Amir Khoury, pleuré comme « héros d’Israël » lors de ses funérailles
Des milliers d'ultra-orthodoxes de Bnei Brak ont rendu hommage au policier arabe chrétien décédé en abattant un terroriste ; "Nous n'oublierons pas Amir"
La famille, les amis et de vastes foules de personnes qui n’avaient jamais rencontré l’officier de police Amir Khoury ont rendu un dernier hommage au « héros d’Israël » jeudi, le saluant pour s’être précipité sur les lieux de l’attaque terroriste meurtrière à Bnei Brak, mettant fin au massacre, tout en le payant de sa vie.
Des milliers de personnes ont assisté aux funérailles de Khoury, 32 ans, un Arabe chrétien originaire de Nof Hagalil, exprimant leur incrédulité suite à son décès.
« Ce n’est pas possible qu’il soit à l’intérieur. Ce n’est pas possible », a déclaré Shani Yashar, la fiancée de Khoury, en pleurant alors qu’elle aidait à porter le cercueil de Khoury aux côtés d’une garde d’honneur composée de policiers israéliens de son unité.
« L’amour de ma vie », a déclaré Yashar lors de l’éloge funèbre, dans le cimetière militaire de la ville. « Tu es un vrai héros. Tu es entré dans le feu sans un iota de peur… Tu es le seul à avoir eu ce courage… »
« Repose en paix, mon héros d’Israël. Héros de tout le peuple d’Israël », a-t-elle hurlé. « Tout Israël te rend grâce. Je ne veux pas qu’ils te remercient. Mais tu le mérites. »
« L’œil pleure, le cœur se serre et le cerveau ne peut pas croire que nous ne te reverrons jamais », a pleuré son père Jeries, lui-même ancien policier.
Après des prières d’ouverture lues par un prêtre grec orthodoxe, le cercueil de Khoury, drapé du drapeau d’Israël, a été enterré.
Beaucoup de ceux qui se sont rassemblés étaient des collègues de Khoury, mais on comptait également une forte présence de la communauté ultra-orthodoxe de Bnei Brak.
Des bus ont transporté les passagers de Bnei Brak à Nazareth. Sur l’un des bus de Bnei Brak était inscrit ce message : « Amir Khoury, héros d’Israël. »
Environ 200 habitants de Bnei Brak sont arrivés, de « l’ensemble du spectre Haredi », a déclaré Hanan Rubin, qui a aidé à organiser le convoi de bus.
« Il a donné sa vie pour les autres », a déclaré Yaakov, un habitant ultra-orthodoxe de Bnei Brak interviewé sur la Treizième chaîne en route vers les funérailles de Khoury. « Il est d’un autre peuple, mais nous sommes frères. Il s’est battu pour nous. Nous sommes obligés de venir [à ses funérailles]. Il n’y a pas d’autre choix possible. »
« Dans un petit pays comme le nôtre, la douleur individuelle devient rapidement partagée par beaucoup, par tous les citoyens d’Israël », a déclaré à la foule le ministre de la Sécurité publique, Omar Bar-Lev. « Nous n’oublierons pas Amir. Puisse sa mémoire être bénie. »
Avant que le cercueil de Khoury ne soit mis en terre, des amis, des membres de sa famille, des collègues officiers et des prêtres se sont réunis devant son cercueil à l’église de l’Annonciation à Nazareth. D’autres hauts responsables politiques, dont le ministre de la Justice Gideon Saar, ont également assisté à la cérémonie.
Le cercueil de Khoury a ensuite été transporté au cimetière militaire de sa ville natale. La ville paisible du nord de Hof Hagalil – la plus récente municipalité mixte arabo-juive d’Israël – compte une importante minorité arabe israélienne de la classe moyenne.
Rubin, un ancien membre du conseil municipal de Jérusalem, a déclaré que le fait d’amener des Israéliens ultra-orthodoxes à des funérailles chrétiennes entraînait un lot de complications. Certains étudiants et rabbins de yeshiva ont hésité devant les étalages proéminents de croix.
« Mais ils sont venus. Ils ont trouvé un moyen de faire partie de cet hommage », a déclaré Rubin.
La réponse a été extraordinaire. Tant de gens ont tendu la main et ont voulu venir et participer », a déclaré Rubin lors d’un appel téléphonique.
Ariel Elharrar, un Israélien ultra-orthodoxe qui a assisté aux funérailles, a estimé qu’environ 150 Israéliens ultra-orthodoxes étaient venus. La plupart d’entre eux n’ont jamais rencontré Khoury, mais ont ressenti le besoin de montrer leur respect pour le sacrifice qu’il a fait pour leur communauté.
« Ce n’était pas un groupe ou une yeshiva. 150 personnes se sont présentées parce qu’elles ressentaient le besoin de rendre hommage, conduisant souvent à trois ou quatre heures du centre d’Israël », a déclaré Elharrar, qui a aidé Rubin à organiser le convoi.
Coup de feu mortel
Khoury a fait partie de l’équipe d’intervenants à moto du poste de police de Bnei Brak. Né dans une famille de policiers – son père Jeries a servi pendant 32 ans dans la police – Khoury a rejoint la police à l’âge de 20 ans après avoir quitté l’école dentaire.
Mardi soir, Khoury a été tué par balle alors qu’il arrivait sur les lieux de l’attentat terroriste à Bnei Brak accompagné de son collègue. Dans la rue, ils ont retrouvé le terroriste Diaa Hamarsheh, 27 ans, et ont tenté de l’empêcher de continuer sa cavale sanglante et meurtrière dans cette banlieue de Tel Aviv. Mais Khoury a été mortellement blessé dans la fusillade.
Hamarsheh a tué quatre autres personnes avant d’être abattu par les deux policiers : deux Israéliens, Avishai Yehezkel, 29 ans, et Yaakov Shalom, 36 ans, et deux ressortissants ukrainiens qui étaient en Israël depuis des années, Victor Sorokopot, 32 ans et Dimitri Mitrik, 24 ans.
Khoury a été transporté d’urgence à l’hôpital Beilinson de Petah Tikva, avant de décéder des suites de ses blessures.
Jeries a déclaré qu’Amir avait prévu de rendre visite aux familles des deux agents de la police des frontières qui ont été tués lors de l’attaque terroriste de Hadera dimanche. Mais au lieu de cela, ce sont des collègues qui se sont rendus à son domicile à Nof Hagalil mardi soir. Parmi eux, Yashar, qui a rencontré Khoury il y a six ans dans la police, est venue informer sa famille qu’il avait été tué. Les deux jeunes policiers avaient prévu de se marier dans les prochains mois.
Son père Jeries se souvient avoir tenté d’entrer en contact avec son fils après avoir entendu la nouvelle de l’attaque, survenue peu avant 20 heures.
Il a dit avoir envoyé un message à son fils sur Whatsapp presque aussitôt que l’attaque à Bnei Brak a eu lieu : « Que se passe-t-il à Bnei Brak ? Dis moi que tout va bien pour toi. »
Les messages ont été reçus, mais il n’y a pas eu de réponse. Environ une heure et demie plus tard, Jeries a imploré son fils : « Amir, réponds-moi. »
« Je lui ai envoyé un message et il n’a pas répondu, » dit-il en pleurant. « La police est venue environ une heure et demie après. Et quand je les ai vus à la porte, j’ai tout de suite compris. »
« Tu as promis que rien ne se mettrait entre nous », a déclaré sa fiancée Yashar lors des funérailles. « Nous avons surmonté tous les obstacles. Mais cette fois, nous n’avons pas gagné. »
















