Le sénateur US John Fetterman : Non à tout accord qui laisserait le Hamas au pouvoir
Lors de sa première visite en Israël, le démocrate ouvertement pro-Israël affirme que Joe Biden n'aurait pas dû retenir les bombes ; il soutient le discours de Netanyahu devant le Congrès
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Soutenant la position exprimée à plusieurs reprises par les dirigeants israéliens, le sénateur américain John Fetterman (démocrate de Pennsylvanie) a déclaré jeudi qu’il s’opposerait à tout accord avec le groupe terroriste palestinien du Hamas qui mettrait fin à la guerre de Gaza mais laisserait le groupe terroriste au pouvoir.
« Je soutiens pleinement l’idée du Premier ministre selon laquelle il ne peut autoriser un cessez-le-feu permanent [tant que] le Hamas est autorisé à être opérationnel », a indiqué Fetterman de Jérusalem, à l’occasion de sa première visite en Israël.
« C’est ma ligne rouge en la matière », a ajouté le sénateur nouvellement élu, vêtu de son célèbre short et de son sweat à capuche. « Je n’accepterai jamais qu’Israël soit contraint à une sorte de cessez-le-feu artificiel et permanent contre un ennemi comme le Hamas ».
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu insiste sur le fait qu’il poursuivra les combats jusqu’à l’élimination du Hamas, en réponse à son attaque meurtrière du 7 octobre.
Le 11 juin, le Hamas a indiqué qu’une proposition présentée par le président américain Joe Biden et soutenue par Israël ne répondait pas à sa demande de mettre un terme définitif à la guerre à Gaza, répondant à l’offre en y apportant des modifications substantielles que les médiateurs ont eu du mal à concilier.
La proposition de Biden prévoit un cessez-le-feu temporaire dans la première phase de l’accord, suivi d’un « calme durable (cessation permanente des opérations militaires et des hostilités) » dans la seconde phase. Netanyahu a toutefois nié à plusieurs reprises que la proposition prévoyait la fin de la guerre tant qu’Israël n’aurait pas atteint ses deux objectifs déclarés, à savoir l’anéantissement du Hamas et le retour de tous les otages chez eux.
« Tant que le Hamas est autorisé à occuper [Gaza], il n’y aura jamais de paix véritable », a affirmé l’imposant sénateur démocrate de Pennsylvanie. « Gaza devra être reconstruite. Et personne ne saurait imaginer que cela soit possible tant que le groupe sera sur place. »
En début de semaine, le conseiller à la Sécurité nationale, Tzachi Hanegbi, a indiqué qu’un programme visant à remplacer le Hamas dans le nord de la bande de Gaza débuterait « dans les prochains jours ». Il serait composé d’habitants de la bande de Gaza non affiliés au Hamas.
Le Hamas a rejeté toute proposition qui le prive du pouvoir à Gaza, déclarant dans un communiqué que l’avenir de la bande de Gaza « sera décidé par le peuple palestinien lui-même et par personne d’autre ».
« Comment voulez-vous reconstruire Gaza si les ressources doivent passer par le Hamas ? » a demandé Fetterman, au terme d’un voyage de trois jours au cours duquel il a rencontré Netanyahu et d’autres hauts responsables israéliens.
Toute personne impliquée dans la reconstruction de Gaza aurait « un fusil sur la tempe » si le Hamas restait au pouvoir, a-t-il affirmé.
Un tel processus « se transformerait en un geyser de ressources pour le Hamas », a insisté Fetterman, qui leur permettrait de reconstruire leurs tunnels et de se procurer des armes.
« Il est important d’avoir cette conversation », a-t-il ajouté, « parce que prétendre que, oh, oui, cette reconstruction va se faire en douceur et que tout ce que nous avons à faire est de signer quelques chèques et que tout ira bien, c’est malhonnête ».
Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, il y a près de neuf mois, Fetterman est l’un des plus fervents défenseurs d’Israël au Capitole. Son bureau est tapissé de photos d’otages détenus par le Hamas et il porte des plaques militaires en signe de soutien à leur libération. Cette approche lui a valu des opposants à gauche et, contre toute attente, des amis à droite.
Le législateur s’est à plusieurs reprises opposé à des manifestants d’extrême gauche et anti-Israël.
Il a également désavoué son alma mater, l’université de Harvard, pour son traitement des étudiants juifs, en recevant un prix à la cérémonie de remise des diplômes de la Yeshiva University.
Bien qu’il reste un fervent partisan de Biden, qui est, selon lui, « un allié fort, solide et inconditionnel d’Israël », Fetterman a exprimé son désaccord avec la décision de la Maison Blanche de ne pas fournir certaines armes à Israël.
L’administration Biden a confirmé le mois dernier qu’elle avait retenu une importante cargaison de bombes de 900 kg et de 250 kg qu’elle craignait qu’Israël n’utilise lors d’une opération terrestre d’envergure à Rafah.
« J’ai été très clair sur le fait qu’on ne devrait poser aucune condition, et cela n’a pas changé », a-t-il souligné.
« Je n’étais pas favorable à la rétention de ces grosses bombes, parce que leurs ennemis se cachent dans des tunnels », a expliqué Fetterman, « et j’ai confiance dans le jugement d’Israël. Ils ne cherchent pas à maximiser le nombre de morts parmi les civils ».
Le Hamas, en revanche, cherche à faire tuer le plus grand nombre possible de Gazaouis, a-t-il affirmé : « Ils célèbrent la mort et la misère des Palestiniens parce qu’ils pensent que cela leur sert à diaboliser Israël. »
Dans des dizaines de messages envoyés sur plusieurs mois et obtenus par le Wall Street Journal, le chef du Hamas, Yahya Sinwar, a communiqué à ses acolytes du Hamas et aux parties médiatrices qu’il n’était pas intéressé par un cessez-le-feu avec Israël, car il estimait que l’augmentation du nombre de morts civils profiterait davantage au Hamas qu’une cessation des combats.
Lors de sa rencontre avec Netanyahu, Fetterman a indiqué que les deux hommes ont discuté du discours que le Premier ministre prononcera lors d’une session conjointe du Congrès le mois prochain.
Nombre de législateurs démocrates ont prévu de boycotter le discours.
« Je pense que le Premier ministre a droit à cette opportunité », a déclaré Fetterman, prédisant que certains démocrates se livreraient à des « démonstrations théâtrales » autour du discours, ce qui ne ferait qu’encourager le Hamas.
« Je ne vois pas pourquoi vous n’autoriseriez pas le dirigeant de notre allié à…. Nous venons de voter des milliards de dollars d’aide. Alors écoutons ce qu’il a à dire ».
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