Vance cherche à séduire les républicains juifs, mais refuse de préciser sa position sur Carlson
Le vice-président américain souligne l'importance des relations avec Israël dans un discours prononcé devant la RCJ et impute la montée de l'antisémitisme à l'immigration
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

LAS VEGAS – JTA – Le vice-président américain, JD Vance, a souligné l’importance des relations entre les États-Unis et Israël ; il na imputé la montée de l’antisémitisme à l’immigration et il a éludé une question concernant des podcasteurs tels que Tucker Carlson, lors d’une intervention très attendue à huis clos, lundi, au sommet annuel de la Coalition juive républicaine (RJC).
Cette intervention est intervenue à un moment où un certain nombre de républicains juifs se sont retournés contre lui en raison de ses remontrances à l’encontre de responsables israéliens, de son indulgence à l’égard des théories du complot anti-Israël et de son silence à l’égard de Carlson, une personnalité médiatique de premier plan qui promeut ce genre de discours.
Certains donateurs ont indiqué qu’ils préféreraient voir le secrétaire d’État, Marco Rubio, plutôt que Vance, comme candidat à la présidence en 2028. Pourtant, Vance a été accueilli par une standing ovation lorsqu’il est monté sur scène, et il en a reçu une autre à son départ, selon plusieurs personnes présentes dans la salle.
À l’issue de l’événement, les dirigeants de la RJC ont déclaré qu’ils considéraient cette intervention comme une avancée positive dans leurs relations.
« Aujourd’hui n’est pas le jour des primaires. Mais je pense qu’aujourd’hui a été une journée de progrès pour JD Vance et la communauté juive », a déclaré Ari Fleischer, membre du conseil d’administration de la RJC, aux journalistes.
La partie du sommet qui s’est déroulée lundi soir était fermée à la presse, mais un enregistrement audio de la conversation de 35 minutes entre Vance et Norm Coleman, le président de la RJC, a été transmis à la Jewish Telegraphic Agency.
Au cours de la conversation, Coleman a demandé à Vance où il fixait la limite lorsqu’il s’agissait de choisir les podcasts auxquels il pouvait participer. Coleman a cité Carlson, Megyn Kelly, Joe Rogan et Nick Fuentes comme exemples d’animateurs ayant donné la parole à des antisémites, mais Vance a évité de mentionner Carlson, ne répondant que sur Rogan et Fuentes.
« Je ne pense pas que Joe Rogan et Nick Fuentes soient comparables, du moins sur le fond », a déclaré Vance.
« Évidemment, je ne vais pas m’entretenir avec quelqu’un qui a attaqué mon épouse ou qui a déclaré qu’Hitler était un type bien – mais en dehors de quelques limites assez claires, j’essaie de m’entretenir avec autant de personnes que possible », a poursuivi Vance.
Cette réponse, qui prônait une approche inclusive, a suscité des applaudissements dans la salle, même si certains n’étaient pas satisfaits de cette réponse, ni de la franchise de la question.
????LISTEN: VP addresses the @RJC in remarks close to the media; he defended Joe Rogan but didn't talk about Tucker Carlson
Credit: @TheMilkBarTV pic.twitter.com/uDJeDLHu3Y
— Raylan Givens (@JewishWarrior13) September 1, 2026
« On pourrait penser que Norm Coleman – qui devait un peu plus à son public – aurait dit : ‘Réglons une fois pour toutes cette question concernant Tucker : quelle est votre position à son égard ?’ », a déclaré Neil Cooper, membre de la RJC, qui a affirmé avoir perdu patience avec le vice-président.
Sid Rosenberg, animateur de radio provocateur de droite, a écrit que Vance « avait l’occasion de s’en prendre à @TuckerCarlson et @megynkelly, mais il a préféré passer tout son temps à défendre @joerogan face à Nick Fuentes ».
Ann Rubinfeld, membre de la RJC qui soutient Vance pour 2028, a dit être farouchement opposée à Carlson, mais ne pas estimer que le vice-président devait s’en prendre directement à lui.
« Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de le préciser », a-t-elle déclaré.
Vance a reçu plusieurs ovations au cours de la discussion, notamment lorsque Coleman l’a félicité, ainsi que le président Donald Trump, pour avoir dirigé ce qu’il a qualifié de « plus grande administration pro-Israël de l’histoire des États-Unis ». Des cris de « USA ! » ont retenti lorsque Vance est monté sur scène. Cet accueil chaleureux a peut-être surpris certaines personnes présentes dans la salle.
« Il aura affaire à un public difficile demain », avait déclaré lundi aux journalistes le représentant de Floride Randy Fine. Le matin même, avant l’intervention de Vance, Rosenberg avait appelé les participants à « donner une chance à Vance ».
Ron Dermer, ancien ambassadeur d’Israël aux États-Unis et ministre des Affaires stratégiques, s’est adressé à l’assistance en ces termes : « J’espère que vous lui réserverez tous un accueil chaleureux », et il a remercié Vance pour le « rôle crucial » qu’il a joué en coulisses lors de la guerre de douze jours qui a opposé Israël à la République islamique d’Iran en 2025.
Cooper a déclaré qu’il s’attendait à « davantage de scepticisme, voire à un silence de plomb » à l’approche de l’événement, mais qu’il espérait être convaincu.
Former Israeli Minister of Strategic Affairs Ron Dermer sits down with RJC CEO Matt Brooks to discuss the importance of the unbreakable US-Israel relationship. #RJCSummit pic.twitter.com/N0Ri7kPAhS
— RJC (@RJC) August 31, 2026
« Les gens s’emballent trop facilement pour les célébrités », a-t-il ajouté.
Vance s’était arrêté dans le Michigan plus tôt dans la journée de lundi et il a raconté à l’assemblée qu’il avait rencontré le rabbin de Temple Israel, ainsi que les agents de sécurité qui avaient contribué à empêcher une attaque antisémite contre la synagogue. Il a également évoqué le candidat républicain du Michigan à l’élection sénatoriale de novembre, Mike Rogers, qui affronte le candidat démocrate Abdul El-Sayed, et l’a qualifié de « peut-être le candidat le plus important à l’heure actuelle dans cette élection de mi-mandat ».
Interrogé sur son opinion concernant les relations entre les États-Unis et Israël, Vance a répondu qu’Israël était « certainement l’un de nos alliés les plus importants dans le monde », et qu’Israël, les États-Unis ou n’importe lequel de leurs alliés devaient toujours défendre leurs propres intérêts.
« Je suis résolument réaliste en matière de politique étrangère », a-t-il déclaré.
Vance a également évoqué la « méfiance croissante » à l’égard des relations entre les États-Unis et Israël chez les moins de 40 ans, et a déclaré : « Nous devons expliquer clairement pourquoi cela est dans l’intérêt des États-Unis d’Amérique », en énumérant des avantages tels que la collecte de renseignements et le partage de technologies.
Une partie des critiques que Vance essuie de la part des républicains juifs tient à ses propos sur Israël.
En juin, en réponse aux critiques concernant l’accord avec l’Iran, Vance avait déclaré que les membres du gouvernement israélien ne devaient pas s’en prendre au « seul allié puissant qui [leur] reste dans le monde entier ».
« On n’oublie pas ce genre de déclarations », a déclaré Valérie Greenfeld, membre de la RJC résidant à Jérusalem, dans un SMS adressé à la JTA.
Évoquant la montée de l’antisémitisme aux États-Unis, Vance l’a en partie imputée à la politique d’immigration. Il a affirmé que cette recrudescence provenait de « personnes qui importent aux États-Unis d’anciennes haines ethniques », et qu’il ne s’agissait pas, dans l’ensemble, d’un problème chez les Américains blancs.
« Vous savez, ce personnage de Fuentes qui déteste vraiment les Juifs – et qui, soit dit en passant, me déteste aussi, moi et ma famille, vous êtes donc en bonne compagnie -, ça, c’est bien réel », a déclaré Vance.
« Mais ce n’est pas courant chez la plupart de nos concitoyens. »
Vance a condamné l’antisémitisme et a été applaudi lorsqu’il a déclaré aux participants, au nom de l’administration de la Maison Blanche : « Nous vous aimons, nous vous apprécions, et vous ferez toujours partie de l’équipe tant que j’aurai mon mot à dire. »
Il a également évoqué sa propre foi chrétienne et les liens qui l’unissent au judaïsme. Il a déclaré avoir remarqué des similitudes lors d’un précédent événement organisé par la RJC, ainsi qu’au mariage de son ancien chef de cabinet juif, Jacob Reses, où il avait lu un texte.
« Il y avait toutes ces similitudes liturgiques entre le judaïsme et le catholicisme qui sont vraiment fascinantes », a déclaré Vance.
Shabbos Kestenbaum, un militant juif conservateur ayant assisté à la conférence de la RJC, a écrit par la suite qu’il appréciait l’attachement de Vance à ses convictions religieuses et qu’il partageait son point de vue sur l’élaboration d’une politique étrangère fondée sur le principe « l’Amérique d’abord ».
Mais Vance a encore des choses à prouver, a-t-il ajouté.
« Son refus de dénoncer et de condamner sans équivoque Tucker, qui vient d’appeler à la destitution immédiate de Trump, rendra très difficile pour la communauté juive américaine de prendre en considération ses politiques, par ailleurs exemplaires », a-t-il déclaré.
la Communauté du Times of Israël !







