Le Journal d’Anne Frank devrait être publié en ligne
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Le Journal d’Anne Frank devrait être publié en ligne

Pour étendre les droits d'auteurs, la fondation suisse souhaite enregister le père d'Anne Frank comme co-auteur

Dans deux affaires séparées, la fondation qui possède les droits d’auteurs du Journal d’Anne Frank, une avocate et un professeur français ont décider de publier en ligne les écrits d’Anne Frank en janvier.

Isabelle Attard, une députée française dont les grands-parents sont morts pendant la Shoah, prévoit de publier l’ensemble du texte néerlandais du célèbre journal dont les faits se sont déroulés durant l’Holocauste, le 1er janvier, date à laquelle le droit d’auteur actuel expire, a indiqué le Guardian mercredi.

Séparément, Olivier Ertzscheid, maître de conférences à l’université de Nantes, envisage également de publier le texte sur Internet le 1er janvier.

Le journal d’Anne Frank, qui relate les deux années où la famille s’est cachée des nazis dans l’ « annexe secrète » d’un entrepôt d’Amsterdam, est sans doute le document le plus célèbre de l’époque de l’Holocauste et a inspiré plusieurs adaptations en pièce de théâtre et en film.

Elle est morte en 1945 dans le camp d’extermination de Bergen-Belsen.

Parce que les droits d’auteur européens expirent généralement 70 ans après la mort de l’auteur, les droits d’auteur devraient expirer à la fin de cette année.

Cependant, la fondation suisse que le père de Frank, Otto Frank, a fondée pour répartir les bénéfices du livre à des œuvres de charité, a annoncé récemment qu’elle prévoyait de lister Otto Frank comme co-auteur, ajoutant ainsi 35 ans de droit d’auteur. Otto Frank, le seul survivant des huit Juifs qui avaient cherché refuge dans l’annexe, est mort en 1980.

Otto Frank (credit: Dutch National Archives et Spaarnestad Photo / Wikipedia)
Otto Frank (credit: Dutch National Archives et Spaarnestad Photo / Wikipedia)

Un porte-parole d’Attard a déclaré au Guardian qu’elle envisage de défendre sa version en ligne du journal et est prête à aller au tribunal.

« De nombreux révisionnistes, des gens qui veulent nier que les camps d’extermination existaient, ont essayé d’attaquer le journal pendant des années », a déclaré le porte-parole d’Attard.

« Dire maintenant que le livre n’a pas été écrit par Anne seule affaiblit le poids qu’il a eu pendant des décennies, comme un témoignage des horreurs de cette guerre ».

Le porte-parole a ajouté : « Le 1er janvier, ‘Mein Kampf‘ entrera dans le domaine public, et [Attard] sent le symbolisme de tout cela, Mein Kampf entrant dans le domaine public et en contrepartie, le journal d’Anne Frank, ce travail très important sur les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, n’y entre pas dans le même temps, c’était inacceptable pour elle ».

Yves Kugelmann, un membre du conseil d’administration de la fondation Anne Frank, a déclaré au Guardian : « Après la guerre, Otto Frank a fusionné, ou compilé, les deux versions du journal qu’Anne Frank a laissées, qui étaient à la fois incomplètes et qui se chevauchaient en partie, en une seule version plus simple à lire. Il a tapé sur les manuscrits d’Anne Frank et avec des ciseaux et de la colle ensuite, les a littéralement « coupé et collé » dans la version qui a été publiée en anglais au début des années 50. Le livre qu’il a créé a son propre droit d’auteur ».

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