Raphaël Glucksmann se présente à la présidentielle
Le candidat appelle la gauche à "arrêter d’avoir peur de Jean-Luc Mélenchon" et estime qu'elle ne pourrait revenir au pouvoir qu’en clarifiant ses valeurs et ses alliances
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Raphaël Glucksmann, désormais candidat à l’élection présidentielle, a émergé comme l’un des rares espoirs de la gauche non-mélenchoniste, avec des qualités qui sont aussi ses faiblesses.
Le fils du philosophe juif André Glucksmann, 46 ans, lui-même essayiste, a forgé ses premières expériences politiques en Géorgie, aux côtés du président Mikheil Saakachvili. Loin, trop loin, disent ses contempteurs, des réalités d’une France des territoires qu’ils l’accusent de ne pas connaître assez intimement.
C’est depuis le Parlement européen qu’il a nourri son ambition présidentielle. Par deux fois, il a mené une liste commune entre son petit parti, Place Publique (PP), et le Parti socialiste (PS), aux élections européennes.
Le 9 juin 2024, arrivé en 3ᵉ position avec 13,8 %, il récusait encore toute velléité d’aller à l’Élysée. Tout en apparaissant comme incontournable dans un espace social-démocrate en panne d’incarnation.
L’Europe, c’est « le combat de ma vie », répète à l’envi l’eurodéputé au regard parfois exalté, qui s’est fait connaître à Bruxelles pour son combat en faveur de la défense des Ouïghours, minorité musulmane persécutée en Chine, et pour son opposition à la Russie de Vladimir Poutine.
Il semble loin le temps de sa première campagne européenne, en 2019 (6,19 %), où, propulsé tête de liste par le patron du PS Olivier Faure, Glucksmann semblait mal à l’aise, prêtant déjà le flanc aux critiques sur une prétendue déconnexion du terrain.
Lui-même le reconnaissait. Il était « mauvais », mais il a « travaillé » et son mandat d’eurodéputé l’a « transformé ».
Suffisamment pour lever tous les doutes ? Ceux-ci avaient été ravivés fin 2025 par une mauvaise prestation lors d’une des premières émissions sur la présidentielle sur la chaîne LCI. L’eurodéputé avait été à la peine dans un échange avec un panel de Français et lors d’un débat face à Éric Zemmour.
« Un naufrage », avaient alors raillé certains au PS.
C’est pourtant lui, s’il remporte la primaire organisée en octobre, qu’ils devront soutenir pour tenter d’exister dans une compétition dominée, à ce stade, par Jean-Luc Mélenchon (LFI), Marine Le Pen (RN) et les candidats du bloc central.
Face à l’accusation d’être « trop parisien » ou « hors-sol », l’essayiste nourri d’internationalisme rappelle son expérience de documentariste sur le génocide des Tutsi au Rwanda puis sur la révolution orange en Ukraine en 2004, ou comme conseiller de l’ex-président géorgien Saakachvili de 2008 à 2012.
Ni Davos ni Washington
« Ma parole et ma vision du monde ne se sont pas forgées à Davos ou Washington, mais dans des lieux dont je ne sais si vous pouvez soupçonner la désolation », rétorque-t-il.
Il a multiplié les déplacements dans les régions françaises pendant l’été. Et revendique un projet ancré à gauche, cherchant à concilier transition écologique et progrès social.
Après la dissolution de 2024, Glucksmann avait consenti, à contrecœur, à l’alliance du Nouveau Front populaire (NFP) pour les législatives, celle qui rassemblait toutes les forces de gauche, LFI comprise. Entre les Insoumis et le risque d’une victoire du RN, il avait fallu choisir.
Car il ne cache pas son aversion pour Mélenchon et exige aujourd’hui de ses partenaires socialistes qu’ils récusent d’emblée tout accord avec son mouvement.
« Il est le Jean-Marie Le Pen de notre époque », s’était-il exclamé en mars. Le tribun insoumis venait lors d’un meeting de s’en prendre à la prononciation de son nom de famille, comme il l’avait fait avec d’autres patronymes juifs.
Issu d’une famille juive ashkénaze, son père André Glucksmann avait fait partie du mouvement des « Nouveaux philosophes ». D’abord maoïste, il avait, dans la deuxième partie de sa vie, épousé des idées néo-conservatrices. Son grand-père, Rubin Glucksmann, né dans l’actuelle Ukraine, avait été espion soviétique en Allemagne, avant de fuir en France à l’arrivée au pouvoir des nazis.
Ardent défenseur de l’Ukraine de Volodymyr Zelensky, il est critiqué, notamment chez les Insoumis, pour son compagnonnage passé avec Saakachvili, aux idées libérales et aujourd’hui poursuivi par la justice.
En Géorgie, Glucksmann avait rencontré la mère de son premier fils, Eka Zgouladze, ancienne ministre.
Mais c’est aujourd’hui avec la journaliste Léa Salamé qu’il forme l’un des couples les plus en vue de la scène politico-médiatique, au risque d’une dérive people.
la Communauté du Times of Israël !







