Serge Klarsfeld se confie sur le confinement et la pandémie
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Serge Klarsfeld se confie sur le confinement et la pandémie

L’avocat et historien français espère que la pandémie apportera "un espoir pour l’amélioration de la condition humaine"

Beate et Serge Klarsfeld posent avant de recevoir un prix du US Holocaust Memorial Museum à Washington D.C., le 29 avril 2019. (Ron Kampeas/JTA)
Beate et Serge Klarsfeld posent avant de recevoir un prix du US Holocaust Memorial Museum à Washington D.C., le 29 avril 2019. (Ron Kampeas/JTA)

Serge Klarsfeld, historien, avocat et « chasseur de nazis » français, s’est confié par téléphone au micro de la radio France Info sur le confinement et la pandémie de coronavirus. L’interview a été diffusée vendredi, jour de commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

Serge Klarsfeld et sa femme Beate ont passé le confinement chez leur fils, Arno, dans le VIIIe arrondissement parisien, que l’avocat de 84 ans décrit comme « désert ». « Hier en promenant nos chiens, nous avons rencontré deux personnes : le ministre de l’Intérieur et son garde du corps et puis un lapin à côté des jardins des Champs-Élysées, voilà ! », dit-il.

Il a expliqué être resté très actif, travaillant sur plusieurs ouvrages, et avoir continué à garder le contact avec les survivants de la Shoah les plus vulnérables. « Mais nous [les organisations juives] avons eu, malheureusement, un certain nombre de morts dans les EHPAD, comme dans celui de la fondation Rothschild où se trouvent des survivants de la Shoah », regrette-t-il.

L’homme explique que son passé et celui des survivants de la Shoah leur ont permis de beaucoup mieux appréhender la pandémie.

A LIRE : Le coronavirus et le fléau de la solitude pour les survivants de la Shoah

« Les survivants de la Shoah sont quand même armés : ils ont connu ses épreuves quand ils étaient enfants », explique-t-il. « On a été traqués pendant la guerre, on a été confinés pendant la guerre, donc on a cette structure mentale qui nous permet de ne pas souffrir [du confinement]. »

« Mais on sait que c’est comme avec la Gestapo : si on attrape le virus, étant donné notre âge, étant donné les maladies qui accompagnent ce grand âge, le risque est beaucoup plus élevé. Mais on essaie d’être prudent », a-t-il ajouté.

Face à la crise et interrogé sur le risque d’une montée des extrémismes, Serge Klarsfeld répond que deux options peuvent apparaître. « Nous sommes devant une telle situation internationale que, ou bien c’est le nationalisme chauvin qui va reprendre beaucoup de force. Ou bien, c’est l’idée européenne, mais je suis confiant toujours dans l’idée européenne, parce qu’il n’y a que cela pour nous sauver, pour sauver les valeurs auquel on tient », dit-il.

L’avocat conclut en espérant que la pandémie apportera « un espoir pour l’amélioration de la condition humaine ».

Une BD sur son histoire et celle de sa femme doit sortir à la rentrée prochaine aux éditions La Boîte à Bulles.

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