L’État fait appel de la condamnation de Moshe Ivgy pour agressions sexuelles
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L’État fait appel de la condamnation de Moshe Ivgy pour agressions sexuelles

La peine de 6 mois de travaux d'intérêt général est jugée insuffisante ; accusé de harcèlement et d'agression de plusieurs femmes, l'acteur fait aussi appel, se clamant innocent

L'acteur israélien Moshe Ivgy arrive au tribunal de Haïfa qui doit rendre son verdict, le 9 janvier 2020 (Flash90)
L'acteur israélien Moshe Ivgy arrive au tribunal de Haïfa qui doit rendre son verdict, le 9 janvier 2020 (Flash90)

Lundi, les procureurs de l’État ont fait appel du verdict et de la condamnation de l’acteur Moshe Ivgy, accusé d’avoir commis des actes indécents et d’avoir harcelé sexuellement trois femmes. Moshe Ivgy lui-même a fait appel dimanche du verdict et de la sentence.

Le comédien a été déclaré coupable par le tribunal de première instance de Haïfa en janvier d’un chef d’accusation d’attentat à la pudeur contre une femme et acquitté dans les deux autres affaires. En juillet, il a été condamné à six mois de travaux d’intérêt général et à verser 10 000 de shekels à sa victime.

Le juge Ziv Refaeli a déclaré au tribunal qu’il épargnait à Moshe Ivgy, 66 ans, une peine de prison en raison de son âge et de son casier judiciaire vierge.

En février 2016, six femmes l’ont accusé de harcèlement alors qu’elles travaillaient ensemble sur divers films, séries et pièces de théâtre. Les femmes ont raconté au site Walla news des répétitions privées au cours desquelles Moshe Ivgy s’imposait à elles, insistant souvent sur des répétitions inutiles de scènes intimes, et les embrassant contre leur gré.

Les procureurs ont porté plainte en 2018, affirmant avoir trouvé suffisamment de preuves que l’acteur avait exploité son statut pour commettre des actes indécents et harceler sexuellement quatre femmes en 2012 et 2013, dont certaines sur son lieu de travail. Il a été accusé de quatre actes indécents et de trois actes de harcèlement sexuel.

Réfutant tout acte répréhensible, Moshe Ivgy a annoncé qu’il faisait une pause dans ses activités pendant la durée de l’enquête.

Dans leur appel devant le tribunal de district de Haïfa lundi, les procureurs, qui avaient demandé une peine de 15 mois de prison, ont déclaré que les multiples plaintes séparées contre l’acteur montraient un modèle de comportement

Même s’il a condamné le comportement de l’acteur et son témoignage évasif dans les affaires où il a été disculpé, le tribunal a jugé qu’ils ne relevaient pas de crimes. Les procureurs ont fait valoir que le tribunal avait tort d’examiner chaque accusation séparément, affirmant que l’examen de l’ensemble des preuves contre Moshe Ivgy devait conduire à une approche beaucoup plus sévère.

« Les preuves révélées à la cour ont indiqué une approche cohérente et une attitude sexuelle humiliante et dégradante envers les femmes par Ivgy, à la fois en actes et en paroles », ont soutenu les procureurs.

Ils ont noté que la cour avait elle-même statué que « l’accusé a évité à maintes reprises une version claire [des événements]… le témoignage de l’accusé était évasif… et largement peu fiable ».

Lors de l’appel de Moshe Ivgy dimanche, son avocat a indiqué que de nouvelles preuves étaient apparues dans l’affaire et a fait valoir que de nouveaux témoignages de certains témoins pourraient être pertinents. Moshe Ivgy nie sa culpabilité depuis le début et a annoncé son intention de faire appel après l’annonce du verdict.

Le comédien a joué dans des dizaines de films, de pièces de théâtre et de séries télévisées, dont « Hunting Elephants » (2013) et « Munich » de Steven Spielberg, et a remporté un Ophir – le plus grand prix du cinéma israélien – pour son second rôle dans « Metallic Blues » en 2004, la même année où il a été nommé pour le prix du meilleur acteur pour son rôle dans le film primé « Campfire ».

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