La Syrie dit œuvrer « sérieusement » à une solution diplomatique avec Israël malgré les attaques
Selon le ministre des Affaires étrangères al-Shaibani, les pourparlers menés sous l'égide des États-Unis visent un retrait total d'Israël vers les lignes d'avant décembre 2024 ; il fustige les propos de Katz concernant le maintien de Tsahal sur le sol syrien
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani, a déclaré mardi que son pays œuvrait à une « solution diplomatique » avec Israël, sous médiation américaine, malgré la poursuite des frappes israéliennes sur le territoire syrien.
Les deux pays sont en état de guerre permanent depuis la création d’Israël en 1948.
Israël a lancé de nombreuses frappes en Syrie depuis que les forces des autorités islamistes actuelles ont renversé le président de longue date Bachar al-Assad en décembre 2024. Pour justifier ces frappes, Israël avance souvent qu’elles sont nécessaires pour empêcher que du matériel militaire ne tombe entre les mains d’éléments hostiles dans le contexte de ce changement de régime. La dernière en date a eu lieu le mois dernier, lorsque l’armée de l’air israélienne a bombardé un aérodrome militaire syrien désaffecté, accusant la Turquie de prévoir d’y déployer des forces et reprochant à Damas d’avoir ignoré les avertissements de Jérusalem à ce sujet. Ankara a pour sa part démenti les allégations israéliennes.
Israël a par ailleurs envoyé des soldats dans une zone tampon patrouillée par l’ONU, laquelle sépare depuis 1974 les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan. Les Israéliens ont en outre mené plusieurs incursions plus profondément en territoire syrien, et se sont engagés à maintenir des unités dans une « zone de sécurité » située au sud de la Syrie, où ils cherchent à étendre la zone démilitarisée.
« Les attaques se poursuivent. Nous avons recensé 65 incursions pour le seul mois de juillet, et 52 au cours des 18 premiers jours du mois d’août », a expliqué Shaibani lors d’une conférence de presse aux côtés de son homologue danois, Lars Lokke Rasmussen, en visite dans le pays.
Le chef de la diplomatie a dénoncé une « série de raids menée contre des habitations dans la province de Quneitra et dans la campagne de Damas », et il a indiqué que la Syrie avait jusqu’à présent enregistré cette année 147 cas de détention de Syriens par les soldats israéliens, dont « 49 sont toujours prisonniers ».
Israël assure que ces opérations sont nécessaires pour défendre sa frontière sur fond de troubles et d’anarchie provoqués par le changement de régime.
«Malgré ces défis, nous restons attachés à la solution diplomatique, et nous travaillons sérieusement à sa mise en œuvre», a poursuivi Shaibani. « Nous avons entamé des négociations sous l’égide des États-Unis d’Amérique », a-t-il ajouté.
Israël et la Syrie ont tenu plusieurs cycles de pourparlers directs. Le plus récent a eu lieu la semaine dernière en Jordanie ; le chef du Mossad, Roman Gofman, et Shaibani se sont rencontrés afin d’apaiser les tensions entre les deux pays, ont rapporté les médias d’État syriens. Selon certaines informations, l’administration américaine aurait insisté pour que cette rencontre ait lieu.
Quelques heures avant l’annonce de cette rencontre, al-Shaibani a déclaré dans une interview accordée à l’agence de presse Reuters que la Syrie espérait une reprise prochaine des négociations avec Israël, exhortant l’État juif à saisir une « occasion historique » maintenant que la voie diplomatique est ouverte.
Israël et la Syrie avaient tenu des pourparlers directs l’année dernière dans le but de parvenir à un accord de sécurité sans précédent, qui n’a finalement pas abouti.
Puis, à l’issue des négociations de janvier à Paris, alors qu’elles évoluaient vers un tel accord de sécurité, les deux parties sont convenu de mettre en place un mécanisme de partage de renseignements.
Lors de la conférence de presse de mardi, Shaibani a estimé que les propos tenus par des responsables israéliens exprimant leur intention de maintenir des forces sur le Jabal al-Sheikh, ou mont Hermon, équivalaient à « une proclamation explicite d’un maintien de l’occupation » et qu’ils invalidaient « tout prétexte sécuritaire fallacieux ».
Il a précisé que les pourparlers visaient à « mettre fin aux attaques et aux arrestations » ainsi qu’à garantir le retrait israélien vers les positions antérieures à décembre 2024, « avec un retour complet au respect de l’accord de désengagement de 1974 ».
La semaine dernière, le ministre de la Défense Israël Katz s’est rendu auprès des soldats déployés dans le sud de la Syrie. À cette occasion, il a réaffirmé son engagement à maintenir des forces dans la région tant que des « menaces » pèseraient sur la sécurité du pays.
En juin, le président syrien Ahmed al-Sharaa a déclaré dans une interview que son pays œuvrait à la conclusion d’un accord de sécurité avec Israël, lequel pourrait, selon lui, ouvrir la voie à une paix globale entre les deux États voisins.
la Communauté du Times of Israël !







