L’ONU demande la libération de mineurs palestiniens détenus en Israël
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L’ONU demande la libération de mineurs palestiniens détenus en Israël

Des responsables ont fait part de leurs craintes concernant les mesures de distanciation et la difficulté psychologique engendrée par le manque de visites

La prison militaire d'Ofer dans la ville de Betunia, en Cisjordanie, le 1er mai 2015. (Crédit : Miriam Alster/ Flash90)
La prison militaire d'Ofer dans la ville de Betunia, en Cisjordanie, le 1er mai 2015. (Crédit : Miriam Alster/ Flash90)

Un groupe de responsables des Nations unies a appelé lundi à la libération des mineurs palestiniens incarcérés en Israël, dans le contexte de pandémie de Covid-19.

Selon l’organisation B’Tselem, qui cite les chiffres des services pénitentiaires israéliens du mois de mars, 194 mineurs palestiniens se trouvaient dans les prisons du pays, dans l’attente d’un procès pour la plupart d’entre eux. Deux d’entre eux se trouvent en détention administrative, et cinq sont incarcérés pour séjour illégal en Israël.

Aucun détail n’a été communiqué sur les crimes imputés à la plupart des mineurs.

Le communiqué de lundi était signé par Jamie McGoldrick, qui coordonne l’aide humanitaire de l’ONU apportée aux Palestiniens sur le terrain ; par Geneviève Boutin, représentante spéciale de l’UNICEF et par James Heenan, chef du bureau des Droits de l’Homme des nations unies en Cisjordanie.

Jamie McGoldrick, coordinateur spécial adjoint des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, à son bureau de Jérusalem, le 31 octobre 2018 (Crédit : Raphael Ahren / Times of Israel)

« Les droits des enfants à la protection, la sécurité et au bien-être doit être observé en tous temps. En temps normal, l’arrestation ou la détention d’un enfant doit venir en dernier recours, et pour une durée la plus courte possible », indique le communiqué. « Durant une pandémie, les États devraient être particulièrement attentifs aux besoins et aux droits des enfants, et l’intérêt des enfants doit entrer en première ligne dans toutes les mesures prises par les gouvernements. »

Les responsables ont également fait part de leurs craintes pour les mineurs incarcérés concernant les mesures de distanciation, la fermeture des tribunaux pour affaires non urgentes et la difficulté psychologique engendrée par le manque de visites.

« Depuis le début de la crise du Covid-19 en Israël, les procédures juridiques sont suspendues, la quasi-totalité des visites en prison sont annulées et les mineurs se voient refuser l’accès à leurs proches et à leurs avocats. Cela engendre des difficultés et des souffrances psychologiques supplémentaires et les empêche de recevoir les conseils juridiques auxquels ils ont droit. Pour les mineurs en attente d’un procès, ces pressions pourraient les conduire à s’incriminer, à plaider coupables pour être libérés plus rapidement », écrivent les responsables des Nations unies.

Des craintes concernant une épidémie de coronavirus dans les prisons planent depuis longtemps, et sont souvent citées pour justifier les informations concernant des progrès dans des négociations sur l’échange de prisonniers entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas.

En mars, le cabinet a approuvé une mesure prévoyant l’assignation à résidence de 500 détenus pendant un mois pour réduire le risque de propagation du virus.

La mesure s’applique uniquement aux résidents israéliens purgeant une peine pour des activités délictueuses, et non aux détenus emprisonnés pour crime sécuritaire, sexuel ou pour terrorisme.

Ils doivent avoir été condamnés à des peines de moins de quatre ans et avoir une libération prévue dans moins de 30 jours, a clairement établi l’administration.

Le 17 mars, les prisons de tout le pays ont été coupées du monde extérieur, les détenus se trouvant dorénavant privés de visites, de rencontres avec leurs avocats ou de permissions, selon le service pénitentiaire.

Plus de 5 000 Palestiniens sont actuellement détenus dans les geôles israéliennes. Le comité international de la Croix-Rouge a appelé à ce que les prisonniers de plus de 65 ans où présentant des problèmes de santé soient relâchés.

Les services pénitentiaires ont fait savoir le mois dernier qu’ils s’étaient « préparés pendant des mois à empêcher l’entrée et la propagation du coronavirus dans ses installations ».

Chaque prisonnier a reçu deux masques à usage multiple, et les nouveaux prisonniers sont isolés pendant 14 jours, ont-ils assuré, condamnant ce qu’ils ont qualifié de « fausses informations » dans les médias palestiniens et ailleurs.

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