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Pour Lapid, Netanyahu « affaibli » est manipulé par les extrémistes

Le Premier ministre sortant, qui estime que la future coalition sera « incapable de gouverner », s’est engagé à « ne pas abandonner » le combat

Le Premier ministre sortant Yair Lapid, au centre, s’adresse aux sympathisants de Yesh Atid réunis sur le pont du KKL à Tel Aviv, le 9 décembre 2022. (Crédit : Elad Gutman/Yesh Atid)
Le Premier ministre sortant Yair Lapid, au centre, s’adresse aux sympathisants de Yesh Atid réunis sur le pont du KKL à Tel Aviv, le 9 décembre 2022. (Crédit : Elad Gutman/Yesh Atid)

Le Premier ministre sortant Yair Lapid s’en est pris, vendredi, au futur gouvernement, qu’il a qualifié « d’insensé », et à son futur chef, le Premier ministre désigné Benjamin Netanyahu, qu’il estime « affaibli ».

Ces propos acerbes interviennent à un moment où les efforts de Netanyahu pour constituer son gouvernement semblent porter leurs fruits, sous le feu critique de ses rivaux qui l’estiment affaibli par son procès pour corruption et l’accusent de dépecer des ministères clés pour satisfaire ses alliés religieux de droite.

« Quel est le rôle du gouvernement ? » a demandé Lapid sur Facebook.

« Le gouvernement est un organe censé gérer nos vies, établir l’ordre, fixer des priorités. La réalité est par essence changeante, aussi le gouvernement doit-il incarner la stabilité, trouver l’équilibre entre les différentes forces – la santé et l’économie, la sécurité et la politique étrangère, le court terme et le long terme. »

« Ce sont des tâches complexes et éminemment importantes, et l’équilibre entre elles est crucial », a-t-il poursuivi.

« Ce savant équilibre système est naturellement sujet aux perturbations et il appartient au Premier ministre et à ses ministres de le stabiliser et de garantir qu’il fonctionne dans l’intérêt des citoyens. »

Le futur gouvernement de Netanyahu ne serait pas en mesure de remplir ces exigences, a estimé le Premier ministre sortant.

« Ce gouvernement marche déjà sur la tête », a-t-il écrit. « C’est difficile à dire, mais il n’y a pas d’autre manière de le décrire. Netanyahu, affaibli, se fait dicter sa conduite par des partenaires plus jeunes et plus déterminés. Ils mettent en place une structure ingérable, un gouvernement incapable de gouverner. »

Montage photo du chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, à droite, et du ministre des Affaires étrangères de l’époque Yair Lapid dirigeant la réunion de leur parti respectif, le Likud et Yesh Atid, à la Knesset, le 8 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Lapid faisait allusion aux accords de coalition au terme desquels, entre autres, le député extrémiste Itamar Ben Gvir sera nommé ministre de la Sécurité nationale avec compétence sur la police nationale et la police des frontières en Cisjordanie, le leader religieux d’extrême droite sioniste Bezalel Smotrich, ministre des Finances avec des pouvoirs étendus en matière de politique civile en Cisjordanie et Avi Maoz, du parti homophobe Noam, à la tête de nombreux programmes éducatifs.

Dans sa publication, Lapid a affirmé que ces nominations conduiraient à n’en pas douter au démantèlement des ministères de la Défense et de l’Éducation.

« Le Likud est devenu un élément mineur au sein de son propre gouvernement », a-t-il affirmé.

« Netanyahu n’a jamais été aussi faible et les extrémistes poussent leur avantage au mépris de toute raison. »

« Ils font tout le plus vite possible, faisant en sorte de normaliser cette folie, pour nous y habituer », a-t-il ajouté.

En conclusion de sa publication, Lapid s’est engagé à continuer le combat contre le futur gouvernement.

« Nous serons là, sur les ponts, aux carrefours et dans les rues. Nous défendrons les tribunaux, l’armée et les écoles. Nous nous battons pour notre pays : il est hors de question d’abandonner. »

Le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, à gauche, parlant avec le chef du parti HaTzionout HaDatit, le député Bezalel Smotrich, lors de la cérémonie de prestation de serment de la 25e Knesset à Jérusalem, le 15 novembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Militants et sympathisants de Yesh Atid, le parti dirigé par Lapid, s’étaient effectivement rassemblés vendredi sur les ponts et aux ronds-points, dans tout le pays, pour manifester contre le futur gouvernement.

Des dizaines de milliers de personnes auraient pris part à ces manifestations, selon le parti.

« Nous appelons tous les partis politiques et citoyens israéliens, y compris les sympathisants du Likud conscients de la duplicité de leur parti, prêt à porter atteinte aux intérêts de la population, à se joindre au combat qui commence aujourd’hui et se poursuivra demain dans tout le pays. Nous ne resterons pas les bras croisés et nous ne les laisserons pas mettre en danger l’avenir de notre pays et de nos enfants », peut-on lire dans le communiqué publié par Yesh Atid.

S’adressant aux manifestants depuis le pont du KKL à Tel Aviv, Lapid a affirmé que « le gouvernement en cours de constitution n’était ni un gouvernement du Likud, ni un gouvernement de droite, mais un gouvernement extrémiste, le plus insensé de toute notre histoire… Nous n’abandonnerons jamais, jamais. »

Le Premier ministre sortant Yair Lapid, au centre, s’adresse aux sympathisants de Yesh Atid au pont du KKL à Tel Aviv, le 9 décembre 2022. (Crédit : Elad Gutman/Yesh Atid)

Netanyahu a accusé Lapid de « répandre des mensonges » sur le compte du futur gouvernement.

Dans un message publié lundi sur Facebook, Netanyahu a affirmé que Lapid et le ministre sortant de la Défense, Benny Gantz, « refusaient les résultats de l’élection et répandaient de fausses rumeurs sur le gouvernement élu par la majorité de la population ».

Lapid, a-t-il poursuivi, « mène une campagne destinée à délégitimer le choix du peuple ».

Lapid a vivement répondu à Netanyahu, qui avait qualifié de séditieux ses propos sur la nouvelle coalition et ses membres d’extrême droite. Il a assuré que ce n’était que le début.

Le mandat de 28 jours de Netanyahu pour former un gouvernement expire dimanche soir à minuit. Jeudi, il a officiellement demandé au président Isaac Herzog une prorogation de deux semaines – la dernière possible – pour finaliser la constitution de son gouvernement, expliquant que la complexité de l’entreprise nécessitait davantage de temps.

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