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Un grand rabbin ukrainien nie les accusations de comportement sexuel répréhensible

L'organisation représentant les Juifs britanniques suspend ses liens avec le Congrès juif européen suite aux allégations de ‘méconduite’ non spécifiées contre Yaakov Dov Bleich

Yaakov Dov Bleich portant des rouleaux de la Torah dans la synagogue Drohobycz en Ukraine, le 3 juillet 2019. (Credit : Rephael Isaak Vilenskiy/JTA)
Yaakov Dov Bleich portant des rouleaux de la Torah dans la synagogue Drohobycz en Ukraine, le 3 juillet 2019. (Credit : Rephael Isaak Vilenskiy/JTA)

JTA – La principale organisation représentant les Juifs britanniques a coupé ses liens avec le Congrès juif européen (CJE) en raison d’allégations non spécifiées de « comportement répréhensible  » à l’encontre du trésorier du Congrès, Yaakov Dov Bleich, un grand rabbin d’Ukraine.

Le Board of Deputies of British Jews  a annoncé cette décision sur Twitter le 31 mai, sans nommer Bleich. Dans le tweet, le groupe a déclaré que le CJE n’avait pas réagi de manière satisfaisante aux « allégations de mauvaise conduite », dont la nature exacte n’a pas été rapportée dans les médias ou précisée par le Conseil.

M. Bleich, qui est apparu dans des reportages sur la guerre en Ukraine, a nié toutes les accusations portées contre lui, selon un article publié mardi dans Haaretz.

« Toute personne engagée dans la vie publique, sur cinq à six ans, vous allez faire des changements, surtout à mon âge, où je suis moins actif », a déclaré Bleich à Haaretz. « Si vous venez avec quelque chose de concret, OK, mais tous ceux qui ont enquêté ont dit qu’il n’y a rien de concret derrière ces allégations. »

L’article paru dans Haaretz est basé sur la correspondance entre le président intérimaire du CJE, Ariel Muzicant, et Marie van der Zyl, la présidente du conseil d’administration. Ces courriels, obtenus par la Jewish Telegraphic Agency, n’accusent pas nommément Bleich et ne précisent pas la nature des accusations.

La présidente du British Board of Deputies, Marie van der Zyl, au centre avec une pancarte, se joint aux manifestants lors d’une manifestation contre l’antisémitisme dans la politique britannique au Parlement britannique, en mars 2018. Illustration (Crédit : Autorisation)

Le Jerusalem Post a rapporté le 2 juin que le British Board of Deputies avait agi suite à des accusations d’abus sexuels, aussi sans nommer Bleich. Sur les réseaux sociaux, des rumeurs ont déferlé avant et après l’annonce du conseil, alléguant un comportement sexuel répréhensible de la part de Bleich, un citoyen américain qui vit principalement à Monsey, dans l’État de New York.

Bleich a déclaré à Haaretz que les allégations de comportement répréhensible font partie d’une campagne de diffamation menée contre lui par des membres de la dynastie hassidique Karlin-Stolin, à laquelle Bleich était affilié. Il s’est brouillé avec ce mouvement et est en plein litige immobilier avec lui, a-t-il déclaré au journal israélien.

Un autre courriel obtenu par le JTA, rédigé par Jonathan Arkush, un ancien président du Board of Deputies, cite bien Bleich comme raison de la suspension des liens du Conseil avec le CJE.

« La réponse la plus adéquate aurait été de suspendre [sic] R Bleich immédiatement s’il n’acceptait pas de se retirer et de ne considérer par la suite toute demande de représentation de sa part que contre des preuves », a écrit Arkush au président du CJE Muzicant le 1er juin. Dans ce courriel, M. Arkush a déclaré qu’il soutenait la suspension des liens entre le conseil d’administration et le CJE, invoquant la façon dont les « questions troublantes qui circulent publiquement » donnent l’impression que le CJE ignore le problème.

Le courriel d’Arkush était en réponse à un courriel antérieur envoyé par Muzicant à van der Zyl, qui avait demandé à Muzicant de « mener une enquête interne sur ces graves allégations contre un titulaire de fonction » au CJE. Van der Zyl a menacé de rendre l’affaire publique.

Muzicant a répondu que son groupe avait examiné les allégations et avait déclaré que « les rendre publiques est irresponsable. » (Muzicant a été nommé président intérimaire du CJE début mai après la démission de son prédécesseur, Moshe Kantor, qui a été sanctionné au Royaume-Uni pour ses liens avec la Russie).

« L’enquête que nous avons pu mener jusqu’à présent montre qu’il n’y a pas de victimes ou de témoins directs qui se sont rendus à la police ou au tribunal », a-t-il écrit. « Les allégations sont dramatiques mais sont le fait de secondes et de tierces parties (ouï-dire !) et elles datent d’il y a trois ans. »

Les tentatives faites par le JTA ces dernières semaines pour contacter les plaignants n’ont pas abouti.

Contacté par le JTA, Bleich a refusé de commenter le différend. Le British Board of Deputies a lui aussi refusé de faire des commentaires.

Ce scandale n’est pas le seul à se développer en Europe en ce moment concernant la manières dont sont traitées les accusations contre les responsables juifs. Le judaïsme libéral, ou réformé, en Allemagne est aussi secoué par des allégations contre le rabbin Walter Homolka, le fondateur et recteur du Abraham Geiger College, une école rabbinique de 23 ans, et contre le collège pour la gestion de ces accusations.

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