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Le chef du Congrès juif européen démissionne suite aux sanctions britanniques

La démission intervient après l'inscription de Moshe Kantor sur la liste de 8 "oligarques" sanctionnés pour leurs liens avec Poutine

Moshe Kantor, président du Congrès juif européen, s'exprime lors du 5e Forum mondial sur la Shoah à Yad Vashem à Jerusalem, le 23 janvier 2020. (Crédit : Ronen Zvulun/Pool/AFP)
Moshe Kantor, président du Congrès juif européen, s'exprime lors du 5e Forum mondial sur la Shoah à Yad Vashem à Jerusalem, le 23 janvier 2020. (Crédit : Ronen Zvulun/Pool/AFP)

Moshe Kantor, président du Congrès juif européen et originaire de Russie, a démissionné après que le Royaume-Uni lui a imposé des sanctions en raison de son implication présumée avec le régime du président russe, Vladimir Poutine.

Kantor, citoyen binational russe et britannique établi à Londres depuis plus de dix ans, a démissionné vendredi après qu’il a été inscrit, plus tôt dans la semaine, sur la liste de huit personnes que le gouvernement britannique avait décidé de punir en lien avec la guerre de la Russie contre l’Ukraine.

Il fait partie des huit « oligarques » actifs dans les industries « que Poutine utilise pour soutenir son économie de guerre », a annoncé le gouvernement britannique. Les sanctions à l’encontre de ces personnes comprennent le gel de leurs avoirs au Royaume-Uni.

Kantor est un actionnaire important de la société cotée en bourse Acron, l’un des plus grands producteurs d’engrais de Russie.

Le bureau de Kantor a indiqué que sa démission de la présidence, qu’il occupait depuis 2007 à la faveur de trois élections par les membres du groupe, « prenait effet immédiatement ».

Le Congrès juif européen coordonne de nombreuses organisations communautaires juives de tout premier plan sur l’ensemble du continent.

Sous Kantor, le Congrès juif européen aura, entre autres projets, fait pression pour l’adoption d’une loi contre les crimes de haine antisémites et mené des actions de préparation aux crises en faveur des communautés juives d’Europe occidentale.

Le président israélien Reuven Rivlin escorte son homologue russe Vladimir Poutine à son siège lors du cinquième Forum mondial sur la Shoah au musée mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, le 23 janvier 2020. Derrière eux se trouve Moshe Kantor du Forum. (Abir Sultan/POOL/AFP)

Le Congrès juif mondial, dont le président Ronald Lauder a toujours entretenu une relation difficile avec Kantor, a publié vendredi une déclaration prenant note de la démission de Kantor et expliquant sa vision des choses.

« Aucune personne figurant sur une liste d’individus sanctionnés par l’Union européenne, le Royaume-Uni ou les États-Unis en relation avec le conflit en Ukraine ne peut occuper un poste ou jouer un rôle quelconque au sein du Congrès juif mondial », peut-on lire dans le communiqué du Congrès juif mondial (CJM).

Le Congrès juif européen est la branche européenne du CJM.

Dans son communiqué, le Congrès juif européen s’est dit « choqué par la décision du gouvernement britannique » de sanctionner Kantor.

« C’est un dirigeant juif respecté, et de longue date, qui a consacré sa vie à la sécurité et au bien-être des communautés juives d’Europe et à la lutte contre l’antisémitisme, le racisme et la xénophobie », peut-on lire dans le communiqué.

« Nous espérons que cette décision sera rapidement levée. »

Le conseil d’administration du Congrès juif européen se réunira dans les prochains jours pour évoquer l’avenir du groupe.

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