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Rencontre entre le chef du Mossad et le chef de la diplomatie syrienne

Israël aurait fixé des “lignes rouges” pour un accord diplomatique ; les États-Unis font pression pour la reprise complète des pourparlers directs entre Jérusalem et Damas

Montage photos (de gauche à droite) : Roman Gofman, chef de l'agence de renseignement du Mossad ; Asaad al-Shaibani, ministre des Affaires étrangères de la Syrie. (Crédits : Chaïm Goldberg/Flash90 ; Service de presse du ministère russe des Affaires étrangères via AP)
Montage photos (de gauche à droite) : Roman Gofman, chef de l'agence de renseignement du Mossad ; Asaad al-Shaibani, ministre des Affaires étrangères de la Syrie. (Crédits : Chaïm Goldberg/Flash90 ; Service de presse du ministère russe des Affaires étrangères via AP)

Le chef de l’agence de renseignement du Mossad, Roman Gofman, et le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani, se sont rencontrés dimanche afin d’apaiser les tensions entre leurs pays après la frappe israélienne de la semaine dernière contre une base aérienne syrienne, ont confirmé les médias d’État syriens.

Les deux hommes se sont rencontrés en Jordanie, ont indiqué deux sources à l’AFP, ajoutant qu’ils avaient abordé des questions telles que la mise en place d’une « salle d’opérations spéciales » en Jordanie, sous supervision américaine, afin d’éviter toute confrontation en Syrie, notamment avec la Turquie.

Citant trois sources proches du dossier, le site d’information Axios a rapporté que cette rencontre visait à « faire baisser la tension », suite à l’escalade verbale entre les deux parties.

La chaîne N12 a indiqué que cette rencontre s’était déroulée dans un climat positif et qu’elle était considérée comme un pas vers la reprise des négociations directes entre Jérusalem et Damas. La chaîne a précisé que la rencontre aurait dû avoir lieu la semaine dernière, mais qu’elle avait été reportée en raison de la frappe israélienne.

L’administration Trump a fortement insisté pour que cette rencontre ait lieu, cherchant à apaiser les tensions entre Israël, la Syrie et la Turquie avant les prochaines élections israéliennes, a précisé N12.

La chaîne a également indiqué que les responsables de la sécurité israéliens incitaient les responsables politiques à poursuivre les efforts diplomatiques pour calmer le jeu, préférant cette option à une éventuelle escalade militaire.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, s’entretenant avec des officiers, dans le sud de la Syrie, le 19 août 2026. (Crédit : Armée israélienne)

Citant une source des services de sécurité israéliens, N12 a indiqué que Jérusalem avait fixé plusieurs lignes rouges pour ces pourparlers : ne pas autoriser la moindre activité militaire turque en Syrie, maintenir la partie syrienne du plateau du Golan en zone démilitarisée, ne pas permettre à l’armée syrienne de posséder des systèmes d’armes stratégiques, garantir la sécurité de la communauté druze de Syrie, et ne retirer les troupes israéliennes de la zone tampon où elles sont actuellement déployées qu’en échange de progrès diplomatiques.

Cette rencontre fait suite à une forte escalade des tensions entre Jérusalem, Damas et Ankara la semaine dernière, après que Tsahal a frappé la base aérienne d’Abu al-Duhur, dans le nord-ouest de la Syrie. Israël a accusé Damas de s’apprêter à autoriser le déploiement de troupes turques sur place. La Syrie a dénoncé cette frappe et la Turquie a démenti les allégations selon lesquelles ses soldats se déployaient sur la base.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ensuite déclaré qu’Israël avait mis en garde la Turquie contre toute activité militaire en Syrie avant la frappe. Reuters a rapporté la semaine dernière que Gofman et Shaibani s’étaient entretenus par téléphone au sujet de la présence militaire turque en Syrie quelques jours seulement avant la frappe aérienne.

Le bureau de Netanyahu a refusé de commenter auprès d’Axios la réunion présumée de dimanche, et un porte-parole de Shaibani n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire du média.

Quelques heures avant que la réunion ne soit reportée, Shaibani avait déclaré dans une interview accordée à Reuters que la Syrie s’attendait à ce que les négociations avec Israël reprennent prochainement, exhortant Israël à saisir une « opportunité historique » alors que la porte de la diplomatie est ouverte.

Shaibani a indiqué que les négociations sur un accord de sécurité entre les deux ennemis de longue date étaient au point mort depuis le début de la guerre en Iran, mais qu’il s’attendait à ce qu’elles reprennent : « Nous pensons qu’il devrait y avoir des contacts, en particulier avec une partie qui menace constamment la sécurité de la Syrie. Mais si ces contacts n’aboutissent pas, alors nous n’en avons pas besoin », a-t-il déclaré.

« Nous ne faisons pas confiance à Israël actuellement. »

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani (à droite), accueillant le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres (à gauche), à l’aéroport international de Damas, le 25 juillet 2026. (Crédit : SANA/AFP)

« Les États-Unis tentent sans relâche de faire pression sur Israël pour qu’il revienne à la table des négociations », a-t-il ajouté, précisant que la Syrie nourrissait « de très grands espoirs » d’établir des relations stables avec ses voisins.

« La Syrie tend la main en faveur de la compréhension, de la paix, de la diplomatie et de la stabilité régionale », a-t-il déclaré.

La réunion s’est tenue malgré une frappe de drone israélien, samedi après-midi, dans le sud-ouest de la Syrie. Damas a condamné cette attaque, qui, selon l’armée israélienne, visait un agent qui préparait des attaques « en phase finale de préparation ».

Tsahal est déployé sur neuf postes dans le sud de la Syrie depuis la chute du régime du dictateur syrien Bashar el-Assad en décembre 2024. La plupart des postes tenus par Israël se trouvent dans une zone tampon patrouillée par l’ONU, à la frontière entre les deux pays. Israël a déclaré avoir agi ainsi pour protéger sa sécurité, compte tenu de l’instabilité et de l’incertitude engendrées par la montée en puissance du nouveau régime dirigé par des djihadistes.

Vue de la frontière israélienne avec la Syrie, sur le plateau du Golan, le 20 août 2026. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

Israël et la Syrie ont mené l’an dernier des pourparlers directs historiques visant à conclure un accord de sécurité sans précédent, mais ces négociations n’ont finalement pas abouti.

Shaibani a expliqué dimanche qu’au début de cette année, les deux parties s’étaient « mises d’accord sur le papier sur presque tout » concernant un accord de sécurité qui aurait obligé Israël à mettre fin à ses frappes en Syrie et qui était lié à son retrait des territoires occupés après la chute d’Assad.

Cet accord prévoyait la création de plusieurs zones de sécurité sur le territoire syrien, près de la frontière israélienne. Une de ces zones serait une zone tampon où seules les Nations unies seraient présentes, et les autres verraient le déploiement de troupes syriennes avec des niveaux de force variables.

Toutefois, le ministre syrien des Affaires étrangères a accusé Israël de chercher à se soustraire à la mise en œuvre de cet accord, ajoutant : « Nous n’avons pas constaté chez eux une réelle volonté de parvenir à un accord. »

Parallèlement, la chaîne N12 a également rapporté dimanche que les autorités de défense israéliennes avaient récemment constaté une recrudescence des tentatives du Hezbollah visant à faire passer clandestinement des armes de la Syrie vers le Liban, alors que le groupe terroriste chiite libanais s’efforce de se réarmer et de se reconstituer sous le couvert du cessez-le-feu en vigueur.

Un responsable de la sécurité cité par la chaîne a déclaré que l’Iran finançait et dirigeait ce réseau de contrebande par l’intermédiaire de la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, qui continue de superviser le transfert d’armes vers le Hezbollah.

Alors que les armées syrienne et libanaise ont rendu publiques plusieurs saisies d’armes au cours des derniers mois, les responsables israéliens de la sécurité estiment, selon certaines informations, que de nombreuses autres livraisons parviennent sans encombre au Liban.

« Le Hezbollah profite du cessez-le-feu pour renforcer ses capacités, ce qui explique l’augmentation des tentatives de contrebande via la Syrie », a déclaré un responsable de la sécurité à la chaîne N12.

« Nous estimons que de nombreuses livraisons passent inaperçues. »

Stav Levaton a contribué à cet article.

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