Revers juridique pour le couple qui voulait faire un enfant avec le sperme de leur fils décédé
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Revers juridique pour le couple qui voulait faire un enfant avec le sperme de leur fils décédé

Irit et Asher Shahar jurent de continuer à se battre après l’appel remporté par l’Etat contre une précédente décision historique en leur faveur

Asher et Irit Shahar, avec leur fils Omri, avant la mort d'Omri en juin 2012. (Crédit : autorisation)
Asher et Irit Shahar, avec leur fils Omri, avant la mort d'Omri en juin 2012. (Crédit : autorisation)

Un couple israélien qui avait gagné en septembre le droit de faire et d’élever un enfant à partir du sperme prélevé après la mort de leur fils soldat a subi dimanche un revers juridique.

L’Etat a gagné son appel devant la cour du district de Lod d’un jugement du tribunal des affaires familiales de Petah Tikva qui permet à Irit et Asher Shahar d’utiliser le sperme de leur fils Omri pour fertiliser un ovule acheté et créer un embryon qui sera implanté dans une mère porteuse.

« Le tribunal nous a réellement rejetés. C’est très dur pour nous émotionnellement. Asher et moi n’avons pas quitté la maison ces deux derniers jours », a déclaré mardi Irit Shahar au Times of Israël.

Shahar a déclaré qu’elle et son mari avaient le sentiment que les trois juges de la cour n’ont pas tranché en leur faveur en raison des arguments de l’Etat, basés sur une récente décision de la Cour suprême dans une affaire similaire.

« Nous pouvons voir que les choses ne vont pas dans notre sens. Nous avons essayé d’expliquer que notre histoire n’était pas la même que celle de l’autre affaire », a déclaré Shahar.

La Cour suprême a tranché en décembre 2016 en faveur d’un appel contre une décision de la cour du district de Lod, qui estimait que les parents d’un homme décédé étaient propriétaire des 19 tubes de sperme congelé après sa mort et extrait à la demande de sa veuve.

Irit Shahar se recueille sur la tombe de son fils Omri, à Kfar Saba. (Crédit : autorisation)
Irit Shahar se recueille sur la tombe de son fils Omri, à Kfar Saba. (Crédit : autorisation)

Dans son appel du jugement de Lod, la veuve avait affirmé que, selon une directive de 2003 du procureur général sur l’extraction et l’utilisation de sperme post-mortem, les parents de son époux décédé n’avaient pas de droit sur le sperme. La juge de la Cour suprême Esther Hayut avait rejeté les revendications des parents sur le sperme, fondées sur leur droit de grands-parents, estimant que les droits des grands-parents portaient sur les petits-enfants nés, et pas ceux à naître.

La directive de 2003 autorise l’extraction post-mortem de sperme dans l’objectif d’une insémination ou d’une FIV de la partenaire féminine survivante. Cependant, dans la dernière décennie, il y a eu de nombreux cas de parents fournissant légalement le sperme de leur fils à des femmes célibataires souhaitant être enceintes. Dans ces cas, la femme était la mère biologique des enfants. Elle élevait l’enfant, et les parents du donneur de sperme décédé étaient ses grands-parents.

L’avocat des Shahar, Avidan Glowinsky, a déclaré au Times of Israël qu’il préparait à présent un appel à la Cour suprême pour ses clients.

irit et Asher Shahar, au milieu des souvenirs de leurs fils, à leur domicile de Kfar Saba. (Crédit : autorisation)
irit et Asher Shahar, au milieu des souvenirs de leurs fils, à leur domicile de Kfar Saba. (Crédit : autorisation)

« L’Etat n’a rien présenté d’autre dans son appel que le jugement de la Cour suprême dans lequel les juges ont décidé de ne pas donner le sperme aux parents en raison de l’objection de la veuve. Ce n’est pas pertinent dans notre affaire. Dans notre cas, il n’y a pas de veuve, et la jeune femme qui était la petite amie d’Omri au moment de sa mort soutient vraiment ce que ses parents essaient de faire », a déclaré Glowinsky.

« De plus, la décision de la Cour suprême est nouvelle. Elle est très récente. Comment peut-elle être utilisée comme précédent pour revenir sur une décision du tribunal des affaires familiales en faveur de mes clients, qui a été prise en septembre ? », a-t-il demandé.

La bataille juridique des Shahar a commencé peu après la mort d’Omri, capitaine de la Marine israélienne en service en juin 2012 à l’âge de 25 ans dans un accident de voiture. Le couple a également deux filles, Lotem, 16 ans, et Inbar, 26 ans, qui vient de se marier.

Certains ont remis en cause les motivations et l’entêtement des Shahar à faire venir au monde un enfant biologique d’Omri et à l’élever comme le leur, mais le couple est déterminé à s’accrocher.

« A ce point, cela devient très, très difficile. D’une part, il est difficile de continuer à croire au système judiciaire. Mais d’autre part, nous avons décidé que nous allions continuer notre combat pour Omri », a déclaré Irit.

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