Le commandant en chef de l’armée israélienne, mercredi, s’en est pris à la publication d’enregistrements audio autour de l’affrontement militaire meurtrier de cet été dans la bande de Gaza et aurait ordonné à la police militaire d’enquêter sur la façon dont les fuites ont eu lieu jusqu’au site Ynet.

« A mes yeux, il est inacceptable que des enregistrements opérationnels soient publiés », a déclaré le lieutenant général Benny Gantz, mentionnant des transmissions radio sur des combats qui se sont déroulés après le 1er août et la capture et le meurtre du soldat Hadar Goldin à Rafah.

« Et ce n’est pas que je cache quelque chose ; il y a tout d’abord la sensibilité humaine des familles de ceux qui sont tombés au combat, certains corps n’ont pas encore été récupérés, et en plus il y a un comportement, ici, que je n’estime pas bon. »

Gantz, qui s’exprimait depuis le centre de recrutement de l’armée, a déclaré que « l’armée n’est pas dans une émission de télé réalité ; nous étudions, en faisant vérifier par des professionnels ; nous avons étudié et nous allons continuer à enquêter ».

Les enregistrements partiellement censurés, publiés d’abord par Yoav Zeitoun de Ynet, sortent alors que l’avocat général militaire de Tsahal, Dan Efroni, est en train de déterminer si l’armée israélienne a violé les règles internationales du droit dans sa réponse à l’enlèvement et, si celle-ci devrait modifier sa façon de réagir à l’enlèvement d’un soldat – le Protocole Hannibal – ; surtout lorsque l’enlèvement est effectué dans un environnement urbain dense.

Hadar Goldin et deux autres soldats, Benaya Sarel et Liel Gidoni, ont été tués au cours de l’embuscade dont il est question.

Les autorités palestiniennes ont affirmé que la contre-attaque israélienne à Rafah, destinée à couper toutes les voies d’évacuation et à déjouer les tentatives d’enlèvement, a entraîné la mort de nombreux civils innocents.

Les enregistrements rappellent, de manière fragmentée, l’intensité de la contre-attaque israélienne. « Je le répète : cessez les tirs ! », a crié à ses troupes le lieutenant-colonel Eli Gino, sa voix devenant colérique. « Arrêtez le feu ! Vous tirez comme des abrutis. Vous allez vous tuer les uns les autres. Assez ! J’ai déjà des morts. Une seconde, ne quittez   pas ! »

Gantz, qui doit terminer son mandat à la mi-février, a reconnu que la presse a un rôle très important dans les affaires publiques, « mais nous avons besoin de ne pas tout rendre public ».

Il a appelé à une « exploration déterminée » de ces faits et s’est engagé à enquêter quand cela s’avère nécessaire.

En outre, il a noté que s’il y a eu des centaines de pétitions pour enquêtes criminelles à la suite de la guerre de Gaza, seules huit d’entre elles, à ce jour, ont été ouvertes.

Il a exprimé sa pleine confiance dans les commandants de la Brigade Givati « qui a combattu courageusement et résolument et a su aborder les dangers ; elle attend de nous que nous puissions mener l’enquête de la meilleure façon. »

Les erreurs seront gérées, a-t-il expliqué, selon NRG, et « si quelqu’un s’égare à commettre des actes graves et abusifs, nous saurons aussi y faire face ».