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Xavier Bertrand s’inquiète de la difficulté des professeurs à enseigner la Shoah

Le candidat pour la primaire LR et président de la Région Hauts-de-France appelle à enquêter sur la famille des élèves qui refusent d’étudier la Shoah

Xavier Bertrand. (Crédit : CC BY-SA 2.0)
Xavier Bertrand. (Crédit : CC BY-SA 2.0)

Dimanche, lors du second « débat de la droite » organisé sur BFMTV dans le cadre de la campagne électorale pour les prochaines élections présidentielles, le candidat de la primaire Les Républicains Xavier Bertrand a évoqué le sujet de l’enseignement de la Shoah et appelé à prendre des mesures face aux élèves qui refuseraient d’étudier le sujet.

« Est-ce normal que dans certaines classes, on ne peut pas enseigner l’histoire de la Shoah ? », a-t-il déclaré. « Quand un enfant refuse d’étudier cette histoire, l’aide sociale à l’enfance doit enquêter sur la famille. La lutte contre l’antisémitisme doit rester une priorité. »

Le président de la Région Hauts-de-France faisait là référence aux difficultés que peuvent avoir les professeurs à enseigner le sujet de la Shoah à leurs élèves, pour certains d’entre eux influencés par des théories défendues notamment par le polémiste antisémite Dieudonné.

Le Figaro alertait sur le phénomène en 2014, rapportant les propos d’un élève à un professeur d’histoire parisien lors d’un cours consacré à la Seconde Guerre mondiale : « La Shoah, j’en suis gavé depuis la classe de troisième. Entre les émissions de télé, les séries, l’école, on ne parle que de ça. Moi, ça me fait du bien d’en rire avec Dieudonné. »

En 2018, une professeure expliquait à France Inter qu’enseigner la Shoah restait un « point délicat du programme ».

« Il y a une espèce de crispation vis-à-vis du sujet », expliquait-elle. « Un blocage de plus en plus présent chez les élèves, en particulier depuis les attentats », détaillait la radio publique.

Iannis Roder, responsable des formations au Mémorial de la Shoah, et professeur d’histoire-géographie (Crédit: capture d’écran Youtube/Europe 1)

Ces réticences avaient aussi été évoquées en 2017 par Iannis Roder, responsable des formations au Mémorial de la Shoah de Paris. Il parlait néanmoins d’une « baisse des difficultés à enseigner la Shoah » malgré une persistance des clichés antisémites.

« La prise de conscience a été un peu longue, parce que retardée par une volonté de ne pas regarder les choses en face », expliquait-il. « Les tenants de ces propos antisémites étant eux-mêmes perçus comme des victimes sociales – à tort ou à raison -, il était très compliqué pour certains d’accepter cette réalité. »

« Pour prendre conscience de la profondeur de l’antisémitisme dans certaines parties de la population française, il a fallu Charlie en janvier 2015 – je ne dis même pas l’Hyper Cacher. »

Il estimait néanmoins que « sur l’enseignement de la Shoah, les choses ont changé parce que les gens n’ont pas eu le choix. Ils ont reconnu que ça pouvait être compliqué. Personnellement je dis que j’ai toujours pu tout enseigner : tout se joue d’abord dans la relation de l’enseignant aux élèves. Cela fait vingt ans que je suis professeur à Saint-Denis, vingt ans que j’enseigne l’histoire de la Shoah. Si j’ai entendu des remarques antisémites il y a quinze ans, je n’en ai plus du tout. Non pas que l’antisémitisme a disparu – je crois qu’il est relativement répandu –, c’est simplement la manière d’enseigner qui a changé. »

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