en Lituanie.

Le livre suggère également qu’un fonctionnaire du ministère est intervenu anonymement auprès de la maison royale néerlandaise pour empêcher Zwartendijk d’être fait chevalier pour des raisons sans rapport avec la guerre – il était cadre supérieur dans la société néerlandaise Philips electronics – pour son comportement non réglementaire pendant la Seconde Guerre mondiale.

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