Un candidat au Sénat US anti-Israël, au tatouage nazi dissimulé, divise le sommet des démocrates juifs
Le soutien à apporter à Graham Platner, susceptible de permettre au parti de regagner le Sénat mais qui prône la fin de l'aide militaire US à Israël, fracture les démocrates juifs
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WASHINGTON (JTA) — Simon Rosenberg était sur le point de terminer son exposé sur les prochaines élections sénatoriales lorsqu’il a lâché une bombe rhétorique au milieu de l’assemblée de démocrates juifs.
« Et puis il y a le Maine », a déclaré ce stratège politique, provoquant des rires, parfois gênés. Les élections et le probable candidat démocrate, Graham Platner, étaient dans tous les esprits mercredi, lors du sommet national du Jewish Democratic Council of America (JDCA) – même si personne ne l’avait encore mentionné depuis la tribune.
Un silence d’autant plus significatif que Platner est considéré comme une étoile montante du Parti démocrate. D’abord en lice lors des primaires face à la gouverneure du Maine, Janet Mills, que le JDCA avait soutenue, il s’est assuré de fait l’investiture lorsque Mills s’est retirée de la course, il y a deux semaines. Platner devrait désormais affronter la sénatrice républicaine Susan Collins en novembre.
Parmi les démocrates juifs, le débat fait rage quant à la question de savoir s’il faut soutenir Platner, dont le tatouage nazi et les critiques virulentes à l’égard d’Israël ont suscité des inquiétudes, mais dont la candidature pourrait toutefois permettre de faire perdre son siège à un Républicain sortant, et de contribuer ainsi à la prise de contrôle du Sénat par le parti.
Rosenberg a révélé lors du sommet quelle était sa position dans ce débat. Une position que la direction de la JDCA n’a pas souhaité adopter.
« Dans le Maine, le parti se mobilise et est prêt à passer à l’action. Nous allons tous nous rallier à Platner dans quelques semaines », a-t-il assuré.
Les rires ont alors laissé place aux murmures et aux grincements de dents. Certains participants ont échangé des regards désapprobateurs. Une femme a chuchoté quelque chose à son voisin, faisant « non » de la main.
« C’est lui qui sera le candidat. Espérons qu’il donnera le meilleur de lui-même dans les cinq ou six prochaines semaines », a ajouté Rosenberg, qui anime également le podcast « Hopium ». « Mais la campagne s’annonce passionnante. »
La modératrice Jill Goldenberg est alors intervenue, dans une tentative d’apaiser la tension. « Nous n’allons pas en rester là ! », a-t-elle déclaré, avant de poser une dernière question à Rosenberg sur ce qui motivait ses espoirs.
Platner, ancien ostréiculteur et candidat de gauche, a éveillé les inquiétudes de certains groupes juifs – dont le JDCA – en raison du tatouage nazi qu’il arborait (et qu’il a récemment décidé de recouvrir), ainsi que de ses propos anti-israéliens et de ses appels à mettre fin à l’aide militaire américaine à l’État juif.
« De mon point de vue, on peut regretter d’avoir un tatouage nazi, on peut essayer de le recouvrir, mais il est toujours là », a indiqué mercredi Halie Soifer, directrice générale du groupe, aux journalistes. « À mes yeux, cela justifie une profonde inquiétude quant aux opinions et aux valeurs de cet homme. »
Le JDCA n’a pas officiellement pris position sur ces élections depuis le retrait de Mills. Soifer, sans exclure totalement la possibilité de soutenir Platner, a précisé que celui-ci « devrait donner des garanties solides sur certains sujets qui tiennent à cœur à notre organisation s’il veut obtenir notre soutien ».
« Il se peut également que nous ne nous impliquions tout simplement pas dans cette élection », a-t-elle ajouté.
Chuck Schumer, figure de proue des démocrates juifs et chef de la minorité au Sénat, a annoncé après le retrait de Mills qu’il soutiendrait la candidature de Platner, afin de faire perdre son siège à Collins. Schumer, à l’origine du recrutement de Mills, a également pris la parole lors du sommet du JDCA. Lors de son intervention, il n’a fait aucune mention de la course électorale dans le Maine, et a refusé de s’adresser à la presse après son discours.
« Nous ne sommes pas d’accord. Nous pouvons potentiellement être en désaccord avec eux ! », a répondu Soifer, interrogée sur le soutien apporté par la direction du parti à Platner. Elle a ajouté que le JDCA appuyait plusieurs autres candidats, dans l’espoir de reprendre le contrôle du Sénat.
« Nous pourrions bien, simplement, ne pas intervenir dans le Maine, ne pas nous impliquer, même si le parti a décidé de soutenir pleinement Platner », a-t-elle précisé.
Ami Fields-Meyer, ancien conseiller de Joe Biden à la Maison Blanche, qui s’est montré plus critique envers Israël que la plupart des intervenants présents au sommet, ne s’est quant à lui pas exprimé au sujet de Platner. Il a néanmoins fait écho à l’appel de Rosenberg en faveur de la formation de coalitions intégrant « des personnes avec lesquelles nous sommes en désaccord ». Il a également appelé le Parti démocrate et la communauté juive à s’ouvrir à un éventail plus large d’opinions sur Israël.
« Nous adorons parler d’une vaste coalition. C’est notre sujet de conversation préféré », a affirmé Fields-Meyer. « Le moment est venu. Le moment est venu d’ouvrir le parti et d’ouvrir notre communauté juive aux discussions les plus difficiles qui soient sur l’avenir d’Israël et de la communauté juive. »
Ces propos de Fields-Meyer ont été accueillis par de vifs applaudissements.
la Communauté du Times of Israël !







