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Les autorités veulent enrôler des vétérans ultra-orthodoxes dans la garde civile

Le programme vise à former d'anciens soldats haredi et à leur fournir du matériel pour les interventions d'urgence là où il y a peu de titulaires de permis de port d'armes

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Illustration : Des hommes juifs ultra-orthodoxes du quartier de Mea Shearim à Jérusalem marchent aux côtés d'un soldat israélien, le 6 juin 2008. (Crédit : Lara Savage/Flash 90)
Illustration : Des hommes juifs ultra-orthodoxes du quartier de Mea Shearim à Jérusalem marchent aux côtés d'un soldat israélien, le 6 juin 2008. (Crédit : Lara Savage/Flash 90)

Après une série d’attaques terroristes en Israël au début de l’année, dont plusieurs dans des villes ultra-orthodoxes, des responsables ont mis en place un programme de recrutement d’anciens soldats haredi dans la garde civile de la police.

Le projet, baptisé « Magen » (bouclier), a été lancé lundi à Jérusalem par l’association Netzah Yehuda, qui accompagne les soldats ultra-orthodoxes dans l’armée, ainsi que par la police israélienne, le ministère de la Sécurité intérieure et la municipalité de Jérusalem.

Selon l’association, l’objectif est de former des anciens combattants haredi pour qu’ils soient prêts à intervenir dans les villes et quartiers ultra-orthodoxes en cas d’attaque terroriste.

Fin mars, un terroriste palestinien a ouvert le feu dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak, tuant cinq personnes. Le terroriste a été abattu par des policiers appelés sur les lieux, plusieurs minutes après qu’il a commencé sa fusillade. La cinquième victime, l’agent de police Amir Khoury, un Arabe chrétien de la ville de Nof Hagalil, dans le nord du pays, a été tué au cours de la fusillade.

Début mai, deux terroristes palestiniens ont tué trois personnes à coups de hache et en ont grièvement blessé trois autres dans la ville ultra-orthodoxe d’Elad. Les deux hommes ont réussi à fuir les lieux et ont été rattrapés dans une zone forestière voisine après une chasse à l’homme de 60 heures.

« Dans les jours qui ont suivi les attaques terroristes dans les quartiers ultra-orthodoxes, j’ai soudainement pris conscience de la situation. Nous, en tant qu’organisme qui accompagne 16 000 anciens combattants ultra-orthodoxes, pouvons équiper les villes avec des centaines de volontaires qui peuvent être recrutés pour établir des pelotons de réservistes qui fourniront une solution pour les zones fortement ultra-orthodoxes, où il n’y a presque pas de titulaires de permis de port d’armes », a déclaré le major (de réserve) Yossi Levy, PDG de l’association Netzah Yehuda, lors du lancement.

Les forces de l’ordre israéliennes et le personnel d’urgence sur les lieux d’un attentat terroriste qui a coûté la vie à cinq personnes, le 29 mars 2022, à Bnei Brak. (Crédit : Jack Guez/AFP)

La population haredi d’Israël s’oppose massivement au service militaire obligatoire, qu’elle considère comme un moyen pour la société laïque d’attirer ses membres. Certains éléments extrêmes de la communauté haredi protestent même violemment contre la conscription militaire.

En conséquence, peu d’Israéliens ultra-orthodoxes portent des armes à feu.

Le mois dernier, Naftali Bennett, alors Premier ministre, et les autorités policières ont dévoilé une nouvelle unité de police de la garde nationale qui serait activée en cas d’urgence, citant les leçons tirées des troubles ethniques à l’intérieur d’Israël lors de la guerre contre Gaza l’année dernière.

Dans le cadre de ce plan, quelque 2 000 agents conserveraient leur équipement chez eux et seraient disposés à intervenir immédiatement, en plus des milliers de volontaires et d’agents supplémentaires prévus pour la garde civile et la force de réserve de la police existantes.

Un projet pilote préliminaire de Magen, des « unités communautaires de réserve » dans les quartiers haredi de Jérusalem, serait mis en place après que les anciens soldats auront été formés par la police et dotés d’équipements, a déclaré l’association.

Le maire de Jérusalem Moshe Lion prend la parole à Jérusalem lors du lancement de l’initiative ‘Magen’, le 12 juillet 2022. (Crédit : Association Netzah Yehuda)

Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, a salué ce plan, affirmant que sa « mise en œuvre contribuera à accroître la sécurité personnelle des habitants de la ville dans l’espace public ».

L’association Netzah Yehuda a déclaré qu’elle espérait que l’initiative inciterait d’autres municipalités haredi à se joindre à elle.

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